
Source: Gettyimages.ru
Des manifestants sur la place de la République, à Paris, le 17 octobre 2026. [Photo d'illustration]
Après l'interdiction ou la modification de plusieurs cortèges en France, les "gilets jaunes" dénoncent des atteintes aux libertés publiques. Ils prévoient des rassemblements devant l'Assemblée nationale et les mairies, et souhaitent réunir étudiants, travailleurs et retraités autour d'une même contestation des décisions de l'exécutif français.
Les "gilets jaunes" ont appelé, le 24 octobre, à une nouvelle mobilisation le 31 octobre pour dénoncer ce qu'ils qualifient de "dérive autoritaire" du gouvernement français. L'annonce a été faite lors d'une conférence de presse place de la Bastille, à Paris, alors que plusieurs manifestations ont été interdites ou soumises à des restrictions dans le pays.
Le mouvement prévoit des rassemblements et des sit-in devant l'Assemblée nationale, à Paris, ainsi que devant les mairies à travers la France. Cette journée d'action vise à défendre les libertés publiques, notamment le droit de manifester. "Nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés", ont déclaré deux représentants de sa coordination.
Des restrictions qui alimentent la contestation
Cet appel intervient une semaine après les violences et les pillages du 17 octobre, dans un climat social marqué par de nouvelles tensions. Le samedi 24 octobre, plusieurs cortèges ont été interdits ou ont vu leur itinéraire modifié par les autorités. Des décisions vivement contestées par les organisateurs, qui y voient une atteinte au droit de manifester.
À Paris, la préfecture de police a notamment interdit le parcours initialement prévu entre les places de la Bastille et de la Nation pour une manifestation contre la vie chère et en soutien aux revendications lycéennes. Un autre itinéraire, entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes, a été imposé. Les organisateurs ont finalement accepté ce changement après le rejet de leur recours par la justice.
Par ailleurs, les autorités françaises ont annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes dans le pays pour encadrer les manifestations.
Les gilets jaunes accusent le gouvernement de répression
Face à ces restrictions, les représentants des "gilets jaunes" dénoncent la politique du gouvernement, qu'ils accusent de répondre aux revendications sociales par la répression plutôt que par le dialogue. "Il y a une colère dans ce pays" qui "n'est pas entendue", ont-ils déclaré, dénonçant le "mépris", le "refus d'écouter", le "mensonge" et la "répression" de l'exécutif.
Les organisateurs accusent également le gouvernement de chercher à affaiblir la contestation en divisant les manifestants. "Le gouvernement tente de nous diviser. En criminalisant notre mouvement, il veut empêcher le front uni qui est en train de naître", ont affirmé les représentants du mouvement.
En réponse, ils appellent à organiser des "assemblées de convergence" partout en France, afin de réunir lycéens, étudiants, travailleurs, paysans, retraités et "gilets jaunes" autour de revendications communes.
"Notre réponse, c'est l'union", ont-ils insisté. La mobilisation du 31 octobre doit ainsi permettre au mouvement de défendre le droit de manifester et de fédérer les différentes composantes de la contestation sociale.