17/06/2026 french.presstv.ir  3min #317399

Les consommateurs britanniques financent l'électricité consommée en France

En raison des subventions accordées à la filière éolienne et des faiblesses structurelles du réseau électrique du Royaume-Uni, une partie de l'électricité consommée en France est indirectement financée par les consommateurs britanniques, selon un rapport publié le 16 juin par le journal britannique The Telegraph. Ce mécanisme paradoxal pourrait encore prendre de l'ampleur dans le cadre du rapprochement avec l'Union européenne souhaité par Keir Starmer.

Cet article a mis en lumière les critiques formulées par plusieurs médias ainsi que par des acteurs du secteur énergétique. Selon eux, les contribuables britanniques supportent le coût d'un système qui permet l'exportation vers la France d'une électricité éolienne vendue à faible prix.

Pendant ce temps, des centrales à gaz situées au Royaume-Uni sont mobilisées afin de maintenir l'équilibre du réseau électrique national.

Ce dispositif repose sur les "Contracts for Difference" (CfD), un mécanisme garantissant un tarif fixe aux producteurs d'énergie éolienne. Lorsque le prix du marché descend en dessous de ce seuil, la différence est compensée par un mécanisme financé via les factures d'électricité britanniques. Or, la majorité des parcs éoliens du pays est implantée en Écosse et dans le nord du Royaume-Uni, loin des principaux bassins de consommation situés dans le sud de l'Angleterre.

Lors des journées très venteuses, la production excédentaire ne peut pas toujours être acheminée vers le sud en raison de la saturation des infrastructures de transport à haute tension. Cette électricité excédentaire est alors exportée vers la France via les interconnexions sous-marines, où elle arrive à bas prix.

Dans le même temps, afin de répondre à la demande intérieure et de préserver l'équilibre du réseau britannique, des centrales à gaz implantées dans le sud-est du pays sont mises en service. Cette situation entraîne ainsi un double coût pour les contribuables : le financement des subventions accordées à l'éolien et celui de la production supplémentaire d'électricité à partir du gaz.

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Selon Octopus Energy, principal fournisseur d'énergie du Royaume-Uni, ce dysfonctionnement pourrait représenter un coût cumulé pouvant atteindre 16 milliards de livres sterling entre 2030 et 2050, soit environ 770 millions de livres par an en moyenne.

Jack Pardoe, responsable des politiques publiques chez Octopus, a déclaré devant la Chambre des Lords : "Si j'étais au gouvernement et que la priorité était de réduire les factures, je prioriserais la réparation de notre propre toiture".

Sur X, l'opposition conservatrice et de nombreux internautes ont vivement réagi. Claire Coutinho, ministre de l'Énergie du cabinet fantôme, a écrit : "Nous allons devoir payer des milliards aux parcs éoliens simplement pour qu'ils s'arrêtent, car notre système énergétique devient moins productif et beaucoup plus coûteux".

Le gouvernement Starmer défend son projet de renforcement de la coopération énergétique avec l'UE, arguant qu'il s'agit d'un "échange à double sens" permettant d'importer de l'électricité nucléaire française quand le vent faiblit.

Mais les critiques, notamment issus des rangs conservateurs, craignent que l'intégration plus poussée au marché européen n'aggrave les exportations de surplus subventionné.

Ce débat met en lumière les défis de la transition énergétique britannique : développement rapide des renouvelables sans renforcement suffisant du réseau. Les Français, eux, bénéficient ainsi parfois d'une électricité éolienne britannique bon marché même si les perspectives en la matière ne sont pas favorables selon EDF, tandis que les ménages du Royaume-Uni supportent le poids financier de ce système.

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