29/01/2026 francais.rt.com  4min #303264

Le gouvernement français s'inquiète des violences sexuelles dès l'école primaire

Source: Gettyimages.ru

[Photo d'illustration]

Selon une étude officielle publiée le 28 janvier, les violences sexistes et sexuelles émergent dès l'école élémentaire. Le phénomène s'intensifie à l'adolescence, touchant davantage les filles et est amplifié par les réseaux sociaux, poussant l'exécutif à appeler à une régulation renforcée.

Le gouvernement français tire la sonnette d'alarme sur l'apparition précoce des violences à caractère sexuel en milieu scolaire. Les données issues de l'Observatoire national des violences faites aux femmes et de la DEPP (direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) révèlent une réalité alarmante qui commence bien avant l'adolescence.

Des chiffres alarmants dès le primaire

Dès les classes de CM1 et CM2, filles et garçons sont exposés de manière comparable à ces violences. Ainsi, 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes scolaires, tandis que 8 % rapportent avoir été embrassés de force au moins une fois durant l'année.

« Ces faits ne sont en rien isolés, ils touchent tous les élèves, à tous les âges et dans tous les établissements, publics ou privés », souligne le communiqué conjoint des ministères de l'Éducation nationale et de l'Égalité entre les femmes et les hommes.  L'exécutif avait déjà été alerté sur le phénomène en fin d'année 2025 par un collectif de parents rassemblés derrière le nom de #MeTooÉcole.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages affluent, avec une mise en cause du système éducatif français, mettant également en cause les politiques gouvernementales, notamment concernant la sexualité à travers le programme Evars.

La violence est à la maternelle.
C'est dingue.
Et leur apprendre la sexualité n'arrange pas.
L'école est malsaine.  t.co

- Touche pas à ma liberté (@Loulali8)  January 28, 2026

Au collège, la situation évolue légèrement, avec 15 % des filles et 12 % des garçons déclarant avoir subi au moins une forme de violence sexuelle. Mais c'est à l'adolescence que survient « un véritable point de bascule », selon les termes du gouvernement.

Les inégalités se creusent : les filles deviennent surreprésentées parmi les victimes. Au lycée, une sur dix s'absente même de l'établissement par peur d'agression, impactant directement leur scolarité.

Les réseaux sociaux, accélérateur de violences

Les réseaux sociaux jouent un rôle délétère dans cette amplification. Plus de 130 000 adolescents ont été exposés contre leur gré à des contenus sexuels en ligne, et près d'un tiers des collégiennes (30,6 %) ainsi que plus d'un quart des collégiens (26,2 %) signalent des cyberviolences. « Les réseaux sociaux contribuent à la propagation de discours qui remettent en cause l'égalité et alimentent des comportements violents, en particulier à l'encontre des filles », insistent les ministres.

 Cette exposition précoce banaliserait le sexisme, justifiant l'interdiction des plateformes avant 15 ans, comme adoptée récemment à l'Assemblée nationale.

Sur X, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a partagé trois « mesures concrètes » pour renforcer la lutte : des vérifications régulières tous les 3 ou 5 ans des personnels éducatifs, la nomination d'un défenseur des droits des enfants auprès de la médiatrice de l'Éducation nationale pour traiter les signalements, et un engagement accru pour les programmes d'éducation à la vie affective et sexuelle.

L'École doit être un lieu de confiance absolue.

Dès qu'un enfant en franchit seuil, sa sécurité est notre priorité. Face aux violences sexuelles, nous devons aller plus loin pour prévenir, détecter et agir.

Nous prenons trois mesures concrètes pour renforcer notre action :...

- Édouard Geffray (@EdouardGeffray)  January 28, 2026

« En objectivant ces violences, nous nous donnons les moyens de mieux les prévenir et protéger les victimes », a-t-il déclaré. De son côté, Aurore Bergé, ministre déléguée à l'Égalité, a réagi en affirmant que « les chiffres parlent d'eux-mêmes, le déni n'est pas possible ».

Ces initiatives visent à instaurer le consentement comme valeur fondamentale dès le plus jeune âge, dans un effort pour briser le cycle des violences.

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