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Aux Bahamas, des chercheurs ont détecté des traces de caféine, d'analgésiques et même de cocaïne chez plusieurs requins après l'analyse de 85 échantillons sanguins. Cette présence de substances, liée à la pollution marine, a été observée dans des zones fréquentées par les touristes et les bateaux.
Dans les eaux turquoise des Bahamas, une découverte inattendue vient rappeler que la pollution marine prend des formes de plus en plus insidieuses. Des chercheurs brésiliens ont identifié, chez plusieurs requins, la présence de substances issues à la fois de médicaments courants et de drogues illicites, rapporte le New York Post.
L'étude, menée autour de l'île d'Eleuthera, s'appuie sur l'analyse de 85 échantillons sanguins prélevés sur différentes espèces. Les résultats sont préoccupants : 28 requins contenaient des traces de substances chimiques. La caféine arrive en tête, suivie de composés présents dans des antidouleurs largement utilisés, comme l'acétaminophène et le diclofénac.
Plus surprenant encore, deux spécimens présentaient des traces de cocaïne. Selon les chercheurs, ces animaux n'en consomment évidemment pas volontairement : ils mordent des objets pour les examiner et peuvent ainsi entrer en contact avec des paquets de drogue rejetés en mer.
Ce phénomène s'inscrit dans une tendance plus large. Les scientifiques soulignent que les produits pharmaceutiques et les drogues constituent désormais des "contaminants émergents" dans les milieux marins, en particulier dans les zones soumises à une forte pression touristique et urbaine.
Les requins analysés provenaient justement de zones fréquentées par les touristes et les plongeurs. Cela suggère que les eaux usées provenant des bateaux et des infrastructures côtières pourraient être une source majeure de contamination.
Les conséquences précises sur le comportement des requins restent encore incertaines. Toutefois, les chercheurs ont observé des modifications de certains indicateurs métaboliques chez les individus contaminés. Ces changements laissent penser que les animaux subissent un stress physiologique et dépensent davantage d'énergie pour éliminer ces substances de leur organisme.