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Des titres-restaurants.
Face à l'effondrement de la consommation en France, le gouvernement veut généraliser l'usage des titres-restaurants le dimanche. Une mesure de pouvoir d'achat qui s'attire les foudres des professionnels de la restauration.
Dans un contexte de consommation en berne et de flambée des prix, l'exécutif annonce la pérennisation des chèques-resto et leur extension dominicale pour soutenir les salariés, après avoir prolongé jusqu'en 2027 leur usage dans les supermarchés. De leur côté, les restaurateurs s'opposent à une telle mesure.
Une réforme qui transforme le titre-restaurant en "titre alimentaire"
Serge Papin, ministre du Commerce, du Tourisme et du Pouvoir d'achat, a dévoilé dans une interview parue le 4 avril dans le journal Le Parisien une réforme des titres-restaurants avant la fin de l'année. Créés en 2022 pour contrer la hausse des prix alimentaires, ces titres, utilisés par plus de cinq millions de salariés (un marché de plus de 10 milliards d'euros auprès de 244 000 commerçants), devaient s'arrêter fin 2026. Ils seront pérennisés, utilisables le dimanche (jours fériés exclus), et pourront être donnés à des associations.
Le gouvernement, qui avait envisagé une taxation lors de la préparation du budget 2026, prévoit aussi leur dématérialisation complète, leur restriction aux "commerces essentiellement alimentaires" et l'interdiction des rétrocommissions.
L'objectif affiché : "une mesure de liberté" et de pouvoir d'achat, alors que les répercussions de la guerre au Moyen-Orient font flamber carburants et énergie. Mais la mesure ravive la colère des restaurateurs, qui y voient un cadeau à la grande distribution.
Fin 2024, celle-ci captait déjà 31,5 % des dépenses en titres-restaurants (en hausse de neuf points depuis 2022), contre 39,5 % pour les restaurants traditionnels. "On est en train de faire crever notre profession", tonne Franck Chaumès, président national de la branche restauration de l'Umih. "Le ministre nous laisse les miettes", abonde Frank Delvau, président de l'Umih Paris Île-de-France, qui affirme par ailleurs que "900 millions d'euros [sont] détournés de la restauration vers la grande distribution" et que 25 restaurants ferment chaque jour en France.
C est 900 millions d euros détournés de la restauration vers la grande distribution, 25 restaurants ferment chaque jour @UMIHParisIDF t.co- Delvau Frank (@FrankDelvau) April 6, 2026
Catherine Quérard, présidente du Groupement Hôtellerie et restauration (GHR), dénonce "une vraie injustice". Selon elle, l'ouverture dominicale ne suffira pas, car les supermarchés sont de plus en plus ouverts le dimanche.
Le maire de Cannes et candidat à la présidentielle de 2027, David Lisnard, propose tout bonnement de supprimer les titres-restaurants, estimant qu'ils ne font que créer des intermédiaires entre consommateurs et restaurateurs.
Pouvoir d'achat ? Non, pouvoir de répartir la pénurie sur 7 jours et non plus sur 6. Grand progrès en perspective en Bureaucratistant, celui de pouvoir utiliser le dimanche son ticket de rationnement.Il y a une autre solution : cesser les machins qui détournent l'argent du... t.co
- David Lisnard (@davidlisnard) April 6, 2026
Les professionnels réclament un double plafond de dépenses (un pour la restauration, un pour la grande distribution) et pointent la différence de TVA (10 % au restaurant contre 5,5 % en supermarché). Certains évoquent même un boycott des titres-restaurants. Le texte doit être présenté au Parlement d'ici l'été. La bataille ne fait que commencer.