25/03/2026 francais.rt.com  4min #308837

France : Les Républicains préparent 2027 dans un climat de fortes divisions internes

© Capture d'écran radiofrance.fr

L'ancien siège des Républicains avec l'inscription prémonitoire "bureaux non divisibles".

Les Républicains ont validé le 24 mars trois options pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2027 : primaire fermée, semi-ouverte ou désignation directe de Bruno Retailleau. Les adhérents trancheront en avril.

Après des municipales globalement positives mais  infructueuses dans les trois plus grandes villes du pays, le parti fait face à des sondages modestes pour 2027 et à des tensions vives, marquées par l'absence de Laurent Wauquiez et le départ annoncé de David Lisnard.

Les instances du parti ont tranché le 24 mars lors d'un bureau politique houleux : ce sont les quelque 120 000 adhérents qui choisiront en avril le mode de sélection du champion pour l'Élysée, entre primaire fermée, semi-ouverte ou désignation automatique de Bruno Retailleau.

Un bilan municipal contrasté et des ambitions qui s'entrechoquent

Après les élections municipales, Les Républicains peuvent se féliciter d'un ancrage territorial renforcé. Le parti a conquis plusieurs villes emblématiques comme Clermont-Ferrand, Brest, Limoges, Besançon ou Cherbourg, confirmant son poids dans les communes moyennes et les territoires ruraux. Mais le revers est net dans les trois plus grandes villes du pays : Paris et Lyon restent hors de portée, tout comme Marseille où l'influence LR s'est effondré.

Ces résultats en demi-teinte nourrissent déjà les débats internes sur la stratégie à adopter pour 2027. Les sondages actuels restent peu flatteurs : selon l'entourage de Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau plafonnerait à environ 7 % après l'été, très loin d'une qualification au second tour.

Le bureau politique du 24 mars a un nouvelle fois révélé au grand jour ces fractures. Absent de la réunion, Laurent Wauquiez n'a pas mâché ses mots sur RTL : il a qualifié les trois options proposées d'"options de boutiquiers" et défend une primaire beaucoup plus large, allant du macroniste Gérald Darmanin jusqu'à Sarah Knafo de Reconquête en passant par Edouard Philippe.

"Quand j'écoute Sarah Knafo, je n'ai pas l'impression d'écouter une néonazie" @laurentwauquiez face à  @ThomasSotto dans  #RTLMatin pic.twitter.com/mnGti7LtGx

- RTL France (@RTLFrance)  March 24, 2026

Xavier Bertrand, qui avait quitté le parti, a aussi boycotté la réunion, refusant toute idée de primaire après avoir essuyé une large défaite dans un tel scrutin en 2022.  Le patron de la région Nord a toujours en tête l'idée d'une candidature à la présidentielle.

Le maire de Cannes, David Lisnard, réélu triomphalement à Cannes avec plus de 80 % des suffrages au premier tour a exprimé son profond désaccord avant d'annoncer, ce 25 mars sur BFMTV-RMC, son départ du parti.  Celui qui n'a jamais caché ses ambitions pour 2027 a affirmé : "Je pense que je n'ai plus rien à faire chez LR", a-t-il lâché, reprochant au mouvement son manque de "lisibilité" et de "constance".

🔴🇫🇷 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 - David Lisnard déclare "ne plus rien avoir à faire" chez Les Républicains (LR) et annonce QUITTER le parti dans les prochaines heures.  pic.twitter.com/rrwd6hewDM

- Bastion (@BastionMediaFR)  March 25, 2026

Ces divisions illustrent la difficulté pour Les Républicains de trouver une ligne claire à un an et demi du scrutin tandis qu'en dépit de l'avis favorable des adhérents, le parti renonce à tout rapprochement avec le Rassemblement national.

Entre ceux qui veulent accélérer derrière Retailleau et ceux qui plaident pour une primaire ouverte ou une candidature unique de la droite et du centre, le parti avance en ordre dispersé. Les adhérents, consultés en avril, auront le dernier mot sur la méthode, mais les questions qui leur seront posées ne sont pas encore connues et l'unité restera à reconstruire.

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