
Fatima Ezzahra El Mansouri, nouvelle cheffe du gouvernement marocain. [Photo d'illustration]
Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme désignée à la tête du gouvernement marocain, a trouvé ses alliés. Le 12 octobre, quatre partis se sont entendus pour former une majorité de 207 députés. Le parti d'Aziz Akhannouch, qui dirigeait le précédent exécutif, restera dans l'opposition.
Le 12 octobre, à Rabat, Fatima Ezzahra El Mansouri a mis fin à deux semaines de tractations : le Parti authenticité et modernité (PAM), dont elle est issue, gouvernera avec l'Istiqlal, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). L'accord, annoncé dans un communiqué commun, lui assure 207 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Il en fallait 198 pour disposer de la majorité absolue.
Le choix des partenaires n'allait pourtant pas de soi. Deux des trois formations qui rejoignent le PAM, l'USFP et le PPS, siégeaient jusqu'ici dans l'opposition. Avec l'Istiqlal, elles renouent avec une vieille histoire commune : celle de la Koutla, alliance qui a longtemps compté dans la vie politique marocaine. Le communiqué revendique une "proximité intellectuelle et politique" entre les quatre partis.
Akhannouch quitte la majorité
Le grand absent de cet accord est le Rassemblement national des indépendants (RNI). Son chef, Aziz Akhannouch, dirigeait le gouvernement depuis 2021, avec le PAM et l'Istiqlal comme partenaires. Arrivé deuxième aux législatives du 23 septembre avec 66 députés, le RNI ne fera donc pas partie de la nouvelle équipe.
Le PAM, vainqueur du scrutin avec 97 sièges, a préféré s'entendre avec les trois anciens partenaires de la Koutla. Selon le communiqué, les discussions ont porté autant sur le bilan de la précédente législature que sur les orientations du futur gouvernement. Les quatre partis promettent notamment de travailler sur la justice sociale, les libertés publiques et les écarts de développement entre les régions.
Une équipe à composer, un budget à présenter
Le 3 octobre, devant le Conseil national du PAM, elle avait précisé ses attentes : "Nous voulons des responsables politiques, des compétences, des personnes intègres, éthiques, porteuses de valeurs et prêtes à se sacrifier pour cette nation", avait-elle déclaré. Chaque formation proposera ses candidats, tandis que les discussions se poursuivent sur le programme commun.