par Dr. Eloi Bandia KEITA
Quand Sonko quitte le palais pour prendre la forteresse, lorsque Diomaye découvre la solitude du pouvoir réel et que les profondeurs géopolitiques du système mondial réapparaissent derrière la crise sénégalaise
Le Sénégal vient peut-être d'entrer dans l'une des séquences politiques les plus importantes de l'histoire contemporaine africaine, non pas simplement parce qu'un président aurait limogé son Premier ministre, non pas parce qu'une rivalité personnelle aurait éclaté au sommet de l'État, ou même parce qu'un conflit stratégique opposerait désormais deux hommes issus du même mouvement révolutionnaire, mais parce qu'à travers cette crise apparaît soudain, à nu, sans maquillage diplomatique, la question centrale qui poursuivra probablement toute l'Afrique au XXIe siècle : comment gouverner un État officiellement souverain lorsque les centres réels de stabilité financière, de validation monétaire, d'accès au crédit, de sécurisation énergétique, de notation économique, de confiance bancaire et d'intégration commerciale demeurent encore largement extérieurs au continent lui-même ? Voilà la vraie question.