07/01/2026 elucid.media  3min #301144

Chantage à l'exil fiscal : pourquoi les plus fortunés ne quittent presque jamais la France

publié le 07/01/2026 Par  Alexandra Buste, Xavier Lalbin

Le spectre de l'exil des plus fortunés hante chaque débat sur la fiscalité. Il suffit d'à peine évoquer une hausse d'impôt pour les plus riches et c'est l'hémorragie annoncée : les « premiers de cordée » menaceraient de quitter le pays, emportant avec eux emplois, investissements et croissance. Pourtant, cette peur, savamment entretenue par une frange libérale du débat public, résiste mal à l'épreuve des faits. Une récente étude du Conseil d'analyse économique (CAE) vient de le confirmer : en France (comme en Suède avant elle), l'impact réel de l'expatriation fiscale des plus aisés se révèle... marginal.

La menace du départ de nos concitoyens les plus riches face à une augmentation de la fiscalité irrigue le débat public. Et l'irruption de la taxe dite « Zucman » (du nom de l'économiste qui en est l'instigateur) a envenimé le débat mené par une meute de journalistes, éditorialistes et économistes libéraux, prompts à lui faire un enterrement de première classe. On les comprend, leur patron est souvent  un des milliardaires visés par cette taxe.

Pour combler le déficit public qu'il a largement contribué à mettre dans le rouge, le gouvernement veut  faire les poches de nombreux Français. Dans cette course à l'échalote, que  les plus aisés contribuent à une plus juste part semble légitime...

Car même si l'on nous rabâche à longueur de journée que ces « premiers de cordée » se sont faits « seuls », ils sont surtout ceux qui tirent le plus profit des biens et services communs : de salariés formés par le système éducatif et soignés grâce au système de santé, des routes et des infrastructures, de la protection de la police et de la justice dans un système d'État de droit, etc. Sans compter que ce sont eux les grands gagnants des deux derniers quinquennats, notamment grâce à l' inopérant ruissellement dont Macron est aveuglément adepte.

Mais qu'importe le réel, face à la menace d'une contribution accrue des plus riches, les commentateurs ne cessent d'agiter l'argument de l'exil fiscal, espérant sûrement faire monter la peur dans l'opinion publique. Une étude suédoise avait conclu au peu d'effet d'une augmentation de la fiscalité sur l'exil fiscal des plus riches et sur l'économie. Et, pour la première fois en France, le Conseil d'analyse économique (CAE), rattaché au Premier ministre, a réalisé une étude similaire pour la France et aboutit... aux mêmes conclusions.

 elucid.media