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Le président du Sénat Gérard Larcher lors d'un congrès à Lyons-la-Forêt en mars 2025.
Après la condamnation de Marine Le Pen, Gérard Larcher, président du Sénat, appelle à évaluer les lois sur l'inéligibilité. Il s'interroge sur un possible excès législatif et défend le rôle du Parlement pour ajuster les textes si nécessaire.
Le 2 avril 2025, 𝕏 Gérard Larcher, président LR du Sénat, a réagi à la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN). Dans un entretien accordé au Figaro, il a estimé que cette affaire dépassait le cas personnel de la présidente du groupe RN à l'Assemblée : «Si la loi va trop loin, le législateur doit pouvoir la corriger.» Condamnée à cinq ans d'inéligibilité et quatre ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique, Marine Le Pen voit sa candidature à la présidentielle compromise, bien qu'un appel soit possible.
INFO LE FIGARO - Gérard Larcher sur la condamnation de Marine Le Pen: «Si la loi va trop loin, le législateur doit pouvoir la corriger» ↓ t.co- Le Figaro (@Le_Figaro) 𝕏 April 2, 2025
Gérard Larcher ne conteste pas le jugement : «au fond, la justice a appliqué les lois votées par les parlementaires et qui s'imposent à tous», mais il s'inquiète de ses implications. Il dénonce la hausse des peines d'inéligibilité depuis la loi «Sapin 2» de 2016 : «En 2018, nous avions 440 peines d'inéligibilité prononcées contre 8 857 en 2022 ! On peut se demander si nous ne sommes pas tombés dans une forme d'excès.»
Pour lui, l'objectif de transparence et de santé démocratique est légitime, mais la proportionnalité des sanctions interroge : «quand vous empêchez certains élus de participer à la vie démocratique d'un pays, vous posez aussi une question qui n'est pas secondaire.»
Prudent, il met en garde contre les «lois de pulsion» et appelle à une évaluation posée : «Il faut essayer de regarder les choses avec recul, engager une évaluation de la loi et remplir notre mission de contrôle parlementaire».
Le président de la Chambre haute reconnaît l'impact politique majeur de cette décision : «celui qui dirait que cela n'aurait aucune incidence se trompe lourdement», tout en soulignant que l'exécution provisoire, qui déroge à l'appel suspensif, vise à «prévenir la récidive et protéger la société».
Au Sénat, des réflexions sont déjà en cours, notamment via un rapport de mai 2024 proposant de mieux protéger les élus. Sans prendre parti, le président du Sénat, troisième homme de l'Etat dans l'ordre protocolaire insiste sur l'équilibre entre justice et démocratie : «C'est le rôle du Parlement d'évaluer.» Une révision législative pourrait-elle émerger ? «Tout dépendra de l'analyse», conclut-il dans un exercice de nuance dont il maîtrise parfaitement les codes.