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Des émeutiers dans les rues de Paris, le 17 octobre 2026. [Photo d'illustration]
Dans une interview au Figaro, Pierre Brochand, ancien patron de la direction générale du renseignement extérieur, estime que les "éruptions de violence", comme celles observées lors de la journée du 17 octobre, devraient "se reproduire, avec une fréquence et une intensité accrue", au regard notamment de l'affaiblissement de l'autorité de l'État.
"Une fois lancé, le processus devient très difficile, pour ne pas dire impossible, à arrêter", a confié au Figaro, dans un entretien publié ce 26 octobre, Pierre Brochand, ancien directeur général (2002-2008) de la direction générale du renseignement extérieur (DGSE), au sujet des pillages de commerces qui ont eu lieu en masse en marge de l'"Acte I" de mobilisation contre la vie chère, le 17 octobre.
"Tout ce qui se passe n'a rien de surprenant. Sauf, pour ceux, qui, par naïveté, hypocrisie ou idéologie, ont refusé de voir les nuées annonçant l'orage", a-t-il également déclaré, interrogé sur les déclarations du ministère de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a qualifié les violences d'"inédites".
"Le dispositif" sécuritaire "aura du mal à reprendre la main"
Le haut fonctionnaire est notamment revenu sur le cas de Marseille, où, selon les chiffres de la préfecture des Bouches-du-Rhône, quelque "30 000 pilleurs" auraient pris d'assaut le centre-ville. "Une énorme ligne rouge a été franchie: les dévaliseurs de magasins ont découvert ce qu'ils n'avaient pas encore pleinement mesuré, à savoir que la voie d'une curée leur était grand ouverte", a prévenu Pierre Brochand.
Pour ce dernier, ces exactions ne sauraient être réduites à une simple délinquance opportuniste. "Ceux que l'on appelle, par commodité, des"racailles"ne sont pas que cela. Il y a, derrière leurs actes, une motivation, tout aussi politique que celles de l'ultra gauche : reprendre, sur le tas, à l'ancien colonisateur, ce dont celui-ci aurait dépossédé leurs ancêtres", a-t-il développé et de pointer du doigt la "coalition de minorités" entre des jeunes de quartiers issus de l'immigration extra-européenne et les "escadrons de la gauche activiste".
Ainsi, prédit-il, "ces éruptions ont déjà eu lieu. Elles devraient se reproduire, avec une fréquence et une intensité accrue", estimant qu'après les mieux du 24 octobre "même ainsi renforcé, le dispositif aura du mal à reprendre la main, face à des révoltés, qui ont professionnalisé leurs tactiques et, notamment, intégré la dispersion et la mobilité, comme facteurs déterminants de la saturation adverse".