France : les pompiers installent un campement pour afficher leur colère

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Au pied de la tour Eiffel, ce dimanche des syndicats de pompiers professionnels ont installé un campement pour exprimer leur "colère", dans le cadre d'une plus longue mobilisation pour obtenir des moyens supplémentaires.

Depuis le 8 septembre, date du début du préavis de grève déposé par les neuf syndicats représentatifs des quelque 44 000 pompiers professionnels (hors militaires), ils ont multiplié banderoles, magnets et inscriptions sur les camions pour signifier leur "colère".

Les huit syndicats de l'intersyndicale ont lancé dimanche matin sur le Champ-de-Mars à Paris leur "colonne de renfort de la colère", explique David Saquet, d'Unsa Sapeurs-Pompiers, pour rencontrer la population et les élus "et leur dire ce qu'on a sur le cœur, leur afficher notre colère pacifique" et "notre détermination à se faire entendre auprès du gouvernement".

Les pompiers ont essayé de se faire entendre sur plusieurs dossiers. Le premier concerne le projet de loi dit de modernisation de la sécurité civile dont une première synthèse a été présentée le 8 septembre.

Ce texte non seulement "ne satisfait personne" mais fait même "l'unanimité contre lui" et est "fait pour être auto-sabordé", assène Frédéric Monchy, du syndicat SNSPP-PATS, qui organise mardi une journée de solidarité avec les habitants du Porge en Gironde, où 183 maisons ont brûlé lors du mégafeu de juillet.

Une marche est organisée lundi dans la capitale, avant une mobilisation mardi aux côtés de la fonction publique, à l'appel d'une large intersyndicale qui réclame une revalorisation des salaires et davantage de moyens budgétaires.

Les pompiers professionnels ont déposé un préavis de grève qui court jusqu'au 20 octobre mais "hors de question qu'on lève le préavis tant qu'on n'a pas obtenu satisfaction", assure Rémy Chabbouh, de SUD Sdis. Sur sa tenue de pompier, il a accroché un badge "En grève", comme d'autres de ses collègues présents à Paris.

Les pompiers se disent éreintés après une intense saison des feux, confrontés au premier pyrocumulonimbus - ou "orage de feu" - observé en France. Depuis janvier, quelque 98 000 hectares ont brûlé, un record depuis cinquante ans, et selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, toutes interventions confondues, huit pompiers sont morts.

L'Association des directeurs de services départementaux d'incendie et de secours (Andsis) tacle pour sa part un texte qui "n'apporte pas les réponses structurelles qu'appellent pourtant l'évolution des risques et menaces, l'intensification des crises et la sollicitation croissante des services d'incendie et secours".

Autre point de tension : le financement, qui doit être précisé dans le projet de loi de finances. Pour l'heure, "on ne sait rien" des nouvelles pistes envisagées pour financer les Sdis, déplore Frédéric Monchy. Une seule certitude : en 2027, l'État vise 54 milliards d'euros d'économies.

"Les seuls éléments portés à notre connaissance concernent une évolution de l'assiette, le pourcentage et le fléchage" de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA), qui s'applique aux contrats d'assurance des automobilistes. Une fraction de cette TSCA est en effet allouée aux départements pour financer les sapeurs-pompiers.

"L'attente est très forte", souligne Adrien Legue, du syndicat Avenir Secours, selon qui "le mouvement de grève est suivi", avec parfois "100%" de grévistes dans certaines casernes, mais sans impact sur les secours du fait des réquisitions de personnels.

Selon la direction de la Sécurité civile, depuis le 8 septembre ont été comptabilisés "par jour, en moyenne" 2 682 pompiers professionnels en grève (soit 9,3% des effectifs globaux).

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