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Le Sénat français
Le président du Sénat Gérard Larcher a annoncé le 28 janvier que la chambre haute proposera une «question préalable» pour rejeter sans réexamen le projet de loi de finances 2026, qualifié de «mauvais budget», afin d'accélérer son adoption définitive à l'Assemblée nationale.
Dans un contexte d'instabilité parlementaire post-dissolution de juin 2024, le Sénat, dominé par la droite, choisit de ne pas rouvrir un débat jugé inutile sur un texte déjà ficelé après que le gouvernement est passé entre les gouttes de deux motions de censure. Hostile au projet de budget, la majorité va se contenter d'un rejet rapide pour accélérer l'adoption finale, sans cacher sa rancœur à l'endroit de Sébastien Lecornu.
Un rejet symbolique pour clore une navette interminable
« Je suis favorable à une "question préalable" », a affirmé Gérard Larcher le 28 janvier sur RTL, se disant en faveur d'une motion de rejet votée avant examen du fond sur le budget. Le président du Sénat estime qu'« il n'y a pas lieu de rouvrir le débat ». « C'est un mauvais budget », a-t-il réaffirmé, critiquant un texte « co-construit avec le Parti socialiste » qui accumule la dette sans vraies économies ni baisses d'impôts significatives, tout en alourdissant la fiscalité sur les entreprises (surtaxe IS de plus de 8 milliards d'euros, suppression de la baisse de la CVAE).
#Budget2026 : "Je suis favorable à la question préalable, c'est un mauvais budget" @gerard_larcher, président du Sénat, face à @ThomasSotto dans #RTLMatin pic.twitter.com/WUKbYxeVNZ- RTL France (@RTLFrance) January 28, 2026
Le groupe LR, majoritaire au Sénat, a validé cette position : le rejet à l'issue de la discussion générale prévue le 29 janvier, sans réexamen des articles. « On a acheté une paix politique au prix d'une accumulation de dette », résume le sénateur Olivier Paccaud. « Tout ça pour ça, Sébastien Lecornu a planté la France ! », lance-t-il, dénonçant un virage fiscal anti-entreprises et un abandon de la politique de l'offre.
Certains centristes, comme Hervé Marseille (Union centriste), expriment des réserves mais jugent le budget « nécessaire » pour éviter le chaos : « C'était un budget ou le chaos, mais nous le paierons un jour. »
#DANSLESMÉDIAS« C'était un budget ou le chaos, mais nous le paierons un jour »
Dans une interview @LesEchos, @HerveMarseille marque de profondes réserves sur la copie finale du budget de l'Etat. Mais il estime qu'il faut avancer.
⬇️ t.co- Sénateurs Centristes (@UC_Senat) January 26, 2026
Le rejet permettra un retour immédiat du texte à l'Assemblée, où le gouvernement engagera probablement une troisième fois sa responsabilité via le 49.3 dès vendredi, pour une adoption définitive les 2 ou 3 février. Ce choix accélère la fin d' une séquence budgétaire chaotique, marquée par des concessions, l'usage répété du 49.3 et l'absence de majorité stable à l'Assemblée.