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Aux Pays-Bas, un enfant gravement malade de moins de 12 ans a été euthanasié pour la première fois depuis l'élargissement de la loi en 2024. Cette annonce relance les débats sur la fin de vie, y compris en France, où certains y voient l'ouverture d'une boîte de Pandore.
Les autorités néerlandaises ont confirmé qu'un enfant atteint d'une maladie incurable a été euthanasié à la fin de l'année 2025.
Les Pays-Bas pratiquent pour la première fois l'euthanasie d'un enfant de moins de 12 ans.
L'année 2024 a de nouveau battu un record avec 9 958 cas, soit 10 % de plus que l'année précédente. Au total, l'euthanasie représente 5,8 % des 172 049 décès enregistrés dans le pays. pic.twitter.com/EReUN6H4vX- Un baron fou (@EuropaMagnifica) June 24, 2026
Il s'agit du premier cas depuis l'entrée en vigueur, en février 2024, de la réglementation autorisant cette pratique pour les mineurs âgés de un à douze ans souffrant de douleurs insupportables et sans perspective d'amélioration.
Un précédent lourd de conséquences
Les détails restent confidentiels : ni l'âge précis, ni le sexe, ni la pathologie de l'enfant n'ont été divulgués. La ministre de la Santé, Sophie Hermans, a présenté ce cas dans le rapport annuel du comité de contrôle lors d'une session parlementaire. Le médecin responsable a signalé l'acte a posteriori, conformément au système néerlandais. Une commission composée de médecins, d'un juriste et d'un éthicien a examiné le dossier avant de le transmettre au parquet. L'information n'a pas manqué de choque en France en plein débat sur l'euthanasie à l'Assemblée nationale : "La souffrance n'a pas d'âge. Mais voulons-nous d'une société qui abandonne l'enfant qui souffre ?", s'interroge ainsi sur X Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la Vie.
Moins de 12 ans...🇳🇱 Au Pays-Bas, pour la première fois depuis l'élargissement de la loi, un enfant de moins de 12 ans a été euthanasié à la demande de ses parents et des médecins.
Le contrôle - comme prévu dans la loi Française si elle est adoptée - se fera a posteriori,...
- Marie-Lys Pellissier (@MarieLys_Pell) June 24, 2026
Contrairement à l'euthanasie des adultes, la demande n'émane pas du patient lui-même. Les parents doivent donner leur consentement, et les médecins attestent l'absence "d'alternatives raisonnables", comme une sédation palliative approfondie.
Le cadre se limite officiellement aux cas où la mort est imminente, notamment malformations congénitales sévères ou maladies métaboliques graves. Le gouvernement avait estimé que cinq à dix cas par an seraient concernés.
Les Pays-Bas, pionniers mondiaux depuis 2002, ont progressivement élargi leur législation : d'abord aux mineurs de plus de douze ans en 2014, puis aux moins de douze ans en 2024. En 2024, près de 10 000 euthanasies ont été recensées, soit 5,8 % des décès. Les cas pour démence ont également explosé. C'est ce qui inquiète les opposants à l'euthanasie en France qui appellent à une manifestation le dimanche 28 juin à Paris tandis qu'un rassemblement avait lieu le 23 juin aux Invalides à l'initiative du groupe "Les Éligibles et leurs Aidants".
A Paris, au rassemblement de @leseligibles, pour manifester notre inquiétude devant une loi libertaire, individualiste, et in fine validiste. #euthanasie #suicideassiste pic.twitter.com/zVekn02zFn- Erwan Le Morhedec (@koztoujours) June 23, 2026
En France, alors que le projet de loi sur la fin de vie est débattu, cet événement alimente les craintes d'un glissement progressif pour un texte poussé par le président Macron.
Ce premier cas néerlandais illustre comment une exception médicale peut devenir une pratique institutionnalisée, interrogant les limites éthiques d'une société qui choisit d'abréger la vie des plus vulnérables.