15/04/2026 francais.rt.com  3min #311080

France : l'Élysée refuse l'accès aux enquêteurs dans l'affaire du Panthéon

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Le Panthéon, en 2018, avec les dépouilles de la "militante" juive Simone Veil et de son mari.

Des enquêteurs de la brigade financière et anticorruption se sont présentés mardi matin au palais de l'Élysée dans le cadre d'une enquête sur l'attribution répétée de marchés publics à la société Shortcut Events pour l'organisation des cérémonies de panthéonisation.

L'accès au palais présidentiel français a été refusé aux enquêteurs de la brigade financière le 14 avril au nom de l'article 67 de la Constitution, qui protège l'inviolabilité des locaux. Des ordinateurs ont toutefois été remis volontairement aux magistrats dans le cadre de cette enquête émanant d'une information judiciaire ouverte le 2 octobre 2025 pour "favoritisme, prise illégale d'intérêt, corruption et trafic d'influence".

Soupçons sur vingt ans de contrats exclusifs

L'enquête, lancée à la suite d'une enquête préliminaire du parquet national financier en décembre 2023, porte sur les conditions d'attribution de marchés publics par le Centre des monuments nationaux (CMN) à la société Shortcut Events.

🚨💥 PERQUISITION SURPRISE À L'ÉLYSÉE CE MATIN !

La brigade anticorruption débarque au Palais et fouille les contrats avec Shortcut Events pour les cérémonies au Panthéon... de 2002 à 2024.

22 ans de magouilles présumées sous 4 présidents.

Le Canard Enchaîné vient de lâcher une...  pic.twitter.com/j4yyzLdX2K

- GDams (@Gdams70)  April 14, 2026

Fondée en 1996, cette entreprise d'événementiel a organisé, seule, toutes les cérémonies de panthéonisation de 2002 à 2024 : de Simone et Antoine Veil à  Joséphine Baker ou Maurice Genevoix, facturant à chaque fois à l'État environ deux millions d'euros. Elle a également piloté l'inauguration de la Cité de la langue française à Villers-Cotterêts ou  les commémorations du 80e anniversaire du Débarquement.
Selon le procureur financier Pascal Prache, les perquisitions visaient plusieurs lieux, dont des services de l'Élysée et des domiciles privés. "Toutefois, l'accès aux services de l'Élysée n'a pas été autorisé", a-t-il précisé dans un communiqué. Les enquêteurs se sont vu opposer une analyse juridique selon laquelle l'article 67 de la Constitution emporterait "l'inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République".
L'Élysée a confirmé avoir remis "volontairement" les ordinateurs demandés, "détachables de l'activité du chef de l'État", soulignant une collaboration "régulière" avec la justice.

 Cette affaire rappelle la dernière perquisition à l'Élysée, en juillet 2018, dans le bureau d'Alexandre Benalla. Elle intervient alors que la société Shortcut Events a perdu, en 2025, le marché de la  panthéonisation de Robert Badinter au profit d'une autre agence, marquant une première rupture après plus de vingt ans de monopole. L'enquête se poursuit.

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