🏛️ 16/09/2026 francais.rt.com  4min 5 #326817

Lecornu propose que l'amende Google allège les contributions nationales à l'Ue

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© Li Yang/China News Service/VCG Source: Gettyimages.ru

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s'exprime lors du Forum mondial de Giverny 2026, le 4 septembre 2026 à Giverny, en France.

Sans remettre en cause l'engagement français, le Premier ministre suggère à Ursula von der Leyen d'utiliser les 4,6 milliards d'euros de l'amende confirmée contre Google pour réduire les versements des États membres, confrontés à de fortes tensions budgétaires.

Le chef du gouvernement français a écrit à la présidente de la Commission européenne afin que les recettes exceptionnelles de l'amende infligée à Google servent à réduire les versements des capitales européennes au budget de l'UE. Cette proposition s'inscrit dans la préparation du budget 2027, alors que Paris cherche d'importantes économies.

Une manne exceptionnelle pour compenser les contributions

Dans un courrier consulté par plusieurs médias, Sébastien Lecornu invite Ursula von der Leyen à veiller à ce que "les recettes exceptionnelles résultant de l'amende infligée à Google, a fortiori d'autres recettes supplémentaires, se traduisent par une réduction des contributions des États membres".  L'amende de 4,1 milliards d'euros, prononcée en 2018 pour abus de position dominante dans l'écosystème Android, a été confirmée le 2 juillet 2026 par la Cour de justice de l'Union européenne. Avec les intérêts, le montant atteint près de 4,6 milliards d'euros.

Le candidat souverainiste à la présidentielle François Asselineau fustige sur le réseau social X : "Contraint par une équation budgétaire insoluble et un risque de faillite de l'État, Lecornu vient d'annoncer qu'il va demander à la Commission une baisse des contributions nationales au budget de l'UE !".

🇫🇷 𝗟'𝗔𝗩𝗘𝗨 𝗗𝗘 𝗟𝗘𝗖𝗢𝗥𝗡𝗨
Contraint par une équation budgétaire insoluble et un risque de faillite de l'État, Lecornu vient d'annoncer qu'il va 𝗗𝗘𝗠𝗔𝗡𝗗𝗘𝗥 𝗔̀ 𝗟𝗔 𝗖𝗢𝗠𝗠𝗜𝗦𝗦𝗜𝗢𝗡🇪🇺 𝗨𝗡𝗘 𝗕𝗔𝗜𝗦𝗦𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗧𝗥𝗜𝗕𝗨𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦 𝗡𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡𝗔𝗟𝗘𝗦...

- François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau)  September 15, 2026

Mais Matignon dément cette lecture et insiste : il ne s'agit "en aucun cas d'une remise en question de la contribution française à l'Union européenne", mais d'une simple compensation. La contribution française s'élevait à 22,96 milliards d'euros en 2025. Le Premier ministre souligne que "nombre [d'États] sont confrontés à de fortes contraintes sur leurs finances publiques et à un durcissement des conditions d'emprunt sur le marché des obligations souveraines".

Cette initiative survient alors que le gouvernement français doit présenter le projet de loi de finances pour 2027 le 30 septembre.  Paris cherche déjà à stabiliser les dépenses de l'État hors défense au niveau de 2026 et à dégager des économies supplémentaires.

Lecornu plaide également pour que toute recette budgétaire de l'Union supérieure aux prévisions, notamment au titre des droits de douane ou de la taxe sur les petits colis, soit utilisée "pour alléger la charge pesant sur les États membres plutôt que pour financer des dépenses supplémentaires". Il souhaite que ces montants figurent dans le projet de budget rectificatif n°3 pour 2026, attendu en octobre.

La démarche française s'inscrit dans un contexte de pressions accrues sur les finances publiques européennes et alors que  Bruxelles envisage déjà de se servir de cette amende géante comme d'un bouche-trou d'urgence.

En demandant un contrôle rigoureux de toute hausse des crédits de paiement, Matignon cherche à transformer une sanction exceptionnelle contre le géant américain en soulagement concret pour les budgets nationaux.

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