
Viktor DEDAJ
C'est à la fin de 2007 que j'ai reçu un courriel d'un expéditeur (un pseudo) qui m'expliquait que Le Grand Soir (journal alternatif d'information militante, fondé en 2002) allait cesser son activité sauf si j'acceptais de le reprendre. J'étais la seule personne, m'expliquait-il, à qui ils faisaient confiance. Diantre. Moi qui envisageait justement à la même époque de prendre du recul par rapport au militantisme cybernétique. Ça faisait déjà pas mal d'années que j'animais (depuis les années 90) une lettre d'information quotidienne axée principalement sur Cuba (Cuba Solidarity Project), qui s'est ensuite élargie à l'Amérique latine et à la géopolitique en général. Il me fallait souffler. Mais voilà que soudain le sens du devoir me tirait par la manche. Comment laisser disparaître un média alternatif francophone majeur (à l'époque) ? Alors j'ai accepté.
Premier changement : le "journal alternatif d'information militante" est devenu le "journal militant d'information alternative". Mine de rien. Mais à part ça, l'esprit est resté à peu près le même. Avec peut-être un accent mis sur l'internationale et les traductions des "voix d'ailleurs". Et aussi la mise en pratique de ma devise : "il ne faut se prendre trop au sérieux mais il faut prendre ses combats très au sérieux". Mission accomplie ou non, à vous de nous le dire.
Mais l'âge et la fatigue ont accompli leur œuvre et je passe la main à d'autres, des p'tits jeunots (quoique) qui se feront connaître... s'ils en ont envie (On n'est jamais trop prudents par les temps qui courent).
Je n'ai jamais connu l'identité des fondateurs/animateurs du site et je n'ai jamais su s'ils regrettaient ou non leur choix. J'ai tenté un jour de poser la question, mais l'adresse du courriel initial n'existait plus.
A titre personnel, ce fut une belle expérience et je n'ai que peu de regrets.
Merci aux camarades qui m'ont accompagné, aux auteurs (parfois malgré eux), aux lecteurs qui nous ont fait confiance et qui continueront sans doute à le faire. Et une pensée émue à tous ceux que nous avons perdu en chemin.
Viktor Dedaj