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Keir Starmer, Premier ministre britannique.
Alors que les tensions s'intensifient au sein du Parti travailliste, Keir Starmer envisagerait désormais un départ volontaire du pouvoir. D'après la presse britannique, le Premier ministre chercherait à organiser sa sortie sans provoquer une nouvelle crise politique, sur fond de pressions croissantes et de revers électoraux.
La position de Keir Starmer apparaît de plus en plus fragile au Royaume-Uni. Selon le Daily Mail, le chef du gouvernement britannique envisagerait désormais de quitter ses fonctions de sa propre initiative, alors que les critiques et les appels à sa démission se multiplient au sein même du Parti travailliste.
D'après des sources gouvernementales citées par le média, le Premier ministre serait conscient que la situation politique actuelle ne peut plus durer longtemps. L'un des interlocuteurs du journal affirme que Keir Starmer chercherait avant tout à organiser son départ "selon ses propres conditions et dans un cadre qu'il jugerait approprié".
Aucune date précise n'aurait toutefois encore été arrêtée. Plusieurs proches du chef du gouvernement lui recommanderaient d'attendre les premiers résultats des élections partielles prévues à Makerfield avant toute annonce officielle. L'ancien directeur de cabinet de Starmer, Morgan McSweeney, ferait notamment partie de ceux qui lui demandent de rester en poste, estimant qu'une victoire reste possible.
Le scrutin partiel du 18 juin dans cette circonscription attire une attention particulière après le départ du député travailliste Josh Simons. Selon les informations évoquées dans la presse britannique, les travaillistes craignent de perdre ce bastion historique face à la montée du parti Reform UK. En mai, le Parti travailliste a enregistré des résultats décevants lors des élections locales au Royaume-Uni. Keir Starmer lui-même a reconnu des résultats "difficiles".
Lâché par son propre camp
Un autre responsable cité par le Daily Mail estime que le Premier ministre ne souhaiterait pas attendre l'issue des élections partielles, afin d'éviter une humiliation politique plus importante. Selon cette source, une victoire éventuelle du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, pourrait donner l'impression qu'il aurait forcé Keir Starmer à quitter le pouvoir.
La pression interne continue également de s'accentuer. Cette semaine, quatre ministres ont quitté leurs fonctions après avoir appelé le chef du gouvernement à démissionner. Plus de 80 parlementaires auraient déjà exprimé leur souhait de voir Keir Starmer quitter son poste. Le Premier ministre avait pourtant affirmé qu'il ne comptait pas partir, avertissant qu'une bataille pour le leadership risquerait de plonger le gouvernement dans une nouvelle période de chaos.
Selon Bloomberg, le dirigeant travailliste, arrivé au pouvoir avec la promesse de restaurer la stabilité politique après plusieurs années de crises chez les conservateurs, se retrouve désormais lui-même au coeur d'une profonde tempête politique. L'agence souligne qu'une part importante des députés travaillistes soutiendrait désormais l'idée de son départ. Toujours selon le média américain, l'un des épisodes les plus sensibles pour le Premier ministre aurait été un échange avec le secrétaire d'État à la Sécurité énergétique et à la Neutralité carbone, Ed Miliband, considéré comme l'un de ses alliés de longue date. Ce dernier lui aurait demandé de fixer un calendrier clair pour son retrait du pouvoir.