👨‍👩‍👦 10/09/2026 reseauinternational.net  8min 9 #326177

La tentative désespérée du gouvernement de contrôler le discours : au cours des cinq dernières années, plus de 62 000 personnes ont été arrêtées au Royaume-Uni pour avoir publié des propos blessants en ligne

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Selon un  rapport de l'organisation  Big Brother Watch,  plus de 62 000 personnes ont été arrêtées au Royaume-Uni pour des infractions liées à des communications en ligne au cours de la période de cinq ans s'achevant en 2026.

Ces arrestations, qui concernent notamment des infractions liées à des publications sur les réseaux sociaux et à des messages en ligne,  ont donné lieu à 18 510 inculpations et 12 292 condamnations.

Les données révèlent d'importantes disparités dans l'application de la loi : la police de Cumbria a enregistré des taux d'arrestation environ 2,5 fois supérieurs à la moyenne nationale, tandis que des forces de police voisines, comme celle de Northumbria, affichaient des taux 14 fois inférieurs. Les critiques qualifient la situation de " désordre orwellien" ayant un " effet dissuasif" sur la liberté d'expression.

Rhoda Wilson

* Royaume-Uni : 62 000 arrestations pour des infractions liées aux réseaux sociaux et aux propos en ligne

par Ethan Brook

Plus de 60 000 personnes ont été arrêtées au Royaume-Uni au cours des cinq dernières années pour des infractions liées aux communications en ligne, incluant le simple visionnage de vidéos TikTok ou l'émission de plaintes concernant l'école via WhatsApp. Un rapport percutant de l'organisation Big Brother Watch a déclenché une vive polémique sur la liberté d'expression, des militants réclamant une enquête indépendante immédiate.

Soixante-deux mille arrestations et un effet dissuasif sur la liberté d'expression

Une vaste controverse sur la liberté d'expression a éclaté au Royaume-Uni suite aux révélations selon lesquelles au moins 62 199 personnes ont été arrêtées ces cinq dernières années pour des infractions liées aux communications. Selon les conclusions publiées par le groupe de défense des droits  Big Brother Watch, ces chiffres impressionnants englobent des activités courantes sur les réseaux sociaux et la messagerie en ligne, les forces de police du pays appliquant ces pouvoirs de manière extrêmement hétérogène.

Si les militants reconnaissent que certaines interventions sont tout à fait justifiées - comme l'intervention de la police pour faire cesser des messages de menace émanant de partenaires violents dans des affaires de violence conjugale -, ils soutiennent que la portée large et imprécise de la législation actuelle a engendré une culture de zèle policier excessif.

"Le nombre considérable de personnes arrêtées pour des infractions en ligne, alors qu'une seule sur cinq finit par être condamnée, ne peut qu'avoir un effet dissuasif sur la liberté d'expression". ~ Lord Young, Free Speech Union, via GB News

Alors que  le vol à l'étalage, le vol de téléphones portables et les infractions à caractère sexuel sont en augmentation, les critiques estiment que les autorités semblent accorder une importance excessive à la surveillance de l'expression numérique.

Des publications TikTok aux arrestations liées aux conversations WhatsApp

Le rapport met en lumière plusieurs exemples extrêmes d'application de la loi qui ont suscité l'inquiétude du public. Dans un cas cité dans l'étude, la  police des West Midlands a envoyé des agents au domicile d'une adolescente vulnérable à cause d'une publication TikTok montrant l'image d'un enseignant accompagnée de commentaires négatifs. Les agents ont exigé qu'elle remette tous ses appareils électroniques et se présente à un entretien volontaire sous peine d'arrestation, alors même que l'adolescente n'avait jamais créé, partagé ni commenté la vidéo. Les forces de l'ordre ont finalement abandonné l'enquête, reconnaissant l'insuffisance de preuves pour engager des poursuites, après avoir découvert qu'un faux compte de réseau social avait été créé à son nom pour envoyer des messages indécents. Dans une autre affaire très médiatisée survenue l'année précédente, un couple du Hertfordshire a été retenu par la police pendant 11 heures après avoir formulé des critiques à l'encontre de l'école primaire de sa fille dans une conversation de groupe WhatsApp. Rosalind Levine et Maxie Allen ont fait l'objet d'une enquête pour harcèlement et communications malveillantes avant de  recevoir 20 000 livres sterling de dommages et intérêts à la suite d'une levée de boucliers de l'opinion publique.

D'autres affaires ont donné lieu à de lourdes condamnations pénales pour des comportements extrêmes en ligne. Lucy Connolly a été condamnée à 31 mois de prison pour incitation à la haine raciale, en raison d'un tweet publié au lendemain des  meurtres de Southport en juillet 2024. Par ailleurs, l'auteure Bernadette Spofforth a été placée en garde à vue pendant 36 heures après avoir publié des messages sur les réseaux sociaux à la suite de cette même attaque.

Disparités géographiques et élasticité de lois aux contours flous

L'organisation Big Brother Watch attribue ces importantes disparités dans l'application de la loi à l'élasticité d'infractions liées à la liberté d'expression - définies de manière imprécise - qui figurent dans des textes législatifs tels que  l'Online Safety Act (loi sur la sécurité en ligne). Cette élasticité législative a engendré de profondes incohérences entre les différents services de police régionaux. Sur une période de cinq ans, la  police de Cumbria a procédé à 25,7 arrestations pour 10 000 habitants - soit environ 2,5 fois la moyenne nationale - tandis que la police voisine de Northumbria a enregistré un taux d'arrestation de seulement 1,9 personne pour 10 000 habitants.

"Une atteinte à la liberté d'expression" - Plus de 60 000 arrestations liées à des communications en ligne Plus de 60 000 personnes ont été arrêtées au Royaume-Uni pour des infractions liées aux communications sur une période de cinq ans, selon un nouveau rapport majeur analysant la manière dont la police encadre la parole et les réseaux sociaux. Les défenseurs des libertés civiles de l'organisation Big Brother Watch affirment que la formulation trop large des lois et les disparités considérables dans leur application d'un service de police à l'autre ont créé une situation où la liberté d'expression dépend du lieu de résidence, une sorte de "loterie géographique".

Le rapport souligne que les restrictions en ligne ont largement débordé du cadre de la messagerie directe pour s'étendre à des forums numériques plus vastes. L'analyse de communautés sur Reddit a révélé que des discussions portant sur des sujets aussi variés que les affiches de films d'horreur, les conseils pour soutenir des amis suivant une chimiothérapie, les groupes punk des années 1970 ou encore les coupures causées par du papier étaient désormais soumises à des barrières numériques de vérification de l'âge.

"Partout dans le pays, les gens n'osent plus dire ce qu'ils pensent sur toute une série de sujets, de peur de voir débarquer chez eux, à quatre heures du matin, des policiers en civil arborant des tours de cou aux couleurs de l'arc-en-ciel". ~ Lord Young, Free Speech Union via GB News

Appels à un examen national indépendant

Des militants exhortent le gouvernement à intervenir pour rétablir les libertés fondamentales. Silkie Carlo, directrice de l'organisation Big Brother Watch, a appelé directement à une action politique pour remédier à ce qu'elle qualifie d'environnement "orwellien".

"L'inquiétude grandit au sein de la population face à une police de la parole qui échappe à tout contrôle en Grande-Bretagne ; il est grand temps que le gouvernement agisse.  Andy Burnham doit désormais lancer une remise à plat de la liberté d'expression et ordonner un examen indépendant de nos lois et de la formation des policiers en la matière, afin de remédier à ce désastre orwellien". ~ Silkie Carlo, directrice de Big Brother Watch via Daily Mail

Reste à savoir si Westminster cédera à la pression réclamant un examen national approfondi de la législation sur la liberté d'expression. Alors que les lois régissant la communication numérique interfèrent de plus en plus avec les échanges publics du quotidien, le débat sur la frontière à tracer entre les messages nuisibles et l'expression protégée s'intensifie à travers le Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni jugé "désensibilisé" face aux arrestations "ridicules" liées aux réseaux sociaux. Winston Marshall, ancien membre du groupe Mumford & Sons, déclare dans l'émission "The Will Cain Show" que la répression "inquiétante" de la liberté d'expression menée par le premier ministre britannique Keir Starmer lui fait perdre du soutien.

source :  The Expose via  Marie Claire Tellier

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Admin 2026-09-10 #15722 🇫🇷
Le Royaume-Uni jugé "désensibilisé" face aux arrestations "ridicules" liées aux réseaux sociaux.

ah oui c'est donc ça la stratégie
et ensuite, du coup, "désensibiliser" le fait que les manifestants se fassent arrêter pour délit d'opinion