
par David Bizet
Dimitri Marteau, étudiant ingénieur de 21 ans à l'ICAM de Lille, relie Pékin à Lille en auto-stop, soit plus de 15 000 kilomètres en quatre mois. De passage en Türkiye, il salue l'hospitalité exceptionnelle des habitants et la richesse de la gastronomie locale. Il a visité Pamukkale-Hiérapolis, classé à l'UNESCO. En Marco Polo moderne, il rêve de découvrir les savoir-faire industriels rencontrés sur sa route vers la Chine.
À 21 ans, Dimitri Marteau relie Pékin à Lille en auto-stop. Plus de 15 000 kilomètres l'attendent. Ce jeune étudiant en ingénierie a fait une halte en Türkiye. Il nous livre un témoignage lumineux sur ce pays qui l'a bouleversé.
Un projet universitaire hors du communDimitri étudie à l'ICAM, l'institut catholique d'arts et métiers de Lille. Son périple s'inscrit dans un programme baptisé "l'Expériment". Le principe est simple. Il s'agit de "quatre mois pour expérimenter, quatre mois pour voyager, découvrir le monde et sortir de sa zone de confort".
Le jeune homme espère boucler ce défi en quatre mois. Ainsi, il a déjà traversé de nombreux pays. La Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne ont d'abord défilé. Puis le Danemark, la République tchèque et l'Autriche. Enfin, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie l'ont mené jusqu'aux portes de l'Anatolie.
Aujourd'hui, le voyageur foule le sol turc. C'est justement là que son aventure prend une nouvelle dimension.
La Türkiye, étape marquante du Lille-Pékin en auto-stopEn Türkiye, Dimitri découvre une hospitalité qui le marque profondément.
"La civilisation turque, c'est incroyable", confie-t-il. Il insiste sur la générosité des habitants. "La population est vraiment très gentille, très accueillante".
Cette chaleur humaine se manifeste au quotidien. En effet, les Turcs le repèrent souvent perdu dans les ruelles des villages. Ils le voient chercher son chemin, sans toujours savoir où il dormira le soir. Pourtant, jamais il ne se sent seul.
"Aujourd'hui, je suis hyper content d'être en Türkiye", résume-t-il. Puis il ajoute : "Les gens sont adorables, les gens sont ouverts".
C'est précisément cette dimension humaine qu'il recherche. "C'est ça que j'aime dans le voyage : la rencontre de la nouvelle culture, la nouvelle gastronomie".
Le voyage en autonomie, une école de viePour Dimitri, l'auto-stop est bien plus qu'un mode de transport. C'est une philosophie. "Le voyage en autonomie, c'est quelque chose de fantastique", explique-t-il.
Selon lui, le dénuement pousse à s'ouvrir aux autres. "Quand vous partez seul, sans forcément trop d'argent, ça va vous pousser à aller vers les autres".
De plus, cette précarité crée du lien. "Ça va vous pousser à demander de l'aide, à rencontrer l'habitant".
C'est dans ces moments qu'il puise sa compréhension du monde. "C'est vraiment dans ces moments forts que vous allez comprendre les différentes cultures qu'il y a sur cette terre".
En revanche, il n'oublie jamais la Türkiye. "Il y a la culture turque, hyper accueillante, la nourriture est délicieuse et franchement les paysages sont assez dingues".
Pamukkale-Hiérapolis, joyau de la mer ÉgéeLors de son passage, notre aventurier a fait une halte en mer Égée. Il y a visité un site exceptionnel. Pamukkale-Hiérapolis figure au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988.
Ce lieu unique mêle les vestiges antiques de Hiérapolis et les célèbres vasques de travertin blanc. Les sources chaudes y dessinent des terrasses immaculées. Le spectacle a laissé Dimitri sans voix.
Fidèle à ses racines nordistes, il a résumé son émerveillement avec humour. "Comme on dit chez nous, cha chest beau", lâche-t-il, l'accent chti bien marqué.
Un Marco Polo des temps modernesDimitri ne voyage pas seulement pour les paysages. En véritable Marco Polo des temps modernes, il nourrit une ambition d'ingénieur. Il espère rencontrer les savoir-faire industriels des cultures croisées sur sa route.
Cette curiosité technique guide son regard. Par ailleurs, elle donne un sens concret à son périple universitaire. Chaque étape devient ainsi l'occasion d'observer un artisanat, une tradition, une manière de fabriquer. La Türkiye, riche de son héritage, offre un terrain d'observation idéal.
Cap sur la ChineLe voyage se poursuit désormais vers l'est. Dimitri garde le cap avec détermination. "On avance, on continue", annonce-t-il.
Son itinéraire reste ambitieux. Après la Türkiye, il visera la Géorgie. Puis viendront l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et enfin la Chine. Chaque frontière franchie le rapprochera un peu plus de son point de départ, Pékin.
Pour l'heure, la Türkiye occupe une place à part dans son cœur. "La partie que je vois me rend vraiment heureux, épanoui pendant mon voyage", conclut-il. "Et c'est pour ça que j'adore le voyage en solitaire".
source : Nouvelle Aube