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Emmanuel Macron
Lors des vœux aux armées, Emmanuel Macron a affirmé que la France fournit désormais l'essentiel du renseignement utilisé par l'Ukraine, un rôle auparavant assuré par les États-Unis. Il a aussi déclaré que la coopération avec l'Italie et le Royaume-Uni avait abouti à un système de défense aérienne jugé plus efficace que le Patriot.
Depuis la base aérienne d'Istres, Emmanuel Macron a présenté ses vœux aux armées dans un contexte international marqué par plusieurs foyers de tension. Le président a évoqué le conflit en Ukraine, la volonté des États-Unis d'annexer le Groenland et l'évolution des rapports de force internationaux, estimant que l'environnement stratégique de l'Europe s'était sensiblement durci.
Le chef de l'État a insisté sur la poursuite de l'effort militaire français, en liant directement sécurité nationale et capacité de dissuasion. Selon lui, la France doit maintenir et renforcer ses moyens militaires afin de préserver sa liberté d'action dans un contexte qu'il juge plus instable et plus concurrentiel.
Dans ce cadre, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle accélération de la trajectoire budgétaire des armées, avec un objectif désormais avancé à 2027. Il a précisé que les crédits militaires devraient atteindre 64 milliards d'euros à cet horizon, indiquant qu'en l'espace de deux mandats présidentiels, le budget des armées aurait ainsi doublé. Il a également rappelé le rôle central de la dissuasion nucléaire dans la doctrine française et confirmé la volonté de relancer le service national, présenté comme un outil destiné à renforcer le lien entre la société et les forces armées.
Il a par ailleurs évoqué la coopération militaire menée avec l'Italie et le Royaume-Uni dans le domaine de la défense aérienne. Selon lui, ce travail commun aurait permis de mettre en place un système jugé plus efficace que le système américain Patriot.
Sur le dossier ukrainien, le président a réaffirmé le soutien européen à Kiev et souligné une évolution dans le partage des capacités de renseignement : « Là où l'Ukraine était éminemment dépendante des capacités de renseignement américaines à une écrasante majorité il y a un an, aujourd'hui, les deux tiers sont fournis par la France. »
Abordant la question du Groenland, Emmanuel Macron a rappelé la présence de militaires français sur place et évoqué la responsabilité spécifique des Européens dans cette zone stratégique. Sans citer explicitement les États-Unis, il a dénoncé des logiques qu'il a qualifiées de « nouveau colonialisme » et estimé que l'Europe faisait désormais face à des acteurs qu'elle n'avait pas anticipés. Selon lui, ces tensions traduisent l'émergence de puissances cherchant à remettre en cause les équilibres existants. « Nous sommes dans un monde où des puissances de déstabilisation se sont réveillées », a-t-il observé.