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Édouard Philippe en 2025 sur LCI. [Photo d'illustration]
Dans un entretien au Figaro, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027, alerte sur la faiblesse de l'Europe face aux grandes puissances comme les États-Unis et la Russie. Il appelle à une France plus influente, prospère et puissante.
Édouard Philippe, ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, figure du centre droit avec son parti Horizons et maire du Havre, martèle dans un récent entretien la nécessité pour la France de retrouver sa stature internationale. Réagissant à l'intervention américaine au Venezuela, il dénonce une Europe réduite à un rôle de « commentateur » et insiste sur l'urgence d'une renaissance nationale.
Dans cet entretien publié le 6 janvier, Édouard Philippe analyse les bouleversements mondiaux avec une franchise qui le positionne comme un candidat pragmatique pour 2027. « Les États-Unis ont décidé de rompre explicitement avec l'idée d'un système multilatéral régi par le droit », déclare-t-il, citant la doctrine Monroe et les ambitions impériales qu'il attribue à Donald Trump.
Il met en garde contre une Europe qui, faute de « volonté de puissance », risque d'être « latéralisée, soumise et malmenée ». Pour lui, la France doit d'abord régler ses problèmes intérieurs : « La richesse ne garantit pas la sécurité mais l'appauvrissement condamne souvent à l'insécurité. »
Dans des propos repris par le compte X de son parti, il déclare : « La France doit convaincre ses partenaires européens d'être plus offensifs et, pour cela, elle doit être plus influente en Europe qu'elle ne l'est aujourd'hui. »
« La France doit convaincre ses partenaires européens d'être plus offensifs et, pour cela, elle doit être plus influente en Europe qu'elle ne l'est aujourd'hui.Cette faiblesse française comme européenne n'est pas une fatalité. On a tout ce qu'il nous faut pour remettre les... pic.twitter.com/U8dXnsj0NZ
- Horizons (@HorizonsLeParti) January 6, 2026
Ces déclarations font écho à ses vœux pour 2026, exprimés le 1er janvier dans Le Parisien, où il refuse de « céder à la résignation » face à une situation politique « mauvaise » marquée par l'absence de majorité à l'Assemblée. Il y exprime son espoir que les municipales de mars revitalisent le débat et que les Français adhèrent à son « projet de réparation, de modernisation et de relance du pays ».
Critique envers Emmanuel Macron et menaçant pour le gouvernement dans le cadre des débats budgétaires, dont il fut le Premier ministre, Philippe vise clairement l'Élysée en 2027, en se présentant comme l'homme du redressement. Son passé est d'ailleurs rappelé par ses détracteurs, à l'image du candidat RN à la mairie de Rouen, Grégoire Houdan, qui interroge, moqueur : « Édouard Philippe c'est : la destruction de la filière nucléaire, les Gilets Jaunes... C'est donc ça la puissance ? »
Édouard Philippe c'est : la destruction de la filière nucléaire, la faillite d'Areva, les 80km/h, les Gilets Jaunes, le 49,3 sur la réforme des retraites, les auto-attestations, les masques...C'est donc ça la puissance ?
- Grégoire Houdan (@gregoirehoudan) January 6, 2026
En se positionnant ainsi, Philippe trace une voie pour 2027 : appelant à une France puissante, ancrée en Europe mais affirmée sur la scène mondiale. Ses interventions récentes renforcent son orbite présidentielle qu'il souhaite anticiper, espérant un départ précoce du président Emmanuel Macron dont il fut tout de même Premier ministre pendant plus de trois ans.