Alors que la mobilisation des lycéens se poursuit en France, LFI dénonce une réponse policière qu'elle juge disproportionnée et accuse le gouvernement de recourir à la "répression" face aux revendications de la jeunesse. Le groupe parlementaire a notamment réclamé la démission du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, ainsi que l'ouverture d'une commission d'enquête sur les violences policières et les mesures prises à l'encontre des jeunes mobilisés.
La France insoumise (LFI) a vivement dénoncé mardi la réponse policière à la mobilisation des lycéens, accusant le gouvernement de privilégier la "répression" au dialogue. La présidente du groupe à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a réclamé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qu'elle tient pour responsable de la réponse sécuritaire aux manifestations.
Elle a assuré que les députés insoumis seraient mobilisés aux côtés des lycéens, dont les revendications sont également soutenues par des organisations étudiantes, des syndicats de l'éducation et plusieurs associations.
"Si vous cherchez un responsable à ce mouvement, ce n'est certainement pas La France insoumise. Il s'appelle Emmanuel Macron et la politique de casse de l'Éducation nationale qui est faite depuis maintenant neuf ans", a-t-elle déclaré.
Mathilde Panot a notamment dénoncé les suppressions de postes d'enseignants prévues, selon elle, dans le budget et accusé les autorités de répondre aux revendications des jeunes par la répression.
"La France est le seul pays européen où des enfants peuvent être mutilés juste pour avoir manifesté pour un avenir meilleur et des conditions dignes d'éducation", a-t-elle affirmé.
Évoquant notamment des jeunes blessés et placés en garde à vue, le député LFI Thomas Portes a annoncé que son groupe déposerait une proposition de résolution visant à créer une commission d'enquête sur les violences policières, administratives et pénales commises, selon lui, dans le cadre de la mobilisation.
"Aujourd'hui, la jeunesse qui se mobilise, la réponse de l'État, ça ne peut pas être les tirs de LBD, ça ne peut pas être les grenades de désencerclement, ça ne peut pas être les gardes à vue préventives pour faire peur, ça ne peut pas être la répression, ça doit être une réponse politique", a déclaré Portes.
Le député a surtout annoncé que son groupe allait déposer une proposition de résolution visant à obtenir la création d'une commission d'enquête parlementaire.
"Nous allons déposer une proposition de résolution pour demander une commission d'enquête sur les violences policières, administratives et pénales qui s'exercent depuis maintenant plus de dix jours dans le cadre de cette mobilisation", a-t-il déclaré.
LFI réclame également le départ du préfet des Hauts-de-Seine et appelle le gouvernement à mettre fin à la "répression", à favoriser le dialogue dans les établissements scolaires et à répondre aux revendications des lycéens et des étudiants.
Thomas Portes a souhaité que la commission d'enquête réclamée par LFI soit mise en place "le plus rapidement possible", estimant que les responsabilités devraient être recherchées tant au niveau de ceux qui donnent les ordres que de ceux qui les exécutent.
Les députés insoumis ont par ailleurs annoncé leur participation aux mobilisations sur le terrain, tout en maintenant leur présence à l'Assemblée nationale. Jean-Luc Mélenchon devrait également prendre part à la mobilisation, tandis que des militants de LFI porteront des brassards blancs pour afficher leur soutien aux jeunes manifestants.
La mobilisation lycéenne s'inscrit ainsi dans un climat de tensions croissantes entre le gouvernement et une partie de la jeunesse. Alors que LFI réclame une enquête sur les violences dénoncées lors des manifestations et un changement de méthode des autorités, la poursuite de la contestation pourrait accentuer la pression sur l'exécutif et relancer le débat sur la réponse policière aux mouvements sociaux.
