
par Nouvelle Aube
Le reste à charge mensuel des étudiants atteint 1 300 euros en 2026, soit 74 euros de plus qu'en 2025, dépassant pour la première fois le seuil de pauvreté, selon l'enquête annuelle de l'UNEF présentée lundi par sa secrétaire générale Manon Moret.
Explosion des coûts du logementSelon l'étude du syndicat étudiant, le logement constitue la première dépense des universitaires. Le loyer moyen atteint 627,11 euros dans le parc privé, en hausse de 2,87% sur un an, et 426,36 euros dans les résidences du Crous, soit une progression de 1,04%.
En province, le montant est passé de 513 euros en 2025 à 537 euros en 2026, représentant une augmentation de 4,68%.
Les dépenses annuelles de transport s'élèvent également en moyenne à 278,59 euros pour les étudiants non boursiers, en hausse de 2,29%, et à 254,14 euros pour les boursiers, soit une progression de 3,07%.
Les étudiants boursiers ayant quitté le domicile familial en province subissent par ailleurs la plus forte progression de leurs dépenses, à 2,14%.
Des sacrifices quotidiens imposésFace à cette pression financière, qui a vu le coût de la vie étudiante progresser de 35,8% depuis 2017, de nombreux jeunes doivent renoncer aux soins ou à une alimentation correcte. Manon Moret a dénoncé "des fausses promesses et des effets de communication" des gouvernements successifs.
La secrétaire générale de l'UNEF a précisé que certains étudiants doivent "faire des choix entre un paquet de pâtes et un paquet de tampons".
Elle a également indiqué que plus de la moitié des inscrits à l'université recourent désormais au salariat, ce qui constitue "la première cause d'échec" dans l'enseignement supérieur.
"Quand on a un contrat de 20 heures, 25 heures, parfois 35 heures, c'est du temps d'études en moins et donc une réussite universitaire qui est mise en danger", a-t-elle ajouté.
Les inégalités s'accroissentLes étudiants originaires de pays extérieurs à l'Union européenne supportent un reste à charge mensuel évalué à 2 160,14 euros, soit près du double de la moyenne nationale.
Cet écart s'explique par les droits d'inscription différenciés et la suppression des aides personnalisées au logement (APL) pour certains étudiants extracommunautaires depuis l'été 2026.
De plus, les étudiants ultramarins dépensent entre 314 et 408 euros de plus par an que ceux de l'Hexagone.
Toutefois, la hausse générale du coût de la vie est moins élevée que les deux années précédentes, ayant atteint 4,12% en 2025 et 2,25% en 2024.
Selon la même source, les frais obligatoires d'inscription ont augmenté de 37% depuis 2017, notamment du fait de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC), créée en 2018 à 90 euros et portée à 105 euros à la rentrée 2026.
Promesses non tenues et abandon des réformesL'UNEF a particulièrement dénoncé l'abandon du second volet de la réforme des bourses sur critères sociaux après deux ans et demi de concertations.
"On nous a appelés en plein mois de juillet l'été dernier pour nous annoncer que la réforme des bourses était annulée, faute de moyens", a rapporté Manon Moret.
Par ailleurs, l'engagement présidentiel de construire 60 000 logements étudiants n'a pas été honoré.
"Aujourd'hui, cinq ans après l'échéance qui avait été donnée par le président, il y a seulement 15 % des logements qui ont été construits", a affirmé la responsable syndicale. Le syndicat réclame la construction urgente de 150 000 logements Crous.
Menace sur les APL et repas à un euroEn outre, un rapport conjoint de l'Inspection générale des finances et de l'Inspection générale des affaires sociales recommande de prendre en compte les revenus des parents dans le calcul des APL. Cette réforme priverait 200 000 étudiants de ces aides.
"Les étudiants ne sont pas l'appendice de leurs parents et ne paivent pas leur vie étudiante avec la carte bancaire de leurs parents", a déclaré la secrétaire générale, qualifiant la proposition de "mesure d'injustice sociale".
Selon Manon Moret, la généralisation effective du repas à un euro nécessiterait 120 millions d'euros, contre 50 millions accordés cette année.
"Il y a des Crous où un four sur quatre fonctionne", a-t-elle affirmé, évoquant des restaurants saturés recevant jusqu'à 1 000 personnes alors qu'ils ne peuvent accueillir que 200 à 400 étudiants. L'UNEF réclame par ailleurs une revalorisation de 20% des APL et leur rétablissement pour les étudiants étrangers concernés.
source : Nouvelle Aube