🏛️ 20/09/2026 elucid.media  2min ⁎️ 6 #327264

Tous écolos ! Comment les adversaires de l'écologie en annexent le discours

Par  Mikaël Faujour

L'écologie a gagné une place prépondérante, avec son lot de victoires - circuits courts, labels de qualité, sobriété énergétique. Paradoxalement, cette victoire se retourne en son contraire, à mesure que ses adversaires structurels - des chasseurs à la Macronie, du Rassemblement national à la FNSEA - se repeignent en vert.

Parce qu'elle est un champ mouvant de significations, la politique force à repenser sans cesse les stratégies de communication, les choix de mots sous l'effet de l'avancée des positions de l'adversaire et des prises de conscience des citoyens. Les victoires des uns forcent les autres à s'adapter, à s'approprier les mots et les concepts qui en sont le drapeau, à en pervertir le sens pour ne rien changer.

Ainsi, si les luttes écologiques ont permis de pointer maints dysfonctionnements systémiques - pollutions endocriniennes dues à l'industrie et à l'agriculture productiviste, destruction des écosystèmes et des paysages, surproduction de déchets, malbouffe, maltraitances animales, etc. -, ceux qui en sont les adversaires, sinon les ennemis, ont dû se repositionner. Et ceux dont les pratiques et politiques étaient dénoncées, les intérêts menacés, l'inaction pointée veulent à leur tour donner des gages de crédibilité. Cela va au-delà du greenwashing, que l'ADEME définit comme le "décalage entre le discours d'une entreprise et la réalité de ses actions, relativement à l'empreinte environnementale de ses produits (biens et services) ou à ses engagements environnementaux dans le cadre de sa démarche RSE".

Des partis politiques aux syndicats agricoles productivistes, en passant par la fédération nationale des chasseurs, le mensonge stratégique sur l'écologie déborde de loin le seul cadre des entreprises, dans une manipulation de signifiants vidés de leur sens.

Récemment, Gabriel Attal, macronien des premiers jours et Parisien jusqu'à la moelle devenu (pré)candidat à l'élection présidentielle, défendait lors d'un débat face à Manuel Bompard le "bon bilan écologique" des deux mandats d'Emmanuel Macron. Il s'est ainsi vu opposer par le député LFI les chiffres de ses propres coupes dans la rénovation d'écoles et le Fonds vert, dont il s'était félicité, alors que ce dernier s'était trouvé diminué par l'effet de ses coupes budgétaires de plusieurs milliards en 2024 (1).

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