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La police effectue un contrôle à Montmartre, à Paris. [Photo d'illustration]
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la sécurité s'impose comme la principale préoccupation des Français. Selon un sondage, 52 % des électeurs en font une priorité, en hausse de 14 points depuis 2020, reflétant une anxiété croissante face à la délinquance et à la violence quotidienne.
Une étude d'opinion Odoxa-Verisure pour Le Figaro montre qu'une majorité de Français se dit prioritairement préoccupée par les questions sécuritaires pour les élections municipales de 2026. Cette préoccupation dominante traduit un malaise profond au sein de la société française, où l'insécurité n'est plus un simple sentiment mais une réalité vécue par une majorité de citoyens.
Les Français expriment un fort soutien à l'extension des pouvoirs des polices municipales. Près de 90 % se disent favorables à ce que ces agents puissent dresser des amendes pour des délits comme la vente à la sauvette, le deal de drogue ou l'occupation de halls d'immeubles. De même, 78 % approuvent les contrôles d'identité, et 71 % les fouilles de véhicules suspects.
L'armement des policiers municipaux est plébiscité par 68 % des sondés, avec un clivage politique marqué : 88 % chez chez les sympathisants RN, parti qui entend progresser lors de ces élections locales, contre seulement 44 % chez ceux de LFI. Naturellement, les dispositions sécuritaires se trouvent ainsi en première ligne dans les arguments de campagne des candidats RN, à l'image de la candidate bordelaise Julie Rechagneux.
🇫🇷 À Bordeaux, avec @MarionMarechal, nous sommes allés à la rencontre de commerçants qui veulent du changement.+ de sécurité, - d'embouteillage, + de lien avec la mairie... Leurs revendications sont claires et de bon sens. Nous les mettrons en œuvre ! t.co
- Julie Rechagneux (@jrechagneux) March 4, 2026
L'hypersensibilité à la question sécuritaire s'ancre dans un contexte de violence accrue. 59 % des Français déclarent avoir été victimes d'insécurité, allant du harcèlement verbal (39 %) aux agressions physiques (21 %). En janvier, une étude estimait ainsi que six femmes sur dix avaient abandonné l'usage du vélo après des agressions sexistes. 74 % estiment que les narcotrafiquants contrôlent déjà certains territoires, et 70 % craignent la corruption d'élus.
Face à cela, les maires sont vus comme un rempart : 55 % des interrogés leur font confiance pour assurer la sécurité, bien plus qu'au gouvernement (23 %).
Les programmes des candidats reflètent cette urgence. À Paris, les promesses varient de 3 500 à 8 000 policiers municipaux selon les listes. À Marseille, la candidate Martine Vassal met en avant la sécurité comme pilier de son programme, déclarant dans un tweet : "Les Marseillais veulent du concret. Sécurité. Propreté. Transports."
Les Marseillais veulent du concret.
Sécurité.
Propreté.
Transports.Je suis prête.
Un seul mandat pour faire. @MartineVassal, candidate d'union de la droite et du centre, élections municipales des 15 et 22 mars |💙 Marseille je t'aime pic.twitter.com/Yu9mREdF1e- Martine Vassal 2026 (@marseillejtm26) February 14, 2026
À Lyon et Grenoble, les engagements incluent des centaines de caméras supplémentaires, avec des budgets en hausse de 41 % pour les polices municipales depuis 2017.
Les maires disposent de leviers comme les arrêtés municipaux pour interdire la consommation d'alcool sur la voie publique ou instaurer des couvre-feux. Ils peuvent aussi investir dans la vidéosurveillance - 90 000 caméras en France - ou soutenir des actions préventives via des médiateurs et associations. À Cholet, les rodéos urbains et les cambriolages préoccupent, avec une hausse de 15 % des faits délictueux entre 2022 et 2024.
Dans ce climat, 56 % des électeurs pourraient changer de vote pour un programme fort en matière de sécurité.