03/06/2026 francais.rt.com  4min #315936

France : le Sénat inflige un revers au gouvernement sur la programmation militaire

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Défilé militaire du 14 juillet 2017 sur les Champs-Élysées. [Photo d'illustration]

Au Sénat, le gouvernement français a essuyé le 2 juin un revers inattendu sur la loi de programmation militaire. La droite a fait rejeter l'article clé actant 36 milliards d'euros supplémentaires pour les armées après le rejet de sa propre demande de rallonge à 50 milliards.

Une passe d'armes inattendue a secoué le Sénat le 2 juin au soir lors de l'examen de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM). Alors que le texte, adopté largement à l'Assemblée, semblait devoir passer en douceur à la Chambre haute, les débats ont tourné à la confrontation sur le volet budgétaire.

Dans un contexte de tensions internationales, le projet gouvernemental porte les dépenses militaires à 436 milliards d'euros d'ici 2030, soit 36 milliards  de plus que la précédente LPM. Les sénateurs LR, menés par Cédric Perrin, président de la commission de la défense, réclamaient une enveloppe supplémentaire de 14 milliards d'euros, portant l'effort à 50 milliards, soit plus que les 8,5 milliards d'euros réclamés  par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Ce dernier n'avait pas hésité à jouer la carte de la nécessité d'une France militairement forte à la tribune de la Chambre haute : "Préparer la défense de la nation n'est pas préparer la guerre ! C'est donner à la paix les moyens de durer. La Russie nous regarde. La Chine nous regarde, les États-Unis nous regardent, les pays émergents nous regardent. Tous se demandent si l'heure de dépecer la vieille Europe a enfin sonné."

Actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 : "Préparer la défense de la nation n'est pas préparer la guerre ! C'est donner à la paix les moyens de durer.
La Russie nous regarde. La Chine nous regarde, les Etats-Unis nous regardent, les pays émergents nous...  pic.twitter.com/SnqSLUqxVb

- Cédric Perrin (@cperrin90)  June 2, 2026

"Nous avons assisté toute la journée à un déploiement d'efforts d'un ministre des Armées qui s'est battu pour faire baisser son budget de 14 milliards d'euros. C'est incompréhensible", a-t-il ensuite déploré Cédric Perrin, évoquant des "menaces et pressions venues de Matignon".

La proposition LR a été rejetée de justesse, à cinq voix près, grâce à une alliance entre la ministre Catherine Vautrin et les socialistes, qui réclament qu'un tel effort financier soit "soutenable économiquement, budgétairement et socialement".

🪖 Note amendement pour poursuivre la trajectoire budgétaire de la loi de programmation militaire a été adoptée.
Dans le contexte actuel, la Nation doit faire un effort de défense mais doit être soutenable économiquement, budgétairement et socialement.  pic.twitter.com/cPhn9NlvVL

- Sénatrices et sénateurs socialistes 🇪🇺 (@senateursPS)  June 3, 2026

En réaction, la droite a obtenu le rejet pur et simple de l'article phare du texte, qui fixait la trajectoire budgétaire jusqu'en 2030.

Catherine Vautrin, macroniste passée par Les Républicains, avait plaidé pour le réalisme : "Trente-six milliards, c'est déjà beaucoup d'argent. Honnêtement, 50 milliards entre maintenant et 2030, c'est un objectif qui nous paraît extrêmement difficile à financer."

Cela complique la tâche pour le ministre des Armées et pour Emmanuel Macron, qui espéraient une adoption définitive avant le 14 juillet afin d'éviter d'arriver au défilé annuel parisien sans cap budgétaire en matière militaire. La trajectoire budgétaire, indicative, pourra être rétablie en commission mixte paritaire, mais le signal politique est net dans une période de fragilités budgétaires et à l'approche de l'élection présidentielle.

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