19/01/2026 francais.rt.com  3min #302302

Budget 2026 : Sébastien Lecornu opte pour un passage en force

© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ru

Sebastien Lecornu, Premier ministre français, à l'Assemblée nationale le 14 janvier 2025 [Photo d'illustration].

À l'issue d'un conseil des ministres ce 19 janvier, le Premier ministre français a annoncé choisir le recours à l'article 49.3 de la constitution, afin de faire passer le projet de loi de finances sans vote du Parlement. Un reniement, qui l'expose à un risque de censure dans une Assemblée nationale divisée.

« Nous avons décidé - je dois le dire à titre personnel, avec une certaine forme de regret et un peu d'amertume - d'engager la responsabilité du gouvernement », a déclaré ce 19 janvier Sébastien Lecornu, confirmant l'information circulant déjà depuis plus de deux heures qu'il avait opté pour un recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution - et non les ordonnances - afin de passer en force au Parlement sur le budget.

« Un regret, déjà parce que j'ai conscience que je suis obligé de revenir sur ma parole », a-t-il concédé. « On ne peut pas passer en force et on ne peut pas contraindre son opposition », avait déclaré Sébastien Lecornu le 3 octobre, depuis le perron de Matignon annonçant avoir «  décidé de renoncer à l'article 49.3 » pour gouverner, notamment pour faire adopter le budget. « Plus qu'un engagement, un pari », avait-il lâché plus tôt lors de la conférence de presse de ce 19 janvier.

« En même temps pour tenir parole il faudrait que je m'entête [...] on finirait par dire que je suis têtu et je ne veux surtout pas - vous l'avez bien compris - avoir l'égo mal placé et être source de désordre », a poursuivi le Premier ministre français et taclé « ceux qui en font le commerce ». « J'ai bien compris ces derniers jours, y compris en vous lisant, en écoutant les radios et les télévisions, qu'en m'entêtant trop longtemps, je serai moi-même source de désordre », a-t-il encore déclaré aux journalistes avant d'assurer : « Ce n'est pas parce qu'on engage la responsabilité du gouvernement qu'on abandonne l'idée du compromis et du travail sur le fond ».

À partir de 15h30, les quotidiens Le Parisien et Le Figaro ainsi que la chaîne d'information BFMTV ont affirmé avoir appris que le chef du gouvernement français avait opté pour le 49.3. Un recours présenté, quasiment au même moment sur LCI - qui finira également par annoncer à son tour un recours au 49.3 -, comme « le plus probable » par une éditorialiste politique, soulignant que « jamais les ordonnances n'ont été utilisées pour un budget » sous la Ve République et que les socialistes ont annoncé qu'ils pourraient ne pas recourir à la censure.

Une « voix crédible », avait pour sa part estimé dans la matinée sur BFMTV Amélie de Montchalain, ministre en charge des Comptes publics, estimant que le 49.3 était « un chemin assez périlleux ». « S'il ne se passe pas bien », a-t-elle averti « à la fin vous n'avez ni budget, mais vous n'avez plus de gouvernement pour reproposer un budget. Donc vous n'avez rien ».

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