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France : l'éviction du personnel féminin de la Tour Eiffel lors d'un événement hindou fait scandale

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© Annice Lyn Source: Gettyimages.ru

Vue de la Tour Eiffel, le 14 juillet 2026. [Photo d'illustration]

Le maire de Paris a annoncé ce 8 septembre l'ouverture de deux enquêtes à la suite de la mise à l'écart d'employées de la Tour Eiffel lors de la visite privée d'une délégation hindoue, trois jours plus tôt. Une décision qui a provoqué un mouvement de grève et suscité la condamnation d'une grande partie de la classe politique française.

"Ce qui s'est passé est totalement inacceptable", a déclaré ce 8 septembre à plusieurs médias français le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, annonçant l'ouverture de deux enquêtes afin de "comprendre la chaîne de décision qui a pu conduire à cette décision absurde, inique et", a-t-il insisté, "inacceptable".

En cause ? la mise à l'écart du personnel féminin de la Tour Eiffel, le 5 septembre, à l'occasion de la visite privée d'une délégation hindoue. Un événement qui a déclenché un mouvement de grève parmi le personnel de la Sete (Société d'exploitation de la Tour Eiffel).

"Des femmes salariées, au passage de cette délégation, ont été écartées de leur poste de travail, donc on a mis des hommes à la place des femmes",  a relaté auprès de BFMTV Diane Davoine, élue CGT au CSE de la Sete. Une "discrimination de fait", a fustigé l'édile socialiste, après avoir rappelé que la Sete est détenue "à 99 %" par la Ville de Paris.

"Aucune considération protocolaire, culturelle ou religieuse ne saurait justifier qu'il soit dérogé au principe d'égalité entre les hommes et les femmes", a souligné la Sete dans un communiqué daté du 7 septembre, reconnaissant que ces "conditions n'auraient pas dû être acceptées".

"Honte à ceux qui se soumettent"

Cette décision prise à l'occasion de la visite d'une délégation étrangère a provoqué un tollé. "En France, on ne trie pas les Français selon les désirs de ceux qui la visitent", a fustigé sur X le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau. "Nos principes ne sont pas à vendre. Honte à ceux qui se soumettent", a-t-il ajouté.

"Choquée", la présidente de la région Île-de-France et ex-LR Valérie Pécresse a annoncé avoir "personnellement informé les représentants du BAPS [Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha, mouvement spirituel dont une délégation a bénéficié de la visite controversée, ndlr.] que de telles pratiques étaient contraires aux lois de la République".

"C'est absolument inadmissible", a pour sa part déclaré la députée Renaissance des Hauts-de-Seine Prisca Thevenot. "En France, on n'invisibilise pas les femmes", a réagi l'eurodéputé et secrétaire général du Parti socialiste Pierre Jouvet, évoquant une affaire "absolument ahurissante".

"C'est une erreur et il y a eu des excuses, mais cela dit, ça dit des choses : on a un art de vivre en France et on y tient", a estimé sur Franceinfo Édouard Philippe, maire du Havre et candidat d'Horizons à l'élection présidentielle, confiant avoir initialement cru à un canular. "C'est inacceptable, la laïcité dans notre pays n'est pas négociable", a réagi Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement, également sur la chaîne publique.

La présidentielle en toile de fond ?

"Nous n'accepterons jamais" que la présence des femmes soit "limitée", a dénoncé la députée Rassemblement national (RN) du Pas-de-Calais et candidate à la présidentielle Marine Le Pen, appelant à ce que "toute la lumière soit faite" sur cet événement.

"Nos valeurs de civilisation ne sont pas négociables", a lancé le président de son parti, Jordan Bardella, fustigeant une "demande dégradante" et rappelant qu'en France "on respecte l'égalité des sexes" et qu'"aucun motif religieux ne peut aller à l'encontre de la dignité des femmes".

"Puisque je ne fais aucun deux poids, deux mesures, je me dois de dire que j'ai  trouvé ça scandaleux et que je me tiens aux côtés de ces manifestants", a déclaré l'eurodéputée Reconquête ! Sarah Knafo, également sur le plateau de BFMTV, évoquant un "lien avec de nombreux sujets [...] qui sont présents dans le débat public en France", dont "l'interdiction du voile dans l'espace public".

"On peut se féliciter que, sur ce sujet-là au moins, la classe politique réagisse  unanimement", a déclaré sur le plateau de BFMTV et RMC le député Rassemblement national de la Somme Jean-Philippe Tanguy.

"Je suis mitigée. En fait, je me demande : s'il n'y avait pas la présidentielle dans quelque temps, y aurait-il eu autant de réactions ?", s'est interrogée sur Europe 1 Yona Faedda, porte-parole du collectif Némésis.

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