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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE)
L'annonce du départ anticipé de Christine Lagarde ouvre la voie à plusieurs nominations au directoire de la Banque centrale européenne. Ce calendrier permettra à Emmanuel Macron de participer au choix de son successeur avant la présidentielle de 2027, alors que le RN et LFI expriment des positions divergentes sur la politique monétaire européenne.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, quittera ses fonctions le 7 février 2027, selon un communiqué publié par l'institution le 29 octobre. La BCE a précisé qu'elle avait informé le Conseil des gouverneurs et le président du Conseil européen, António Costa, de sa décision. Conformément à la procédure prévue par les traités de l'Union européenne, son successeur sera nommé par le Conseil européen.
Ce départ anticipé alimente les spéculations quant à un éventuel retour de Christine Lagarde sur la scène politique française. Politico rapporte les propos d'un responsable proche de la présidente de la BCE, qui a affirmé, sous couvert d'anonymat, qu'elle avait pris cette décision pour disposer d'"une plus grande liberté d'exprimer ses opinions et de s'engager dans des questions non monétaires, car elle ne peut rester neutre face à l'évolution de la situation dans son pays et dans le monde".
Vers de nouvelles nominations au directoire de la BCE
L'annonce du départ de Christine Lagarde ouvre la voie à un accord global entre les capitales de l'Union européenne (UE) sur au moins trois nominations au sein du directoire de la BCE, composé de six membres. Les négociations s'annoncent intenses, compte tenu du rôle crucial de l'institution sur les marchés mondiaux et des pressions croissantes qui pèsent sur les finances publiques européennes.
Parmi les candidats pressentis figurent le Néerlandais Klaas Knot, ancien gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas, et l'Espagnol Pablo Hernández de Cos, président de la Banque des règlements internationaux et ancien gouverneur de la Banque d'Espagne. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a indiqué qu'une décision serait prise d'ici la fin de l'année, rapporte Politico.
L'UE tente de se prémunir du risque que représente Marine Le Pen
En France, le départ de Christine Lagarde permettra au président Emmanuel Macron de participer au choix de son successeur à la tête de la BCE avant la fin de son second mandat, prévue le 13 mai 2027. Alors que les sondages placent Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale, parmi les personnalités en vue pour la prochaine élection présidentielle, "l'UE tente de se prémunir, au moins en partie, contre le risque que Marine Le Pen, candidate de droite, remporte l'élection présidentielle française", a déclaré Holger Schmieding, responsable de la recherche chez Berenberg Bank, cité par Politico.
La dirigeante du RN, critique de longue date de l'UE et partisane d'une "Europe des nations souveraines", pourrait avoir une conception radicalement différente du profil appelé à diriger la BCE.
Le chef de LFI redoute une manœuvre similaire à celle de la Banque de France
De son côté, le chef de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une manœuvre du président français, qui avait déjà pesé sur la nomination d'un nouveau gouverneur de la Banque de France en plaçant son collaborateur Emmanuel Moulin à ce poste, après le départ anticipé de François Villeroy de Galhau.
En matière de finances publiques, Jean-Luc Mélenchon a également avancé l'idée que la BCE se défasse de ses engagements liés à la dette française, une proposition largement rejetée par la droite française et le camp macroniste.
Le successeur de Christine Lagarde devra prendre les rênes de la BCE dans un contexte particulièrement délicat. Les marchés obligataires européens connaissent de fortes tensions et les coûts d'emprunt atteignent des niveaux élevés sous l'effet de plusieurs facteurs : une inflation alimentée par les conflits internationaux, les évolutions démographiques et la concurrence exercée sur les marchés des capitaux par les grandes entreprises technologiques, qui investissent massivement dans l'intelligence artificielle.