Komla YAWO
La 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU s'est ouverte ce mardi 22 septembre 2026 à New York dans un contexte international particulièrement tendu. Près de 130 chefs d'État et de gouvernement sont attendus en personne durant la Semaine de haut niveau, consacrée notamment aux conflits, au climat, à la santé et à la gouvernance de l'intelligence artificielle. Le thème officiel de cette session, "Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous", résume une difficulté centrale; comment préserver l'action collective alors que les divergences entre grandes puissances se multiplient ?
L'ouverture prend également une dimension particulière avec le dernier discours d' António Guterres en tant que secrétaire général de l'ONU. Son mandat doit s'achever le 31 décembre 2026. Son intervention a placé au premier plan les guerres, le changement climatique, l'intelligence artificielle et la réforme des institutions internationales.
Guterres et l'urgence de restaurer la confianceLe discours d'António Guterres peut être lu comme un bilan, mais aussi comme une alerte sur l'état du système multilatéral. Le secrétaire général a appelé à mettre fin aux conflits et à renforcer la coopération internationale, tout en plaidant pour une gouvernance plus solide de l'intelligence artificielle.
Cette question devient progressivement incontournable pour l'ONU. L'IA n'est plus seulement un sujet technologique, elle touche désormais la sécurité, l'économie, l'information et les relations internationales. Cette semaine de haut niveau prévoit d'ailleurs plusieurs discussions consacrées à sa gouvernance.
Le message de Guterres intervient ainsi alors que l'Organisation cherche à démontrer qu'elle peut encore constituer un espace de dialogue entre États aux intérêts parfois contradictoires. C'est précisément l'enjeu du thème de cette 81e session; restaurer la confiance dans une institution dont l'efficacité est régulièrement questionnée face à la multiplication des crises.
Trump, un discours qui remet la souveraineté au centreL'intervention de Donald Trump apporte une tonalité différente aux débats. Le président américain a notamment consacré une partie importante de son discours à la guerre avec l'Iran, tout en évoquant la possibilité d'un accord avec Téhéran. Il a également défendu les actions militaires américaines et israéliennes contre l'Iran, que Washington présente comme liées à la question nucléaire iranienne, tandis que Téhéran conteste cette justification.
Ce discours illustre une tension structurelle du système international. L'ONU cherche à promouvoir des mécanismes collectifs, tandis que les grandes puissances continuent de défendre en priorité leurs intérêts stratégiques nationaux.
Le contraste entre les deux interventions est donc significatif. Guterres insiste sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération, alors que Trump met davantage l'accent sur la capacité des États-Unis à défendre directement leurs intérêts et à exercer leur puissance dans les crises internationales.
Une Assemblée générale confrontée à ses propres limitesLa 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU ne doit toutefois pas être réduite aux discours des deux dirigeants. Plusieurs dirigeants à l'instar de ceux du Brésil, de la Jordanie, de la Turquie, de la France se sont d'ailleurs succédés pour délivrer leur message. Les 193 États membres disposent chacun d'une voix à l'Assemblée générale, qui constitue le principal espace de débat politique de l'Organisation. La semaine de haut niveau doit également traiter du climat, du développement, de la prévention des pandémies, de la montée du niveau des mers et de la paix et de la sécurité.
Pour l'Afrique, les pays en développement et les États confrontés aux conflits, aux effets du changement climatique ou aux difficultés économiques, la question de l'efficacité du multilatéralisme reste centrale. L'Assemblée générale offre un espace de représentation relativement égalitaire, mais les rapports de force internationaux continuent de peser sur la mise en œuvre des décisions.
L'ouverture de cette 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU met ainsi en lumière une contradiction majeure; jamais les crises mondiales n'ont autant nécessité de coopération, alors que les intérêts nationaux et les rivalités géopolitiques compliquent cette coopération. Entre l'appel de Guterres à restaurer la confiance et le discours de Trump centré sur la puissance et les intérêts américains, la semaine new-yorkaise donne déjà un aperçu des débats qui vont structurer l'agenda international jusqu'à la fin de l'année.
