30/06/2026 ssofidelis.substack.com  21min #318616

Guide de révolution populaire pour tous ceux qui en ont marre d'attendre

Par  Spencer Gray, le 24 juin 2026

Pourquoi le système est en train de couler

Le gouvernement n'est pas défaillant. Il fonctionne exactement comme prévu.

Il a été conçu pour servir les riches et les puissants. Pour protéger leur fortune tandis que le reste d'entre nous travaille jusqu'à l'épuisement pour quelques miettes. Vous le saviez déjà. Vous l'avez constaté chaque fois que vous avez dû choisir entre payer votre loyer ou acheter à manger. Chaque fois que vous avez vu des politiciens promettre le changement sans jamais tenir parole. Chaque fois que la police a protégé les biens plutôt que les individus.

Cessez de prétendre que des réformes vont régler ce problème. Cela n'arrivera jamais.

Ils vous donneront juste assez pour vous faire taire. Une petite augmentation de salaire sans commune mesure avec l'inflation. Un système de santé qui vous ruine quoi qu'il arrive. Une réduction des prêts étudiants assortie de tant de conditions que personne n'y a droit. Ce ne sont pas des solutions. Ce sont des soupapes de décompression. Des moyens de vous faire évacuer la pression pour que vous ne réalisiez pas que c'est tout le système qu'il faut faire disparaître.

Ceux qui détiennent le pouvoir ne sont pas stupides. Ils savent très bien ce qu'ils font. Chaque compromis proposé vise à vous maintenir prisonniers d'un système qui vous détruit. Chaque évolution progressive doit vous faire croire que le progrès est possible si vous votez simplement avec plus de conviction la prochaine fois.

Au diable tout ça.

Le véritable changement ne viendra pas en suppliant ceux qui détiennent le pouvoir d'être moins cruels. Il viendra en construisant un monde meilleur et en réduisant leur système à néant. Pas en réformant l'État, mais en lui retirant tout pouvoir. Pas en remportant des élections, mais en créant des communautés qui n'ont plus besoin de leurs couillonnades.

Ce n'est pas de la théorie. Ça se passe en ce moment même.

Regardez l'Albanie aujourd'hui. La Révolution des Flamants roses. Des milliers de personnes se sont rassemblées chaque jour pendant plus de trois semaines pour protester contre un complexe touristique à 4 milliards de dollars soutenu par Trump, Kushner et Ivanka. Enseignants, étudiants, familles. Bon sang, même les grand-mères sont là, brandissant leur poêle à frire façon sabre Cutlass. Une foule de gens ordinaires, debout sur un terrain côtier protégé, scandant "L'Albanie n'est pas à vendre". Ils ont tenu tête à l'une des familles les plus puissantes du monde. Et rien ne les a arrêtés. Ils sont toujours là. Ils continuent de s'organiser. Ils continuent de se mobiliser.

Voilà ce qui se passe quand les gens prennent conscience de leur nombre. Quand ils cessent de se sentir impuissants et commencent à agir en tant que majorité.

Voilà ce qui peut arriver quand les gens cessent de demander la permission et commencent à s'organiser.

Le système est déjà en train de mourir. Nous sommes dans la phase terminale du capitalisme. Nous n'essayons pas de le tuer. Nous travaillons à construire ce qui viendra après, tandis qu'il s'effondre sous le poids de sa propre corruption. La seule question est de savoir si nous sommes prêts à le construire.

Ce que signifie réellement le pouvoir collectif

Oui, oublions la propagande. Les communautés auto-organisées ne sont pas synonymes de chaos. C'est tout l'inverse.

Le pouvoir collectif signifie que les gens prennent ensemble des décisions sur les sujets qui affectent leur vie. Pas de politiciens. Pas de bureaucrates. Pas d'intermédiaires qui réclament leur part. Juste des citoyens qui déterminent ce dont ils ont besoin et travaillent ensemble à leur objectif.

Ce concept n'est pas une utopie. C'est ainsi que les humains se sont organisés pendant la majeure partie de l'histoire. Avant les États. Avant le capitalisme. Avant qu'un petit groupe de pourris convainque tout le monde qu'on a besoin d'eux pour survivre.

Voilà à quoi cela peut ressembler concrètement.

La démocratie directe au niveau local. Des assemblées municipales où chacun a son mot à dire, pas seulement celles et ceux qui ont les moyens de faire pression. Des décisions prises par les personnes concernées. Si votre quartier a besoin d'un jardin communautaire, vous n'allez pas adresser une pétition au conseil municipal et attendre deux ans. Vous en parlez à vos voisins, vous trouvez un terrain et vous commencez à cultiver des légumes.

L'entraide plutôt que la charité. La charité, c'est quand les riches vous donnent leurs restes et se sentent bien dans leur peau. L'entraide, ce sont ces voisins prêts à rendre service à leurs voisins, car nous sommes tous dans le même bateau. Tu gardes mes enfants, je répare ta voiture. Tu m'apprends à jardiner, je t'apprends à coder. Nous partageons ce que nous avons, car les communautés fortes reposent sur la réciprocité, et non sur des transactions.

Une organisation horizontale plutôt qu'une hiérarchie. Pas de patrons. Pas de dirigeants qui prennent des décisions pour les autres. Des responsabilités partagées. Un pouvoir réparti. Si quelqu'un tente de dominer, le groupe le remet à sa place. Si quelqu'un ne fait pas sa part, la communauté aborde le problème directement.

Des coopératives de travailleurs plutôt que des entreprises. Ce sont ceux qui font le travail qui possèdent l'entreprise et prennent les décisions. Les bénéfices sont partagés. Personne n'exploite la valeur du travail d'autrui. Vous voulez une boulangerie dans votre quartier ? Créez une coopérative. Tous ceux qui y travaillent ont le même droit à la parole.

Ça n'a rien de compliqué. C'est en fait beaucoup plus simple que le cauchemar bureaucratique dans lequel nous vivons actuellement.

Le plus difficile n'est pas de le comprendre. Le plus difficile est de se défaire du mensonge selon lequel nous aurions besoin de l'État pour fonctionner. C'est faux. Nous n'en avons jamais eu besoin. Ce sont eux qui ont besoin de nous. C'est nous qui faisons tout le vrai travail. Cultiver, construire des maisons, enseigner aux enfants, soigner les malades. Eux, ils ne font que prélever leur part et appellent ça de la gouvernance.

Le pouvoir communautaire, c'est se réapproprier notre vie. Mettre en place des systèmes au service des citoyens plutôt que du profit. Prendre des décisions ensemble plutôt qu'être gouvernés. Créer l'abondance par la coopération plutôt que la pénurie par la concurrence.

C'est reconnaître que nous sommes des millions et qu'ils ne sont que quelques milliers. Nous les surpassons en nombre. Nous avons les compétences. Nous disposons de tout pour réussir, sauf la conviction que nous pouvons y arriver sans eux.

C'est cette conviction-là que nous sommes en train de construire.

Commencez où vous êtes : agissez localement

La révolution ne commence pas par un manifeste, une milice ou une marche sur la capitale. Elle commence dans votre quartier. Avec les gens de votre rue. Ceux que vous croisez à l'épicerie.

Commencez par apprendre à connaître vos voisins. Pas seulement leurs noms. Ce dont ils ont besoin. Ce qu'ils savent bien faire. Ce qui leur pose problème.

Frappez aux portes. Présentez-vous. Posez des questions. Écoutez. Vous découvrirez que la tatoueuse aux cheveux bleus, un peu plus loin dans la rue, est douée pour réparer des objets mais n'a pas les moyens de payer ses médicaments. Que le jeune couple de hippies d'à côté veut jardiner mais ne sait cultiver que de l'herbe. Que l'adolescent qui vit trois maisons plus loin est un as de l'informatique mais que sa famille n'a pas les moyens de lui payer ses études supérieures.

Ce sont vos proches. Votre communauté. Le fondement de tout ce que vous comptez construire.

Organisez une fête de quartier. Vraiment. Obtenez une autorisation s'il le faut, ou lancez-vous tout simplement. Fermez la rue à la circulation pendant un après-midi. Chacun apporte à manger. Les enfants jouent. Les adultes discutent. Vous allez voir votre quartier comme une communauté plutôt que comme un assortiment d'inconnus.

C'est là que commence l'organisation. Pas dans une cellule révolutionnaire abstraite. Dans votre quartier, avec vos voisins.

Identifiez ensemble les besoins. Qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Qu'est-ce qui pourrait être amélioré ?

Peut-être s'agit-il de l'accès à l'alimentation. La moitié de votre quartier est un "désert alimentaire" et les gens dépensent trop d'argent en cochonneries à l'épicerie du coin. Peut-être s'agit-il de garde d'enfants. Les parents croulent sous leurs obligations entre le travail et leurs enfants. Peut-être faut-il renforcer les compétences. Les gens ont besoin d'apprendre, mais n'ont pas les moyens de suivre des cours.

Choisissez un thème. Commencez modestement. N'essayez pas de tout résoudre d'un seul coup.

Formez un noyau dur. Trouvez trois à cinq personnes qui souhaitent sérieusement faire bouger les choses. Rencontrez-vous régulièrement. Chaque semaine si possible. Élaborez des plans. Répartissez-vous les tâches. Assurez-vous mutuellement de tenir vos engagements.

Ce groupe deviendra le noyau dur. Au fur et à mesure que vous avancerez, d'autres vous rejoindront. Mais vous avez besoin de ce noyau de personnes engagées présentes régulièrement.

Lancez un projet qui réponde à un besoin réel. Un frigo communautaire. Une banque d'outils. Un partage de compétences. Une coopérative de garde d'enfants. Quelque chose de concret qui améliore la vie des gens dès aujourd'hui.

Documentez tout. Prenez des photos. Notez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Partagez votre démarche. D'autres quartiers s'y intéressent aussi. Apprenez les uns des autres.

Entrez en contact avec d'autres groupes. Vous n'êtes pas les seuls à vous organiser. Trouvez les réseaux d'entraide de votre ville. Les syndicats de locataires. Les jardins communautaires. Les coopératives. Tissez des liens. Partagez vos ressources. Soutenez le travail des uns et des autres.

C'est ainsi que l'on se construit du pouvoir. Pas en attendant que quelqu'un vous le donne. Mais en le créant grâce à des relations et à une collaboration.

Votre quartier est un laboratoire. Vous expérimentez de nouvelles façons de vous organiser. Certaines initiatives échoueront. C'est normal. Adaptez-vous et réessayez. L'important, c'est d'apprendre par la pratique.

Au fur et à mesure que vos projets prendront de l'ampleur, vous aurez besoin de plus de structure. Créez des groupes de travail pour différents domaines : l'alimentation, le logement, l'éducation, la santé. Laissez chacun s'impliquer là où ses compétences et ses centres d'intérêt le permettent.

Prenez les décisions ensemble. Recourez au consensus quand c'est possible. Au vote à la majorité quand c'est nécessaire. Mais veillez toujours à ce que chaque voix soit entendue. Surtout celles de ceux qui tendent à être marginalisés.

C'est la base. Tout le reste peut s'appuyer là-dessus. Une révolution ne peut avoir lieu sans un grand nombre de révolutionnaires. Les révolutionnaires ne peuvent exister sans communautés. Et les communautés ne peuvent exister sans relations.

Commencez là où vous êtes. Construisez au niveau local. Créez des liens au niveau régional. Voilà comment cela se propage.

Créez des réseaux d'entraide

L'entraide n'est pas la charité. La charité, c'est quand les riches vous donnent leurs restes en attendant de la gratitude. L'entraide, c'est quand les voisins prennent soin les uns des autres parce qu'ensemble, nous sommes plus forts.

C'est aussi l'infrastructure pratique de la révolution. Lorsque les communautés peuvent subvenir à leurs propres besoins, elles n'ont pas besoin de l'État. Tel est l'objectif.

Commencez par l'alimentation. Tout le monde a besoin de manger. C'est dans le domaine alimentaire que l'entraide se concrétise rapidement.

Les réfrigérateurs communautaires, c'est simple. Procurez-vous un réfrigérateur. Installez-le dans un endroit accessible. Remplissez-le de nourriture. Chacun peut prendre ce dont il a besoin et donner ce qu'il peut. Pas de questions. Pas de conditions de ressources. Pas de bureaucratie.

Vous pouvez en mettre un en place dès cette semaine. Trouvez un réfrigérateur sur Craigslist. Obtenez l'autorisation de l'installer devant un commerce ou une église bienveillante. Branchez-le. Faites passer le mot. Les gens l'utiliseront.

Ensuite, passez à l'échelle supérieure. Jardins communautaires. Groupes d'achat en gros. Coopératives alimentaires. L'objectif, c'est la souveraineté alimentaire. Que votre communauté contrôle son propre approvisionnement alimentaire au lieu de dépendre des entreprises et des chaînes d'approvisionnement conçues pour générer du profit.

Le logement est la prochaine étape. Le loyer, c'est du vol. Les propriétaires sont des parasites. Nous le savons tous. Alors, que faire ?

Des syndicats de locataires. Organisez-vous au sein de votre immeuble. Négociez collectivement avec les propriétaires. Coordonnez des grèves de loyer lorsqu'ils tentent d'augmenter le prix ou refusent d'effectuer des réparations. L'union fait la force. Un locataire pauvre qui se plaint sera ignoré. Trente locataires agissant ensemble obtiendront des résultats.

Des coopératives de logement. Mettez vos ressources en commun pour acheter collectivement des biens immobiliers. Tous ceux qui y vivent en sont copropriétaires. Pas de propriétaire. Pas d'extraction de profit. Juste des gens qui se logent eux-mêmes.

Squat. Il y a plus de logements vides que de sans-abri. C'est scandaleux. Occupez les immeubles vides. Transformez-les en logements. Défendez-les collectivement. Faites en sorte que l'expulsion coûte trop cher aux propriétaires.

Santé. Le système de santé est conçu pour nous ruiner. On peut faire mieux.

Secouristes de rue. Formez des gens aux premiers secours et aux soins médicaux de base. Préparez du matériel. Prenez soin les uns des autres lors des manifestations et au quotidien.

Partage de médicaments. Les personnes qui ont des médicaments en trop les partagent avec celles qui n'ont pas les moyens de se les procurer. Les diabétiques aident d'autres diabétiques à se procurer de l'insuline. Les personnes sous antidépresseurs aident d'autres à accéder à ces médicaments. C'est illégal dans la plupart des pays. Faites-le quand même. Sauver des vies importe plus que leurs lois.

Agents de santé communautaires. Des personnes formées pour gérer les problèmes de santé basiques, orienter les gens vers les ressources disponibles et prodiguer des soins qui ne nécessitent pas l'intervention d'un médecin. C'est particulièrement important dans les communautés que le système de santé a laissé pour compte.

Coopératives de garde d'enfants. Les parents sont débordés. Dans la plupart des villes, la garde d'enfants coûte plus cher que le loyer. La solution est collective.

Créez une coopérative. Les parents s'occupent à tour de rôle de tous les enfants. Vous vous en occupez le lundi, moi le mardi, quelqu'un d'autre le mercredi. Du coup, la garde d'enfants est gratuite et les enfants grandissent au sein de la communauté plutôt que dans l'isolement.

Ou mettez votre argent en commun pour payer quelqu'un. Mais cette personne rend des comptes à la coopérative, pas à une entreprise. Et le coût est réparti entre les familles plutôt que de payer chacune le prix fort.

Partage de compétences. Tout le monde sait faire quelque chose d'utile. Tout le monde a besoin d'apprendre quelque chose.

Organisez des ateliers de partage de compétences. Des cours gratuits où chacun enseigne ce qu'il sait. Réparation de vélos. Jardinage. Programmation. Couture. Cuisine. Autodéfense. Tout ce dont les gens ont besoin.

Créez une base de données des compétences. Qui, dans votre communauté, sait faire quoi ? Quand quelqu'un a besoin d'aide, il sait à qui s'adresser. Quand quelqu'un veut apprendre, il sait qui peut l'enseigner.

Bibliothèques d'outils. Pourquoi chacun aurait-il besoin de sa propre perceuse ? Partagez les outils. Une banque d'outils de quartier au lieu de cinquante perceuses qui prennent la poussière dans les garages.

C'est ainsi que l'on construit une infrastructure au service des gens plutôt que du profit. Chaque réseau d'entraide créé est une ressource en moins à attendre du système. Une façon de plus pour votre communauté d'atteindre l'autosuffisance.

L'État s'en rendra compte. Il tentera de vous réglementer. De vous faire fermer. Prétendra que vous avez besoin de permis, de licences et d'assurances. Ignorez-le quand vous le pouvez. Conformez-vous au strict minimum lorsque vous y êtes obligé. Continuez à bâtir.

Vous ne demandez pas la permission. Vous répondez à des besoins. S'ils veulent arrêter des gens pour avoir nourri leurs voisins, qu'ils essaient. Ça fera très mauvaise impression et vous aurez le soutien de la communauté.

C'est ainsi qu'on rend l'État inutile. Non pas en l'affrontant directement, mais en développant des alternatives qui fonctionnent mieux. Quand votre communauté peut se nourrir, se loger et prendre soin d'elle-même, à quoi l'État sert-il ?

À rien. Là est le but.

L'importance de la théorie et de l'éducation

Vous ne pouvez rien bâtir si vous ne comprenez pas ce que vous construisez ni pourquoi. La théorie compte. L'histoire compte. L'apprentissage compte.

Mais ne laissez pas la théorie vous paralyser. Vous n'avez pas besoin de lire tous les livres avant de commencer à vous organiser. Vous devez comprendre les bases et apprendre le reste par la pratique.

Commencez par les fondamentaux. Que cherchez-vous réellement à construire ?

Des communautés qui s'organisent sans hiérarchie. Où les décisions qui affectent leur vie sont prises collectivement. Où les ressources sont partagées en fonction des besoins, et non du profit. Où le pouvoir est réparti plutôt que concentré.

C'est l'essentiel. Le reste n'est que détails.

Lisez un peu d'histoire. Inspirez-vous de ceux qui ont déjà tenté l'expérience. Qu'est-ce qui a fonctionné ? Qu'est-ce qui a échoué ? Pourquoi ?

La révolution espagnole de 1936. Des millions de personnes se sont organisées en collectifs. Elles géraient des usines, des fermes, des villes entières sans patrons ni gouvernement. Ce système a fonctionné jusqu'à ce que les fascistes l'écrasent par la force militaire.

Les Zapatistes au Chiapas. Des communautés autochtones qui s'autogouvernent depuis 1994. Elles ont créé des zones autonomes. Elles assurent les soins de santé, l'éducation et la justice sans l'État mexicain.

Le Rojava, dans le nord de la Syrie. Des millions de personnes instaurent la démocratie directe au cœur d'une zone de guerre. Libération des femmes. Durabilité écologique. Coopération entre les ethnies. La preuve que cela peut fonctionner même dans des conditions extrêmes.

Apprenez de leurs réussites. Tirez les leçons de leurs erreurs. Appliquez ces enseignements à votre contexte.

Étudiez l'entraide. L'ouvrage de Kropotkine, "L'entraide : un facteur de l'évolution", est ancien mais fondamental. Il montre comment la coopération, et non la concurrence, est le moteur de la survie et du progrès humains.

Comprenez le pouvoir. Comment il fonctionne. Comment il est maintenu. Comment il peut être démantelé. Lisez des ouvrages sur l'organisation. Sur la construction de mouvements. Sur la manière d'initier le changement.

Vous ne savez pas par quels livres commencer ? Envoyez-moi un message, je me ferai un plaisir de vous recommander de bons philosophes et des ouvrages révolutionnaires.

Mais développez également des compétences pratiques. La théorie sans la pratique est inutile.

Apprenez à animer des réunions. Comment aider les groupes à prendre des décisions ensemble. Comment gérer les conflits. Comment faire progresser sans dominer.

Apprenez la culture de la sécurité. Comment s'organiser en toute sécurité. Que dire et ne pas dire. Comment vous protéger, vous et votre communauté, contre la surveillance et l'infiltration.

Apprenez à enseigner. Vous devrez aider les autres à comprendre ce que vous construisez. Entraînez-vous à expliquer des idées complexes de manière simple. Allez à la rencontre des gens là où ils vivent.

Créez des groupes d'étude. Lisez ensemble. Discutez ensemble. Apprenez ensemble. Vous renforcerez ainsi une compréhension commune et consoliderez votre communauté.

Mais ne vous enlisez pas dans des lectures et discussions sans fin. La théorie est un outil, pas une fin en soi. L'objectif est de comprendre suffisamment pour agir efficacement.

Certains voudront débattre indéfiniment de la théorie. Laissez-les faire. Vous avez autre chose à accomplir.

Apprenez suffisamment pour vous lancer. Puis faites vos propres expériences. Vous comprendrez mieux ce qu'est l'organisation après avoir géré un frigo communautaire qu'après avoir lu dix livres sur l'entraide.

Réfléchissez à vos pratiques. Qu'est-ce qui fonctionne ? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Pourquoi ? Adaptez-vous en fonction de ce que vous apprenez. C'est ça, la pratique. Théorie et pratique se nourrissent mutuellement.

Partagez ce que vous apprenez. Écrivez sur vos expériences. Discutez avec d'autres militants. Contribuez à la connaissance collective. Nous apprenons tous ensemble.

Le but n'est pas de devenir le parfait théoricien. Le but est de développer des communautés efficaces. La théorie est au service de cet objectif. Lorsqu'elle cesse d'être utile, abandonnez-la et remettez-vous au travail.

Renforcez la résilience et la défense

Nous sommes des millions. Ils ne sont que quelques centaines.

C'est la réalité qu'ils ne veulent pas que nous découvrions.

Des millions de gens ordinaires contre quelques centaines de politiciens, quelques milliers de milliardaires et les flics fascistes qu'ils paient pour protéger leur fortune. Le rapport de force est sans commune mesure. Nous sommes bien plus nombreux qu'eux, de plusieurs ordres de grandeur. Tout leur système repose sur notre ignorance.

L'État s'en rendra compte lorsque vos réseaux d'entraide commenceront à répondre à de réels besoins. Lorsque votre communauté sera moins dépendante de leurs systèmes de merde. Ils essaieront de vous en empêcher.

Mais voici ce qu'ils ne peuvent pas faire.

Ces salauds ne peuvent pas nous arrêter, nous qui sommes des millions. Ils ne peuvent pas fermer tous les réfrigérateurs communautaires alors que des millions d'entre nous en installent. Ils ne peuvent pas expulser tous les syndicats de locataires alors que des millions d'entre nous refusent de payer un loyer aux parasites. Ils ne peuvent pas mettre fin à ce que nous construisons à grande échelle.

Leur pouvoir n'est qu'une illusion entretenue par notre division et notre isolement. Dès l'instant où nous allons nous organiser ensemble, cette illusion s'effondre.

La culture de la sécurité demeure importante. Ne faites pas les fous. Partez du principe que vos communications numériques sont surveillées. Pour les conversations sensibles, rencontrez-vous en personne. Sachez avec qui vous travaillez. Il y a des mouchards partout. Des infiltrés existent, mais ils cherchent à isoler et à poursuivre des individus. Ils ne peuvent pas infiltrer des millions de personnes.

Veillez à ce que votre organisation reste légale. Les actions révolutionnaires que vous pouvez entreprendre sans vous exposer à des arrestations abusives sont nombreuses. L'entraide est légale. L'organisation de communautés est légale. Informer les gens de leurs droits est légal. Créer des institutions alternatives est légal. Faites ce travail au grand jour et laissez-les regarder. Que feront-ils ? Arrêter tous ceux qui nourrissent leurs voisins ?

Mais attendez-vous à être harcelés. Ol Deputy Dog pourrait débarquer devant votre frigo communautaire avec de fausses infractions au code sanitaire. Les propriétaires exerceront des représailles contre les syndicats de locataires. La ville s'intéressera subitement à ce terrain vague que vous cultivez. Ayez des avocats sous la main. Connaissez vos droits. Documentez tout. Et n'oubliez pas que vous n'êtes pas seuls dans cette lutte.

Quand ils s'en prendront à un réfrigérateur communautaire, dix autres apparaîtront. C'est ça, la force du nombre.

Établissez des collaborations avec des observateurs juridiques et des organisations de défense des droits civiques. Non pas parce que vous faites quelque chose de mal, mais parce que le système se moque du bien et du mal. Disposer d'un soutien juridique compte. Mais ce qui importe davantage, c'est que des milliers de personnes soient prêtes à se mobiliser quand l'un d'entre vous sera pris pour cible.

Diversifiez tout. Ne concentrez pas toutes vos ressources en un seul endroit. S'ils ferment votre frigo communautaire, ayez trois lieux de secours à disposition. S'ils vous expulsent de votre lieu de réunion, prévoyez dix autres endroits pour vous rassembler. La résilience passe par la redondance. Cette redondance signifie aussi que nous serons trop nombreux à agir dans trop d'endroits pour qu'ils puissent nous arrêter tous.

Prenez soin les uns des autres. Ce combat est difficile et ils veulent vous épuiser et vous isoler. Créez des réseaux de soutien. Prenez des nouvelles des autres. Partagez le fardeau. Fêtez les victoires. Surmontez ensemble les moments difficiles. Vous n'êtes pas des loups solitaires. Vous faites partie des millions de personnes qui travaillent à la même

Apprenez les gestes de premiers secours. Sachez désamorcer les conflits, mais apprenez aussi à vous défendre et à défendre vos voisins. Entraînez-vous. Soyez prêts à affronter les ennuis.

Prévoyez des plans d'urgence. Vous construisez quelque chose qui menace leur pouvoir, et le pouvoir se protège lui-même. Soyez malins. Mais ne laissez pas la peur vous arrêter.

Voici ce dont ils ont réellement peur. Pas de vos actions individuelles. Pas d'un simple frigo communautaire ni d'un syndicat de locataires. Ils ont peur de ce qui se passe lorsque des millions d'entre nous s'organisent. Des quartiers à l'échelle de villes entières. Lorsque les communautés se renforcent ensemble et prennent conscience que nous n'avons pas besoin du système qui nous exploite. Lorsque nous comprenons que nous sommes déjà plus nombreux qu'eux et que nous l'avons toujours été.

C'est la véritable menace. Des millions de personnes agissant comme la majorité que nous sommes.

Nous avons déjà le pouvoir. Nous apprenons simplement à l'utiliser ensemble.

Arrêtez de parler, commencez à agir

Le système est déjà mort. Nous sommes déjà en train de gagner.

En ce moment même, des milliers de personnes partout dans le monde manifestent et ne reculent pas. Les médias occidentaux n'en parlent pas et les réseaux sociaux censurent certains contenus, mais oui, ça se passe bel et bien. Des millions d'autres construisent des réseaux d'entraide dans leurs quartiers et créent des coopératives.

Ils s'enseignent mutuellement. Ils s'emploient les uns les autres. Ils organisent des syndicats de locataires. Ils se forment mutuellement pour le jour où ça va partir en vrille. Ils n'attendent pas la permission.

On peut se joindre à ce mouvement, ou se faire distancer.

Ce n'est pas le genre de chose qu'on commence à zéro. On rejoint des millions de personnes déjà à l'œuvre. L'infrastructure est en train d'être mise en place en ce moment même. Les réseaux existent. Il suffit de s'y connecter.

Voici ce que vous pouvez faire cette semaine.

Parlez à un voisin. Juste un. Demandez-lui ce dont il a besoin. Dites-lui ce que vous avez en tête. Voyez s'il est intéressé. C'est tout. Une seule conversation. Vous pouvez le faire dès aujourd'hui.

Commencez par une petite chose.

Trouvez vos alliés. Vous avez besoin de trois à cinq autres personnes sérieuses, présentes régulièrement. Qui mettront la main à la pâte. Commencez à chercher. Elles sont là, quelque part. Probablement plus près que vous ne le pensez.

Vous les trouverez à la salle de sport, au stand de tir, voire à la librairie.

Connectez-vous à ce qui existe déjà. Recherchez des réseaux d'entraide dans votre ville. Des syndicats de locataires. Des coopératives alimentaires. Des jardins communautaires. Quelqu'un s'organise déjà près de chez vous. Trouvez-les. Apprenez d'eux. Construisez ensemble.

Vous n'avez pas besoin de tout comprendre seuls. Nous sommes des millions à le faire. Nous apprenons ensemble. Nous faisons des erreurs ensemble. Nous construisons notre force ensemble.

Les chiffres sont de notre côté. Nous sommes des millions, et eux ne sont que quelques milliers. Nous avons les compétences. Nous avons la main-d'œuvre. Nous avons tout ce qu'il faut, sauf la conviction que nous pouvons y arriver.

Alors, croyez-y. Puis prouvez-le.

C'est en train de se produire. La seule question est de savoir si vous en faites partie. Il est temps de penser au-delà des urnes.

Au travail.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com