👨‍👩‍👦 07/10/2026 legrandsoir.info  4min ⁑️ 8 #329078

 Blocages lycéens : la mobilisation s'étend avec le soutien de Lfi

Le mouvement lycéen en France : gestion ou repression des manifestations ?

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Djamel LABIDI

En France, Les manifestations des lycéens sont elles gérées ou réprimées par le pouvoir ? La question s'impose.

En matière de manifestations de masse il y a en effet une règle : tout depend de l'attitude du pouvoir, et donc des policiers qui reçoivent ses ordres et leur ligne de conduite. A cet égard, un exemple relativement récent est intéressant : c'est celui du "Hirak" (au sens littéral "mouvement") algérien : un an et demi de manifestations monstres, dans toutes les villes d'Algérie et même dans les villages, pas un blessé, pas un heurt avec la police, pas un affrontement. La cause : les forces de sécurité ne sont jamais intervenues, et même le plus souvent n'étaient même pas apparentes.
On pourrait dire que cela était dû au calme et à l'esprit pacifique des manifestants. Cela était le cas. Mais en la matière, la responsabilité de l'ordre, comme des désordres, revient toujours au pouvoir en dernière analyse, à son attitude, à sa politique : sympathie, bienveillance, tolérance, neutralité ou hostilité déclarée. C'était spectaculaire lors de la visite du Pape en France. Le calme qui régnait était plus dû à l'attitude des autorités, anticipée d'ailleurs par les manifestants, et qui s'exprimait dans leur comportement. Qu'en aurait-il été s'il y avait un grand rassemblement religieux musulman ? On pourrait dire qu'il s'agit ici de l'identité même française. Certes, mais dans des pays musulmans eux mêmes des manifestations religieuses ont été réprimées

De la violence auto-prédicatrice

Mais n'allons pas trop loin. C'est toujours, dans le cas d'une hostilité du pouvoir en place à un mouvement, qu' éclatent, c'est le cas de le dire, les hostilités. Et ensuite, on ne sait plus où sont les causes et où sont les conséquences. Les désordres se nourrissent alors des désordres, "la mayonnaise" a pris. Tout depend donc de l'attitude du pouvoir. Meme les policiers ne sont en réalité, que des instruments, à la fois exécutants et victimes de la violence. Dans le tumulte des affrontements, il n'y a que ceux qui les commandent qui voient clairs. C'est toujours ainsi dans les batailles. Lancée à l'assaut, la violence policière est auto prédicatrice de celle des autres. Elle en est la cause comme elle en est l'effet. Les policiers la vivent inévitablement ainsi, en tant qu'auteurs puis, eux aussi, victimes, et c'est ainsi que leur est transmis par le pouvoir, selon les cas, la même hostilité qu'il peut nourrir envers les manifestants.. Ils se sentent eux mêmes menacés. Ils s'identifient à ceux qui les commandent, la boucle est bouclée. Le discours officiel, n'a plus alors qu'à décrire la violence. Et c'est toujours la même technique répétée : statistiques du nombre de policiers blessés, images de la violence des manifestants montées en épingle etc...Quand on revoit, le récit développé par les médias et le pouvoir lors de la révolte des gilets jaunes, il n'y aurait pas une virgule à changer. Et toujours les mêmes faits : yeux éborgnés, mains arrachées, grenades destructrices, interdites partout en Europe mais dont on dit cyniquement qu'"elles ne sont pas létales", mais qui peuvent être pires que causer la mort, milliers d'arrestations, jeunes mineurs de surcroit, bref autant, si ce n'est plus, que dans les pays totalitaires, etc..

La réponse géniale du mouvement lycéen

C'est connu la violence appelle la violence, et rien n'est plus aisé alors, pour ceux qui dirigent, d'en masquer les causes. Elle se suffit à elle même. il n'est plus besoin d'en rechercher les causes, d'en parler. C'est ce qui qui se passe dans les grands medias crypto-officiels, publics et privés français. A ce sujet, il est intéressant de noter ce lapsus fait par tous ces medias, ainsi que par les forces de droite, celles au pouvoir ainsi que le RN : ils ont claironné à longueur de plateaux et de déclarations qu' "en démocratie, l'Etat a le monopole de la violence et que celle la sienne était légitime". Or la definition réelle est que "l'Etat a le monopole de la force" et non de la violence et que seule la force quand elle est exercée par l'Etat est légitime. Quel lapsus et quel aveu !
Quand deux camps utilisent la violence, qu'elle soit première, ou secondaire à celle suble, qu'elle soit celle de l'initiateur, ou celle de la victime, rien n'est plus facile alors de brouiller les cartes. La raison en est simple : toute violence, qu'elle soit celle de l'opprimé ou de l'oppresseur, est inhumaine, désastreuse humainement, destructrice physiquement sur celui qui la subit. Elle rend difficile le discernement. C'est pourquoi la violence est le péché préféré des dictatures qu'elles soient directes ou indirectes..
Dans l'Histoire, la lutte non violente a été une réponse à cette impasse qui fait le plus souvent le nid de l'oppression. La decision aujourd'hui du mouvement lycéen, non pas seulement de proclamer qu'il est pacifique non violent, mais d'organiser la non violence, brassards et casques blancs, encadrement conjoint avec les organisations syndicales, est une réponse géniale au piège dans lequel ont voulu l'enfermer les forces qui lui sont hostiles.

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