Le nombre de détenus en France a augmenté de 6,5 % sur un an. Face à une surpopulation carcérale qui s'aggrave, près de 8 000 matelas sont posés au sol dans les prisons françaises.
Les prisons françaises comptaient 89 668 détenus au 1er août, un nouveau record, dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les statistiques officielles du ministère français de la Justice.
Le nombre de détenus a augmenté de 6,5 % sur un an, alors que le nombre de places opérationnelles était au 1er août de 63 303 (+1,5 % sur un an), et celui de matelas posés au sol, faute de lits, s'est établi à 7 956, en hausse de 43,5 % par rapport au 1er août 2025.
La densité carcérale était de 175 % dans les maisons d'arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de suroccupation globale était de 141,6 %.
Le Conseil de l'Europe avait dénoncé en début d'année l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un "entrepôt humain". Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, avait pour sa part déploré l'absence de "mesure d'envergure nationale" pour enrayer la surpopulation carcérale, dans un avis publié au Journal officiel début juillet.
L'économie française affiche une croissance zéro depuis le début de l'année, malgré un déficit budgétaire proche de 5 % du PIB.
Le ministère français de la Justice entend ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, réputées moins chères et plus rapides à construire, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15 000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.
"La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l'absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines", alertait cependant Dominique Simonnot dans son avis.
La France figure parmi les pays européens où la densité carcérale est la plus élevée, selon les estimations de 2025 du Conseil de l'Europe. Cette situation traduit une surpopulation carcérale persistante, qui exerce une forte pression sur les établissements pénitentiaires et dégrade les conditions de détention.
