
Andrea Marcigliano
Source: electomagazine.it
Tous les sondages placent le Rassemblement national en tête lors des prochaines élections législatives françaises.
Et, pour Marine Le Pen, la voie vers l'Élysée semble s'ouvrir.
À mesure que l'échéance électorale approche et que les sondages lui donnent raison, Marine Le Pen semble affirmer davantage ses choix politiques.
Désormais, elle parle de plus en plus clairement d'un désengagement de la guerre en Ukraine et de son intention de concentrer tous les efforts économiques sur la situation intérieure de la France, qui est difficile, sinon franchement compromise.
Une décision qui s'explique avant tout par le sentiment que l'opinion publique — et donc son électorat — est lasse de cette guerre voulue par Macron. Lasse de voir détournées vers l'Ukraine des ressources qui devraient servir à protéger les Français.
Lasse de voir progressivement détruits les derniers vestiges de l'État social et le pays sombrer dans un chaos total. Avec des banlieues et des quartiers entiers des principales villes désormais totalement aux mains du crime organisé. Ou, pire encore, de tribunaux islamistes qui ne reconnaissent d'autres lois que les leurs.
Marine Le Pen semble avoir la capacité, ainsi que la possibilité, de devenir la représentante de ces profonds malaises qui tourmentent les Français. Et cela la conduira aisément à l'Élysée, sauf manœuvres et pièges tendus par certains pouvoirs financiers, français ou étrangers, qui la considèrent avec méfiance.
Il est toutefois difficile de dire, pour l'heure, ce que Marine Le Pen pourrait faire une fois installée à l'Élysée.
En premier lieu, de quelle marge de manœuvre disposerait-elle, compte tenu du fait que, certes, le pouvoir du président est fort, mais qu'il n'est pas absolu ? Et qu'il doit toujours composer avec d'autres forces, les affronter ou parvenir à un accord avec elles. Des forces qui, pour la plupart, ne sont pas «parlementaires».
Et cela vaut pour elle comme cela a toujours valu pour les différents occupants de l'Élysée.
Même De Gaulle, le père et, d'une certaine manière, le maître de la Ve République, dut accepter de conclure des accords avec certains pouvoirs. Et se mesurer continuellement à eux.
Au-delà de cette question, cependant, une autre devrait être posée. Peut-être plus pressante encore que la précédente.
Une fois à l'Élysée, que voudra réellement faire Marine Le Pen?
Car son programme est extrêmement précis et détaillé dans son analyse de la situation de crise, mais demeure assez vague quant aux solutions possibles.
Surtout, Marine Le Pen ne définit pas clairement le rôle international de «sa» France.
Certes, un désengagement en Ukraine... mais qu'est-ce que cela devrait impliquer?
Une rupture avec l'OTAN et un retour à une politique française totalement — ou presque — indépendante de Washington et de Londres?
Et les relations avec Moscou ? Un retour à une politique diplomatique tournée vers l'Est?
Et les rapports avec l'Afrique ? Continuité ou rupture avec la politique impérialiste de Paris dans la vaste région subsaharienne?
Autant de questions auxquelles Mme Le Pen ne répond pas, pour l'heure.
Peut-être ne le veut-elle pas.
Peut-être ne le peut-elle pas...