
par Adnan Azzam
Françaises, Français,
Rassurez-vous...
Le peuple français est toujours considéré comme un mineur politique.
C'est, en tout cas, l'impression que donne notre République.
Ce même peuple auquel on demande de choisir le Président de la République ne serait pas suffisamment digne de confiance pour choisir librement tous les candidats.
Pauvre peuple...
Il pourrait se tromper.
Il pourrait apprécier un candidat qui déplaît au système.
Il pourrait même voter pour quelqu'un qui n'appartient pas au cercle fermé du pouvoir.
Alors, par précaution, la République de Giscard d'Estaing a décidé de placer cinq cents gardiens entre le peuple et l'élection présidentielle.
Cinq cents signatures...
Cinq cents clés...
Et cinq cents sentinelles devant la porte de l'Élysée.
Quant au peuple...
Qu'il attende patiemment que les gardiens décident qui aura le droit de lui parler.
Est-ce donc cela, la démocratie que la France prétend enseigner au monde ?
On nous répète que la France est la patrie des droits de l'homme.
Très bien.
Mais elle semble avoir exporté les grands principes...
Et conservé pour elle les petites clauses qui limitent la souveraineté populaire.
On nous explique que ce système sert à éliminer les "candidatures fantaisistes".
Très bien. Mais qui décide de qui est sérieux ?
Le peuple ? Ou le pouvoir ?
Combien de responsables politiques, réputés "sérieux", ont conduit notre pays dans des impasses ?
Et combien de candidats qualifiés de "fantaisistes" auraient peut-être apporté une idée nouvelle si on leur avait simplement permis de s'adresser aux Français ?
Le plus étonnant est ailleurs.
La République fait confiance au citoyen lorsqu'il paie ses impôts.
Elle lui fait confiance lorsqu'il respecte les lois.
Elle lui fait confiance lorsqu'il est appelé à défendre la Nation.
Mais, soudainement, elle ne lui fait plus confiance lorsqu'il s'agit de choisir librement son Président.
Quelle étrange conception de la confiance !
Puis est venue une nouvelle étape.
La publication intégrale des noms des élus accordant leur parrainage, depuis François Hollande.
Au nom de la transparence, nous a-t-on dit.
Mais n'aurait-il pas été plus honnête de parler d'une transparence qui fabrique la peur ?
Car quel maire prendra aujourd'hui le risque de parrainer un candidat indépendant lorsqu'il sait que son nom sera immédiatement rendu public, commenté, analysé, toujours jugé ?
Le parrainage n'est plus seulement un acte démocratique.
Il est devenu un acte politiquement risqué.
Voilà sans doute la forme la plus subtile d'exclusion.
Personne ne vous interdit officiellement de vous présenter.
Mais tout est organisé pour décourager ceux qui pourraient vous ouvrir la porte.
Moi, pourtant...
Je serai candidat.
Non parce que le chemin est facile.
Mais précisément parce qu'il a été rendu difficile.
Je sais que ma candidature dérangera.
Non pas parce que je serais le candidat le plus dangereux.
Mais parce qu'elle brise une image encore trop présente dans les esprits.
Celle qui voudrait que les Français issus de l'immigration soient appelés à voter...
Mais jamais à prétendre à la plus haute fonction de l'État.
Je récuse cette idée.
Je veux dire à chaque Français, quelle que soit son origine, sa religion, son nom ou la couleur de sa peau :
Si vous aimez la France, si vous croyez en la République, alors vous devez pouvoir aspirer à servir votre pays au plus haut niveau.
Et si ma candidature peut, ne serait-ce qu'un peu, encourager d'autres Français issus de l'immigration à dépasser la peur, à croire davantage en eux-mêmes et à participer pleinement à la vie démocratique, alors elle aura déjà servi une cause plus grande que ma propre personne.
Comme lorsque je m'étais présenté aux élections législatives en 1994. La grandeur d'une République ne se mesure pas au nombre d'obstacles qu'elle impose.
Elle se mesure au nombre de portes qu'elle ouvre.
C'est pourquoi j'ai décidé de transformer ce débat en action.
Au mois de septembre, j'entreprendrai une marche citoyenne de Paris jusqu'à Colombey-les-Deux-Églises, ville du Général de Gaulle, fondateur de la Cinquième République.
Je n'irai pas y chercher cinq cents signatures d'élus.
J'irai recueillir des milliers de signatures de citoyens.
Je sais parfaitement que ces signatures n'auront aucune valeur juridique pour valider une candidature.
Mais elles auront, à mes yeux, une valeur plus importante encore : La légitimité populaire.
Je veux rappeler une évidence.
Le citoyen n'est pas seulement un électeur que l'on convoque tous les cinq ans avant de lui demander de se taire.
Le citoyen est le véritable souverain.
Si la souveraineté appartient réellement au peuple, alors il est temps d'écouter le peuple.
Et si l'on considère que la signature de cinq cents élus vaut davantage que la voix de millions de Français, qu'on ait au moins le courage de le dire clairement.
Ma marche ne sera dirigée contre personne.
Elle ne sera ni contre un Président, ni contre un parti.
Elle sera pour une idée.
Une idée simple.
Une idée républicaine.
Une idée démocratique.
Le chemin vers l'Élysée devrait commencer par le peuple, et non s'arrêter devant le mur des cinq cents signatures.
En septembre, je marcherai des centaines de kilomètres pour défendre cette conviction.
Et je laisserai ensuite le peuple français répondre à une seule question :
Dans une démocratie, qui doit accorder la véritable légitimité ?
Cinq cents élus...
Ou le peuple français ?
Et je laisse ensuite le peuple français répondre à cette question.
Adnan Azzam, Écrivain Voyageur - Candidat à l'élection présidentielle 2027
Tél. : 00 33 6 65 16 59 14