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 81e session de l'Assemblée générale de l'Onu : Le multilatéralisme à l'épreuve d'un monde dominé par les rapports de puissance

Le discours de Trump à l'Onu, défense maladroite et insensée d'un agresseur vaincu (Mohsen Rezaï)

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité national de la République islamique d'Iran (CSSN), Mohsen Rezaï. (Photo d'Archives)

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique d'Iran (CSSN), le général de division Mohsen Rezaï, a dénoncé les menaces proférées par le président américain Donald Trump contre l'Iran devant l'Assemblée générale des Nations Unies, qualifiant son discours de tentative désespérée et insensée d'un "agresseur vaincu" pour justifier ses crimes de guerre devant la communauté internationale.

S'exprimant ce mercredi 23 septembre à l'antenne de la chaîne d'information de la Radiodiffusion de la République islamique d'Iran (IRIB), le général Rezaï a souligné le contraste entre les postures diplomatiques affichées par Washington aux Nations Unies et la dure réalité stratégique de l'échec de sa guerre d'agression contre l'Iran.

Cette vive condamnation intervient alors que les États-Unis tentent de profiter de la tribune de l'ONU pour rallier le soutien des pays occidentaux à leur siège économique et à leur blocus naval en cours contre l'Iran.

Prenant la parole mardi devant l'Assemblée générale de l'ONU, Trump a menacé d'"anéantir" l'Iran si Téhéran n'acceptait pas un accord mettant fin à la guerre d'agression lancée conjointement par les États-Unis et Israël contre le pays il y a sept mois.

"J'ai une grande décision à prendre", a lancé Trump depuis la tribune l'Assemblée. "Un accord sera-t-il conclu avec l'Iran, qui lui permettra de se reconstruire et de devenir un pays bien plus grand qu'il ne l'a jamais été ? Ou bien vais-je anéantir la République islamique, et le faire rapidement, sans jamais lui laisser l'occasion de tuer et de détruire à nouveau des gens et des pays ? Dois-je les conduire en enfer, sans aucune chance de survie ni aucun espoir de grandeur future ou de générations futures ?".

Y réagissant, l'état-major général des forces armées iraniennes et le quartier général central Khatam al-Anbiya, ont publié mercredi un communiqué conjoint, fustigeant les menaces de Trump, les considérant comme un signe de "désespérance stratégique" et un instrument de propagande politique intérieure.

"Les propos hostiles et les menaces répétées du président américain contre l'Iran depuis la tribune de l'ONU visent à justifier son agression", selon ledit communiqué, dans lequel les deux instances ont affirmé que les forces armées iraniennes sont prêtes à infliger aux États-Unis et à Israël des "frappes encore plus sévères, écrasantes et imprévisibles" si de nouvelles attaques sont lancées.

Au cours de son entretien, le général Rezaï a déclaré que le discours de Trump constituait une erreur historique, affirmant qu'il était apparu sur la scène mondiale comme un "criminel vaincu", tentant désespérément de se défendre.

"C'est le premier président américain dont tout le discours tourne autour de l'Iran, ce qui prouve que l'Iran est le plus grand souci de la politique américaine. Cela n'aurait pas été possible sans la grandeur de l'Iran", a-t-il souligné.

Il a indiqué que les médias américains ont largement ignoré ou minimisé les propos de Trump, car ses politiques n'engendrent rien d'autre que des coûts.

"Il a infligé de tels dégâts aux États-Unis qu'il a non seulement perdu sa propre popularité, mais a également sapé la crédibilité du parti qui le soutient. Regardez maintenant la situation de l'essence aux États-Unis, l'état des réserves stratégiques et des missiles. Regardez dans quelle situation ils se trouvent. Ils dissimulent constamment le nombre de leurs pertes. Les médias américains eux-mêmes demandent : pourquoi cachez-vous le nombre de pertes ?", a-t-il poursuivi.

Il a en outre établi une nette distinction entre la posture défensive de l'Iran et les campagnes d'agression menées par Washington et Tel-Aviv, en soulignant : "depuis le début de la Révolution islamique, nous n'avons attaqué personne ; nous nous sommes uniquement défendus".

"Trump et Netanyahu ont créé le terrorisme le plus violent au monde. Ils ont tué 25 000 enfants à travers le monde. Sont-ce eux qui sont les terroristes, ou bien nous, dont les enfants sont tombés en martyr dans des écoles ?", a-t-il interrogé, en faisant référence à la frappe meurtrière menée par l'armée américaine contre l'école primaire Shajareh Tayyebeh dans la ville méridionale de Minab.

Trump sait parfaitement qu'il est le principal accusé de crimes de guerre et qu'il finira par devoir rendre des comptes, a-t-il ajouté.

Dans un autre volet de ses propos, le général Rezaï a réfuté les menaces proférées par Trump de ramener l'Iran à "l'âge de pierre", soulignant que la République islamique d'Iran est plus puissante que jamais. Il a cité les récentes déclarations du chef de l'armée française, qui a reconnu que la résistance de l'Iran a démontré qu'il ne se rendra jamais.

Évoquant les succès militaires des forces armées iraniennes durant la guerre d'agression américano-israélienne, M. Rezaï a fait état de réalisations inédites sur le champ de bataille. "Qui a abattu le premier F-35 ? Qui a cloué au sol les avions de surveillance AWACS américains ? La liste de nos victoires est immense".

Il a révélé que les forces iraniennes ont infligé de graves dommages structurels aux équipements militaires américains à Bahreïn ainsi qu'à la base de Diego Garcia. "Pour la première fois, nous avons été capables de faire exploser notre missile directement au-dessus du porte-avions USS George Washington", a-t-il fait savoir.

Il a fait part de la supériorité navale de l'Iran, en indiquant : "Nous avons réussi à capturer un sous-marin américain de très grande valeur. Nos spécialistes procèdent actuellement à sa rétro-ingénierie et nous découvrons leurs avancées technologiques".

Abordant l'impasse diplomatique persistante, le secrétaire général du CSSN iranien a déclaré que Téhéran a atteint un nouveau sommet stratégique et qu'il ne reviendra pas à la période des négociations d'avant-guerre.

"Nous avons une nouvelle diplomatie qui agit avec puissance. Nous obligerons les États-Unis à gagner la confiance de la nation iranienne, et c'est à eux d'agir en premier", a-t-il dit.

Dans ce contexte, il a indiqué que l'Iran a officiellement formulé sept conditions pour parvenir à un règlement du conflit. "Les Pakistanais, les Qataris et les Irakiens nous ont demandé quelles étaient nos conditions. Ils nous ont dit que les Américains les avaient demandées. Nous avons alors consigné nos conditions par écrit", a-t-il expliqué, avant de préciser que lesdits pays sont en possession des conditions de Téhéran.

À la suite d'une réunion de haut niveau avec le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, il a été décidé que ces conditions seront officiellement communiquées à Washington.

"Tant que nos conditions ne seront pas satisfaites, le détroit d'Ormuz ne sera pas rouvert et nous ne négocierons point. Les Américains ne sont pas dignes de confiance, c'est pourquoi nous sommes entrés dans cette nouvelle phase. Ils doivent d'abord instaurer la confiance", a-t-il martelé.

Évoquant ensuite la dynamique régionale et la menace américaine de sanctionner les compagnies aériennes iraniennes, Mohsen Rezaï a lancé une ferme mise en garde aux pays voisins : "Nous demandons à tous les pays de la région de ne pas se lancer dans l'aventurisme américain. S'ils n'autorisent pas les avions iraniens à voyager, leurs aéroports ne pourront pas non plus accueillir de vols. Vous êtes nos amis, mais vous ne devez pas rejoindre les rangs des États-Unis. Vous devez empêcher l'élargissement de la guerre."

Plus loin dans ses propos, le général Rezaï a abordé la question du Yémen, réaffirmant le soutien de la République islamique d'Iran au droit du peuple yéménite à prendre ses propres décisions. "Les Yéménites sont indépendants et nous ne voulons pas d'une guerre entre l'Arabie saoudite et le Yémen. Nous ne sommes pas des bellicistes", a-t-il souligné.

Et de conclure : "L'Iran cherche à assurer la stabilité régionale, tout en restant pleinement préparé à défendre sa souveraineté contre toute agression étrangère".

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