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Un fourgon de police à Nantes
La ville de Nantes en Loire Atlantique a connu une quatrième fusillade mortelle en moins d'un mois, un jeune de 18 ans a été abattu en plein jour dans le quartier de La Bottière sur fond de narcotrafic. "Nantes s'enfonce dans une spirale meurtrière", alerte le syndicat Unsa Police 44.
Cette nouvelle tragédie, survenue le 4 juin vers 12h30 dans un espace vert du quartier de La Bottière, confirme l'escalade de la violence liée au trafic de drogue. Selon le procureur Antoine Leroy, la victime, un jeune homme de 18 ans "visiblement recherché et ciblé", a été touchée par au moins cinq impacts de balles tirés par des individus cagoulés sur deux motos électriques.
Les tireurs sont revenus pour l'achever à bout portant. La ville de Nantes connaît une recrudescence de violences depuis plusieurs années.
Impuissance politique et colère policière
Wahib, éducateur sportif depuis plus de 20 ans dans le quartier, témoigne à la presse locale : "Ça a passé un cap depuis un mois. Avant ça tirait, mais ça ne tuait pas. C'est très inquiétant ce qu'il se passe".
Un habitant anonyme ajoute : "C'est un parc où des enfants peuvent traîner, il y a des écoles à côté. On a vu la violence monter depuis plusieurs années, il y a eu des fusillades, maintenant des morts".
Sur X, la maire socialiste Johanna Rolland a réagi : "Après ce nouveau drame, j'ai réuni une cellule de crise avec les élus et les services. Face au narcotrafic, à ces règlements de compte, la Ville est mobilisée aux côtés de l'État, pour lutter contre ce fléau".
Après ce nouveau drame, j'ai réuni une cellule de crise avec les élus et les services.Face au narcotrafic, à ces règlements de compte, la Ville est mobilisée aux côtés de l'Etat, pour lutter contre ce fléau,accompagner les habitants et soutenir les équipes et acteurs de terrain. pic.twitter.com/7NsDXwIZ7q- Johanna Rolland (@Johanna_Rolland) June 4, 2026
L'adjoint à la sécurité Denis Tallédec pointe le manque de moyens : "Nantes est comme les autres villes touchées par ce phénomène. Il faut mettre les moyens à l'échelle locale, nationale et européenne".
Il plaide pour un service de renseignement dédié au narcotrafic.
Le syndicat Unsa Police 44 dénonce quant à lui une "spirale meurtrière" et réclame des "renforts immédiats".
Le Syndicat des Cadres de la Sécurité Intérieure dénonce de son côté cette explosion de la criminalité vu depuis le prisme de la police.
Quatrième mort par balles en un mois à #Nantes.
Une routine pour les criminels.
Le cauchemar pour les habitants.
Et pour les policiers ?
Une violence qui devient la norme, et des moyens qui stagnent. #soutienFDO. t.co pic.twitter.com/noyQC0NgQC- Officiers et Commissaires de police (@PoliceSCSI) June 4, 2026
Foulques Chombart De Lauwe, le conseiller municipal LR Nouvelle Énergie, dénonce : "La réponse de la Ville relève de l'angélisme et du déni de réalité. L'État doit agir. La Ville aussi !"
La série des meurtres de jeunes Nantais continue sur fond de trafic de drogues. Tout mon soutien à la famille et aux habitants de la Bottiere.La réponse de la Ville relève de l'angélisme et du déni de réalité.
L'Etat doit agir. La Ville aussi ! t.co
- Foulques Chombart de Lauwe (@Foulques44) June 4, 2026
Ce drame est le quatrième depuis fin avril : un jeune de 23 ans tué le 28 avril à La Bottière, un adolescent de 15 ans le 14 mai à Port-Boyer, et un homme d'une vingtaine d'années le 26-27 mai à La Halvêque. Malgré les annonces de renforts policiers et la visite du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, les habitants, épuisés, expriment leur désarroi et leur envie de quitter le quartier. La guerre des points de deal continue de faire saigner Nantes dans un contexte national de montée de la criminalité.