Xavier Azalbert, France-Soir
A-t-on encore le droit de critiquer l'école ?
Edito résuméCela signifie pouvoir le faire publiquement sans craindre une forte réaction médiatique, et se demander si cela est utile. L'école de la République traverse une crise évidente : budgets stables (57 milliards d'euros en 2023 selon la Cour des comptes), 1 200 classes fermées en 2022, enseignants peu rémunérés (1 800 € net par mois contre 2 300 € en moyenne OCDE). Ces difficultés affectent toute la société française, rendant leur analyse pertinente. Mais dans la France actuelle, signaler ces problèmes peut entraîner des accusations exagérées – « extrémiste », « intolérant » – relayées par une communication officielle omniprésente.
Cette institution n'appartient pas pleinement à la France, mais à la République, qui prend en charge les enfants dès leur inscription à l'état civil. Refuser ce système ? Les services sociaux interviennent rapidement : 2 700 signalements pour absentéisme scolaire en 2022 (Ministère de la Justice). Elle cherche à former des citoyens conformes, dès 3 ans à la crèche, puis dans des établissements très sécurisés : portails, contrôles, programmes axés sur le vivre-ensemble et l'éducation à l'égalité, parfois accompagnés de sensibilisations précoces sous couvert de « prévention ». En Finlande, avec 20 élèves par classe et des enseignants à 3 500 €, l'éducation privilégie la liberté plutôt que la standardisation.
Son but semble être de soutenir une minorité influente (1 %) qui concentre pouvoir et ressources, aidée par des figures promues – Benalla, Dati, Bardella – pour donner l'illusion d'une mobilité sociale. L'école décline intentionnellement : moins de ressources, plus de contraintes. Loin de l'ancienne instruction publique qui visait le développement personnel, elle forme des individus adaptés à la consommation, tandis que des options comme l'enseignement à domicile, autorisé aux Pays-Bas (15 000 élèves en 2023), restent limitées. Loin d'émanciper, elle asservit, écrasant toute alternative sous 236 ans de coercition républicaine.
Version augmentée de l'édito
Le droit à la fois au sens de pouvoir le faire publiquement sans être la cible d'une fatwa médiatique, et au sens de l'utilité ou non de le faire. Car s'il n'est pas utile de le faire, ça ne sert à rien de le faire.
Un peu, oui, comme le droit de propriété. Ce n'est pas parce qu'on peut légalement de disposer d'un bien dont on est propriétaire, qu'il est forcément utile de réfléchir à effectuer des travaux dessus ou à le vendre. Parfois ça l'est, parfois ça ne l'est pas. Encore faut-il pour cela, respectivement, avoir les fonds nécessaires à effectuer ces travaux, ou qu'un acheteur existe. Un acheteur sérieux.
L'école souffrant actuellement à l'évidence de beaucoup de problèmes, tous plus ou moins graves, voire très graves, et qui tous affectent de fait l'entièreté de la société française, nul ne peut contester valablement l'utilité de critiquer l'école, au sens de trouver une solution à ces problèmes. Selon le rapport 2023 de la Cour des comptes, le budget de l'Éducation nationale stagne à environ 57 milliards d'euros pour le primaire et le secondaire, tandis que 1 200 classes ont fermé à la rentrée 2022 malgré une hausse démographique dans certaines régions. Résultat : des effectifs par classe qui explosent, jusqu'à 30 élèves en moyenne dans le secondaire (Insee, 2023). Pendant ce temps, le salaire des enseignants reste peu attractif : un professeur débutant gagne 1 800 € net par mois, bien en deçà de la moyenne OCDE (2 300 €).
Reste à savoir si on peut encore le faire dans la France de Macron, sans être taxé des vocables habituels du dénigrement public : « complotiste », « antisémite », « raciste », « homophobe » et Cie. Le contre-feu puissance 10 que la propagande étatique allume systématiquement, tous moyens confondus (médias traditionnels et internet), lorsque quelqu'un met à l'index un problème majeur. Certains diront : « L'école reste un pilier d'égalité des chances ! » Faux. Le rapport Pisa 2022 classe la France parmi les pays où l'origine sociale pèse le plus sur la réussite scolaire, avec un écart de 107 points entre élèves favorisés et défavorisés – pire qu'en Allemagne (90 points).
Voyons ce qu'il en est objectivement. Sans tabou ni langue de bois. Plus que jamais attaché au premier des dix devoirs du journaliste posés par la Charte de Munich, article 1 (« Respecter la vérité, quelles qu'en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité »), qu'importent les risques médiatiques évoqués plus haut et le reste, je commence par un constat. L'état des lieux qu'il importe de faire, pour dûment déterminer si oui ou non il existe une cause commune à tous les problèmes dont l'école souffre actuellement.
J'irai droit au but. La réponse à cette question est oui. Les problèmes dont l'école souffre actuellement ont tous la même cause. Absolument tous. Et l'identification de cette cause figure expressément dans la dénomination complète qui est donnée à l'école, en France, par les tenanciers du pouvoir : « l'école de la République. » Désolé. Le système étatique soi-disant de transmission du savoir, ce n'est pas l'école de la France, c'est l'école de la République. Et d'ailleurs, dès lors que, volontairement ou contraints et forcés, nous acceptons que nos enfants soient confiés à cette institution, ce ne sont plus nos enfants. Non. Ce sont les enfants de la République. Et à l'école de la République, la République s'occupe de faire de nos enfants des citoyens façonnés de telle sorte qu'ils correspondent davantage au citoyen « de base » qui sied à ceux qui nous dirigent. Notez en sus, à cet égard, qu'en réalité, ce n'est pas lorsqu'ils entrent à l'école que la République s'approprie nos enfants : c'est dès leur naissance.
Ah si ! Dès son acte de naissance enregistré sur les registres de l'état civil, tout enfant né en France ou né à l'étranger de parents français devient un enfant de la République. Ceci tant juridiquement que dans les faits. Essayez de soustraire votre enfant à l'école de la République, et vous allez voir : immédiatement votre enfant vous sera retiré par les services sociaux, manu militari (des policiers lourdement armés et en nombre), et placé à la DASS ou dans une famille d'accueil. En 2022, selon le ministère de la Justice, 2 700 signalements pour « déscolarisation volontaire » ont été enregistrés, souvent suivis de placements. Et, à l'inverse, bonjour le parcours du combattant pour espérer pouvoir le récupérer. Au mieux ce sera au bout d'années de procédure. Et encore ! À condition d'avoir les moyens de s'attacher les services d'un avocat qui ne marche pas dans la combine. Car disons les choses telles qu'elles sont : les retraits de garde d'enfants tournent à plein régime sous l'ère Macron. Tous les prétextes sont « bons ». Une simple gifle suffit. Fût-elle donnée pourtant, on ne peut pas davantage à juste titre. Par exemple, puisqu'on parle de l'école, en due réprimande d'un manque de respect par l'enfant envers un professeur. Une gifle donnée à l'enfant par celui qui, comme parent de l'enfant, est détenteur, le concernant, de ce que ceux qui exercent la coercition étatique appellent « la violence légitime ». Celle-là même précisément dont se réclame « la République » à l'endroit de tous « ses » enfants, pour retirer aux parents la garde de leur enfant, lorsque ceux-ci usent de leur autorité légitime naturelle. Normalement indéniable dans toute société autre qu'une société où le trafic d'enfants est institutionnalisé. Quant à savoir à qui profite le crime, je vous donnerai mon avis sur le sujet dans un prochain édito.
Revenons à nos moutons. Aux moutons de la République, plus exactement. Car de quoi a-t-elle besoin, la République, l'élite qui se réclame de la République pour pouvoir maintenir sa mainmise totale sur le pays ? De moutons. De citoyens obéissants, formatés à obéir et à se faire exploiter, acceptant la norme imposée et les contraintes qui vont avec (interdits et obligations), comme étant une nécessité à laquelle il convient de se conformer. S'y conformer sans réfléchir, évidemment, réfléchir étant assimilé à de la désobéissance dans cette programmation mentale. Et, c'est parce que la nature de l'homme est de réfléchir dès qu'il est en âge de le faire, que « La République » impose, par les lois qu'elle fait voter en ce sens, que tous les enfants présents sur la terre de France lui soient confiés dès qu'ils sont en âge de réfléchir, à savoir à l'âge de 3 ans. Direction la crèche, d'abord, l'antichambre de l'école de la République dans laquelle il convient d'arriver à l'heure et de se conformer scrupuleusement aux règles fixées pour le bien de l'enfant. Faute de quoi des sanctions seront prises. Faire tout bien comme les autres enfants, suivre le troupeau docilement et sans poser de questions.
Deux ans de cette préparation psychologique facilitent énormément l'impact qu'à ensuite sur l'enfant le second niveau de l'ingénierie sociale : l'école de la République. L'ingénierie sociale dont je parle, c'est l'emprise collective étatique que nous subissons individuellement tous toute notre existence durant, plus ou moins consciemment, et avec un préjudice intellectuel, sanitaire et pécuniaire plus ou moins important selon la mesure dans laquelle, une fois solidement entrés dans la vie active, nous arrivons à nous en défaire, de cette emprise, en nous extirpant peu ou prou de « la matrice » par la réflexion et par l'acquisition des connaissances que le système s'emploie à nous cacher. L'analyse et le savoir qui permettent au peuple de reprendre en mains son destin. Ailleurs, comme en Finlande, l'école mise sur l'autonomie des élèves et des professeurs : 20 élèves par classe maximum, un salaire moyen de 3 500 € pour les enseignants, et un système décentralisé (OCDE, 2022). Résultat : une réussite scolaire parmi les meilleures d'Europe, sans ce formatage oppressant.
Victimes des règles de sécurité adoptées ces dix dernières années, au prétexte (toujours le même) d'assurer leur sécurité, les enfants sont enfermés entre 8 à 10 heures par jour dans des endroits qui désormais s'apparentent quasiment à 100 % à ces lieux de privation de liberté qu'on appelle communément des « prisons » : interdiction d'y entrer à compter de telle heure, interdiction d'en sortir avant telle autre, tant le midi que le soir, fouille à l'arrivée. Le tout agrémenté des structures fonctionnelles qui vont avec : portails, clôtures, barrières, détecteurs de métaux, etc. Dans ces lieux officiellement « de transmission du savoir », l'élève est assis. Il doit se taire et avaler ce qui lui est imposé par les enseignants comme étant la réalité culturelle, scientifique et historique du monde en général et de la France en particulier. Le vivre-ensemble, lutte contre l'antisémitisme, réchauffement climatique et théorie du genre en tête, cette dernière étant en sus accompagnée depuis peu par l'initiation à la sexualité (fellation, sodomie et compagnie) exigée par le wokisme roi sous le faux nom de « protection des abus », et au faux prétexte de permettre à l'enfant d'exprimer son consentement ou non à l'acte sexuel qui lui est proposé. Oui ! Dès trois ans. Pourquoi pas carrément l'ajouter au protocole de naissance que le médecin accoucheur est tenu de respecter ?
Toutefois, dans certains quartiers, la mayonnaise peine à prendre. Notamment, ceux où la population de confession musulmane est majoritaire. Néanmoins, pour avoir de bonnes notes, il faut conformément répondre aux exigences du programme. À savoir répondre que deux plus deux font racine carrée de moins dix-sept divisé par zéro, si c'est ce qui est spécifié dans le manuel scolaire comme étant la bonne réponse. Ceci sans besoin d'une loi Gayssot qui interdit de soutenir le contraire. Pourquoi ? Parce qu'éviter de passer pour le vilain petit canard, un contestataire de l'autorité établie, est un dogme du comportement à avoir en société que, passage à l'école de la République faisant, nous nous transmettons de génération en génération. Dès lors, il est très solidement ancré dans l'esprit des Français, quelle que soit leur religion. C'est la raison pour laquelle tout le reste du formatage fonctionne, à savoir s'agissant de faire de nos enfants, grâce à l'école de la République, des esclaves consommateurs demandeurs à subir les frasques d'une société structurée de telle façon qu'une partie infime de la population (un pour cent), une caste parasite aux membres autoproclamés « les élites », accapare tous les pouvoirs, s'octroie des privilèges, s'affranchit des lois qu'elle impose aux 99 % restants de la population, et s'empare insidieusement de la quasi-totalité de la valeur travail produite par l'activité professionnelle de ces 99 % restants.
Mais comment diable est-il possible que cette arnaque fonctionne ?
C'est simple. L'arnaque fonctionne, car elle consiste également en ceci. Faire fallacieusement miroiter aux 99 % restants que, s'ils se conforment scrupuleusement toute leur vie durant à ce qui leur a été enseigné à l'école comme étant la marche à suivre, et à ce qui est dit par le Gouvernement, les médias subventionnés et les réseaux sociaux non-complotistes, eux aussi ils pourront faire partie de ces élites. Et afin que la majorité des gens y croient, la République intègre au compte-gouttes, dans ces élites, des citoyens français et autres qui ne sont pas issus des cercles culturels et financiers qui constituent ces élites. Des collabos dans l'âme soigneusement triés sur le volet. À savoir recrutés pour leur volonté vérifiée de vouloir profiter égoïstement du système. Des moutons aspirants bergers ravis de participer à la tonte de leurs anciens camarades d'infortune, et qui, en échange, acceptent, sans scrupules ni remords, d'assister les bergers en chef dans leur mission secrète, indicible, qui consiste à mener régulièrement le troupeau à l'abattoir, et ceci dans des proportions qui dorénavant semblent tendre vers la totalité. L'élimination de tous « les inutiles » (Jacques Attali).
C'est ainsi qu'en lieu et place de « l'ascenseur social » que la propagande étatique nous vend comme étant rendu possible grâce à l'école de la République, c'est ceci qui intervient en réalité : l'ascenseur social collusoire dont bénéficient quelques personnes non issues des cercles du pouvoir, parce qu'en plus de correspondre aux spécificités ethniques, sociales, religieuses, sexuelles et autres qui ont la cote à cet instant (comme la jeunesse, l'inexpérience, l'illettrisme et un langage belliqueux le sont depuis l'ère Sarkozy), ces quelques personnes présentent « LA » caractéristique morale requise pour pouvoir intégrer la mafia au pouvoir autrement que par filiation (je le répète exprès) : vouloir profiter égoïstement du système. Se goinfrer sur le dos de leurs ex-compagnons d'infortune, et relayer pour cela les mensonges et tromperies de leurs nouveaux frères.
Voilà comment apparaissent et perdurent plus ou moins longtemps et haut sur l'échiquier politique et médiatique (puis industriel ou financier pour certains), des Alexandre Benalla, des Rachida Dati, des Sébastien Delogu, des Christophe Castaner, des Louis Boyard, des Jordan Bardella et autres. Des autres que je vais appeler ici « consorts », puisque justement ce sont des personnes comme ça « qu'on sort » de la masse, et qu'on met devant les caméras pour aider à ce que la mystification continue de s'opérer sur les 99 % restants.
D'où la volonté affichée de nos autoproclamés « élites » de tout faire pour que les problèmes dont l'école de la République souffre aillent en s'aggravant, plutôt que de s'employer à les résoudre. Pourquoi pas, sinon, libérer les parents de cette emprise, comme le permettent des pays comme les Pays-Bas, où l'enseignement à domicile est légal et encadré, avec 15 000 élèves concernés en 2023 (ministère néerlandais de l'Éducation) ?
En effet, plus l'école de la République périclite à tous les niveaux, plus il est aisé pour les « élites », à la fois de dégotter des candidats collabos parfaitement dans le moule, et de maintenir les 99 % restants de la population la tête dans le seau toute leur vie durant, grâce à un formatage opéré cumulativement, d'abord par l'école de la République puis par la propagande politico-médiatique. Une propagande à laquelle la masse est rendue plus encline à croire, après 15 à 20 années passées sur les bancs de l'école de la République. La boucle est bouclée.
Réduction des budgets, réduction des moyens, réduction des effectifs, fermetures d'établissements, fermetures de classes, formation des enseignants délitée, augmentation de leur responsabilité civile et pénale en cas de conflit, et salaires des instituteurs et des professeurs autres que d'université maintenus à des hauteurs peu attractives, 40 ans d'un mitterrandisme que ses successeurs à l'Élysée ont porté à leur paroxysme, ont fait que l'institution qui naguère s'appelait à fort juste titre « l'instruction publique » (1), a atteint l'état de déliquescence absolue dont souffre actuellement l'éducation nationale.
1) parce que l'école d'alors transmettait aux enfants le savoir nécessaire à pouvoir trouver leur voie dans la société, non pas en tant qu'esclaves consommateurs demandeurs à l'être, mais dans leur plein et total épanouissement, autant que faire se peut. Tout le monde ne peut pas devenir joueur de foot professionnel, vedette de la télé, acteur star, chanteur à succès, artiste peintre de renommée mondiale, PDG d'une société cotée en Bourse, etc. Et c'est tant mieux ! Certains s'épanouissent totalement dans le dur, mais ô combien essentiel métier de parent au foyer, ou celui d'assistant à la personne, pompier, boulanger, artisan peintre, commerçant de quartier, ouvrier du bâtiment… tous ces métiers qui, lorsqu'ils sont exercés avec passion (et non pas par défaut), forment une société où l'harmonie collective s'impose. Si tant est qu'une caste parasite malveillante ne se substitue pas aux dirigeants bienveillants indispensables à cette harmonie. Une entente collusoire à la tête de l'État, qui s'empare du pouvoir par la tromperie et le mensonge, puis qui s'y maintient par la tricherie et par la violence. Telle est la définition qu'il importe de donner de « La République », dans la triste réalité en pratique en France depuis 236 ans.