🏛️ 27/10/2026 ssofidelis.substack.com  5min ⁎️ 5 #331374

 France: Lecornu a demandé aux opérateurs de télécommunications de restreindre l'accès aux réseaux sociaux lors des manifestations du 24 octobre (rapport)

Manifestations du 24 octobre : Sébastien Lecornu avait préparé la coupure de Tiktok, Instagram, Snapchat et X

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Manifestations du 24 octobre : Sébastien Lecornu avait préparé la coupure de TikTok, Instagram, Snapchat & X

Par  Yoann pour le Média en 4-4-2, le 25 octobre 2026

Quelques heures avant les manifestations du 24 octobre, le gouvernement préparait une éventuelle interruption des principaux réseaux sociaux. TikTok, Instagram, Snapchat et X figuraient sur la liste. Selon une enquête de Blast, Sébastien Lecornu avait personnellement demandé aux quatre grands opérateurs français de se tenir prêts. Une opération confidentielle qui n'a finalement pas été déclenchée, mais dont la préparation en dit long sur les méthodes envisagées à Matignon pour gérer la contestation.

Une lettre confidentielle envoyée aux opérateurs français

Le courrier est daté du 22 octobre 2026. Signé Sébastien Lecornu, il est adressé à Christel Heydemann pour Orange, Benoît Torloting pour Bouygues Telecom, Thomas Reynaud pour Free/Iliad et Arthur Dreyfuss pour SFR/Altice.

Son contenu,  révélé par  Blast le 24 octobre, est particulièrement sensible : les opérateurs doivent envisager une suspension temporaire de Snapchat, TikTok et Instagram, notamment sur les réseaux mobiles, "en cas de réitération de violences urbaines". X sera ajouté à la liste après l'envoi initial.

Le dispositif doit pouvoir être activé durant le week-end des 24 et 25 octobre, pour quelques heures, selon l'évolution de la situation.

Il ne s'agit pas d'un ordre de coupure immédiate. Matignon demande une préparation technique, susceptible de déboucher sur une décision ultérieure. La nuance est importante : aucun blocage n'a finalement été appliqué le 24 octobre.

Après les manifestations du 17 octobre, Matignon envisage la coupure

Pour justifier cette préparation, le gouvernement invoque les violences survenues les 17 et 18 octobre. Les réseaux sociaux auraient facilité la coordination de certains groupes, la circulation de consignes illicites et l'organisation de pillages.

La tension  politique était déjà palpable. Comme nous le rapportions avec  ce zapping du 21 octobre, Emmanuel Macron promettait d'empêcher de nouveaux désordres, tandis que Lecornu dénonçait un "schéma insurrectionnel".

Les  appels à ressortir les Gilets jaunes le 17 octobre avaient notamment circulé sur TikTok et X.

À Matignon, on envisageait donc de priver temporairement des millions d'utilisateurs de plateformes entières pour empêcher les agissements d'une partie d'entre eux. Une conception du maintien de l'ordre qui ressemble furieusement à une punition collective.

Les opérateurs télécoms refroidissent les ambitions de Matignon

Le 23 octobre, une visioconférence réunit les représentants des opérateurs. L'accueil réservé au projet est loin d'être enthousiaste.

Première difficulté : le filtrage DNS envisagé ne permet pas aisément de cibler uniquement les utilisateurs mobiles ou certaines zones géographiques. Des outils comme les  VPN peuvent également permettre de contourner les restrictions.

Deuxième obstacle, autrement plus embarrassant : la légalité de l'opération. Les opérateurs réclament un acte administratif formel, motivé et publié. Ils interrogent aussi la nécessité et la proportionnalité d'une mesure susceptible d'affecter des personnes étrangères aux violences.

La question de la  censure des réseaux sociaux sous Emmanuel Macron n'est d'ailleurs pas nouvelle. Le chef de l'État avait déjà défendu leur interdiction aux mineurs de moins de 15 ans.

En Nouvelle-Calédonie, le Conseil d'État avait déjà sanctionné un blocage

Le gouvernement connaît pourtant le précédent. En mai 2024, pendant les émeutes en Nouvelle-Calédonie, TikTok avait été bloqué sur décision gouvernementale.

Le 1er avril 2025, le  Conseil d'État a jugé cette interruption illégale, considérant qu'elle avait porté une atteinte disproportionnée aux libertés.

La juridiction admet qu'un blocage puisse exceptionnellement être décidé, mais seulement s'il est indispensable, qu'aucune solution moins restrictive n'est immédiatement disponible et que sa durée demeure strictement limitée.

Un cadre juridique particulièrement exigeant pour un gouvernement qui envisageait de suspendre quatre plateformes simultanément.

Matignon n'a pas répondu aux sollicitations de Blast. Au 25 octobre, aucune coupure n'a été constatée et aucun démenti public n'a été rapporté.

Pendant ce temps, la  liberté d'expression sur les réseaux sociaux demeure un sujet de confrontation récurrent entre l'exécutif, les juridictions et les citoyens.

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