📚 26/09/2026 euro-synergies.hautetfort.com  3min ⁑️ 4 #328007

 81e session de l'Assemblée générale de l'Onu : Le multilatéralisme à l'épreuve d'un monde dominé par les rapports de puissance

La fin de l'Onu

377px/500px - 138.61 Koreduce by 50%del

La fin de l'ONU

Andrea Marcigliano

Source:  electomagazine.it

Soixante-dix-sept délégations ont quitté l'Assemblée générale des Nations unies lorsque Bibi Netanyahou s'apprêtait à prendre la parole.

Soixante-dix-sept... et, manifestement, il ne s'agissait pas uniquement de pays musulmans, loin de là, puisque figuraient notamment parmi eux le Venezuela et la Slovénie, pour ne citer que deux exemples.

Netanyahou a néanmoins pris la parole, sur un ton méprisant et devant une salle à moitié vide.

Sans probablement se rendre compte que cet "incident" confirme, ni plus ni moins, la fin de l'ONU.

Du moins de l'ONU telle qu'elle a existé jusqu'à présent.

C'est-à-dire une assemblée de pays contrôlée, dans les faits, par leur hôte. Un hôte — les États-Unis — qui se montre par ailleurs extrêmement vigilant et intrusif, et qui n'a jamais manqué une occasion de faire sentir qu'il était l'actionnaire majoritaire.

Certes, il y a déjà eu par le passé des moments où l'Assemblée s'est montrée réticente à obéir aux desiderata — ou plutôt aux ordres — de Washington.

Cependant, il s'est toujours agi de cas relativement marginaux, qui ne touchaient pas au fond même de la politique américaine.

Ici, la situation est nettement différente. Netanyahou représente celui qui a déterminé le choix des États-Unis de s'engager résolument contre l'Iran. Celui qui a fortement influencé leurs choix et leurs décisions, et qui continue de le faire.

500px/333px - 171.35 Koreduce by 50%del

Naturellement, la spectaculaire protestation des délégués de l'ONU concernait le massacre de Gaza, et non le conflit en cours avec l'Iran.

Il est toutefois inutile de se voiler la face. Les deux questions sont étroitement liées.

Condamner explicitement le carnage palestinien et le boucher israélien signifie aussi stigmatiser ceux qui permettent et cautionnent ce carnage.

Il s'agit donc de l'administration Trump, qui a placé l'alliance avec Tel-Aviv au-dessus de toute autre considération, lui sacrifiant tout reste de crédibilité.

Dans les faits, cela marque — ou plutôt pourrait marquer — la fin de l'ONU. Ou, du moins, de ce que l'ONU a jusqu'à présent feint et prétendu être.

La brutalité et l'arrogance de Netanyahou contraignent les Nations unies à se regarder en face. Et, surtout, à constater que l'administration Trump ne fait même plus semblant de leur reconnaître un rôle impartial.

C'est le signe de la fin. La fin, par ailleurs, d'un malentendu. D'un mensonge qui, depuis l'après-Seconde Guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui, a laissé croire aux rêveurs et aux utopistes qu'il pouvait exister un gouvernement mondial placé au-dessus des véritables puissances militaires et économiques.

Un réveil assurément brutal. Le rictus de Bibi sonnant le glas de cette chimère.

La salle qui se vide comme un retour à la réalité de la politique mondiale.

 euro-synergies.hautetfort.com