📚 28/09/2026 ssofidelis.substack.com  7min ⁂️ 7 #328178

 81e session de l'Assemblée générale de l'Onu : Le multilatéralisme à l'épreuve d'un monde dominé par les rapports de puissance

Le macabre new-yorkais dans toute sa splendeur

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Par  Nate Bear, le 25 septembre 2026

Ce qui s'est déroulé à New York relève d'une dégénérescence à couper le souffle, un tableau de dépravation qui souligne l'illégitimité de l'ordre impérial et des institutions qui le sous-tendent.

Lors de l'Assemblée générale des Nations unies, des dirigeants mondiaux, parmi lesquels des criminels de guerre recherchés, se sont succédé à la tribune pour se vanter de génocides, de crimes de guerre et de massacres. Les dirigeants libéraux, complices des exactions de l'empire malgré leurs prétendues valeurs humanitaires, ont excusé ou minimisé ces crimes, tandis que d'autres se sont félicités d'y avoir contribué.

Trump a ouvert le bal en  menaçant l'Iran de l'apocalypse, avant de se flatter du blocus illégal imposé à Cuba, puis se moquer triomphalement du Venezuela au sujet du vol de son pétrole par les États-Unis, déclarant que c'est  "au vainqueur revient le butin". En un peu plus d'une demi-heure - exigeant également la dissolution de la CPI - Trump a succinctement exposé pourquoi les États-Unis constituent la plus grande organisation terroriste que le monde ait jamais connue. Ce fut un spectacle écœurant. Mais plutôt que de s'opposer à la vision et à la conception de Trump d'un monde régi par une soif débridée de violence et de domination, les dirigeants libéraux ont soit cherché à l'excuser, soit soutenu sa vision.

Interrogé sur le langage de Trump, Mark Carney  a haussé les épaules, déclarant : "Eh bien, une guerre fait rage, et il tient le langage de la guerre". Après avoir banalisé les menaces de crimes de guerre, il a qualifié le pays visé par l'anéantissement impérialiste de "l'une des plus grandes menaces du monde, existentielle pour Israël et ses alliés". Carney, cette grande conscience libérale et supposé champion des valeurs occidentales, a préparé la voie rhétorique permettant à Trump et à Israël de se livrer à davantage de violences extrêmes et de meurtres de masse contre les Iraniens. Carney, encore encensé il y a quelques mois pour avoir tenu tête à Trump, a donné la priorité aux intérêts et à la sécurité d'un État commettant un génocide, plutôt qu'à ceux de l'État menacé de génocide. Carney est,  comme je l'ai déjà écrit, un individu abject.

Puis vint Mark Rutte, ex Premier ministre des Pays-Bas et actuel secrétaire général de l'OTAN,  qui a fièrement déclaré

 qu'"il aurait été impossible de mener l'opération Epic Fury sans l'Europe comme plate-forme de projection de puissance pour les États-Unis". Il a ajouté que "cinq mille avions ont décollé de bases européennes cette année pour soutenir l'opération Epic Fury. Les pays, les uns après les autres, les ont mis à disposition".

Oui, il a bien utilisé l'expression "plate-forme de projection de puissance" sans la moindre once de lucidité, tout en confirmant un niveau d'implication européenne que l'Europe a toujours cherché à nier. Une Europe qui, selon les propres termes de Rutte, n'existe qu'en tant que "plate-forme", un continent vassal d'où l'impérialisme se propage vers l'Est. Cette même Europe qui vient de  céder le Groenland à Trump et aux Américains pour qu'il serve d'extension à cette "plate-forme".

Ensuite, ce fut le tour de Netanyahu, le boucher de Gaza et criminel de guerre recherché, qui s'est vanté ouvertement de l'ultra-violence orchestrée par son État terroriste. Avant qu'il ne tienne des propos prônant la violence génocidaire depuis la tribune d'une organisation censée, officiellement, débarrasser le monde de ce type de pratiques, il a bénéficié d'une escorte policière imposante fournie par le maire de la ville qui, auparavant, a inscrit l'arrestation de ce criminel au cœur de sa campagne électorale. En juillet, pour devancer les accusations de trahison,  Mamdani a déclaré que son équipe a étudié les aspects juridiques et qu'il ne peut pas ordonner au NYPD d'arrêter Netanyahu. C'est peut-être vrai. Mais il aurait pu leur ordonner de ne pas  arrêter les manifestants contre le génocide. Il aurait pu leur ordonner de ne pas mettre à la disposition de ce criminel de guerre recherché un imposant dispositif de protection policier à travers la ville. Il aurait pu, a minima, se joindre lui-même à la manifestation. Mamdani est un lâche, un traître à la Palestine et aux Palestiniens. En matière de génocide, il a trahi bon nombre de ses électeurs. Cela ne me réjouit absolument pas de constater qu' un article que j'ai écrit sur Mamdani en janvier s'est avéré fondé, et à plusieurs reprises, depuis le début de son mandat de maire.

Les seuls dirigeants qui ont tenu des propos condamnant ces actes et tenté d'éveiller la conscience morale du monde sont ceux qui sont la cible des crimes impérialistes, mais ils sont qualifiés par l'establishment politico-médiatique occidental d'ennemis barbares, et leurs déclarations et avertissements sont ignorés. Le président iranien Masoud Pezeshkian, par exemple, a bien résumé l'absurdité de l'ordre impérialiste  lorsqu'il a déclaré que

"les bombes nucléaires se trouvent en Israël, mais les inspecteurs sont en Iran. Israël commet un génocide, et pourtant c'est l'Iran qui est sanctionné".

Pezeshkian a également délivré le message le plus sensé, le plus digne d'un homme d'État et le plus humain de ce sommet, en déclarant :

"Nous ne devons pas bâtir un monde où la puissance militaire supplante la légitimité, où les sanctions remplacent la diplomatie, où la terreur prend le pas sur la politique et où la guerre détrône le dialogue".

Son appel contrastait fortement avec les divagations génocidaires de Trump et Netanyahu, mais ces propos seront difficiles à trouver dans les médias occidentaux mainstream, complices de la guerre contre l'Iran, de l'hégémonie occidentale et de la dérive vers une dystopie toujours plus dense.

Quant aux victimes palestiniennes du génocide et de l'apartheid, elles ont vu leurs  visas révoqués avant même d'avoir pu mettre les pieds dans un avion. Un acte honteux de l'empire, mais pas surprenant, puisque depuis quatre-vingts ans, l'Occident s'efforce de priver les Palestiniens de toute tribune où exiger justice et responsabilisation. Ou simplement de toute tribune d'où ils pourraient raconter leur histoire.

Ces dernières années, le libéralisme occidental a connu de nombreux tournants décisifs, mais celui-ci sonne comme le coup de grâce, une flagrante démonstration d'inhumanité et un clou de plus dans le cercueil du droit international et du mythique ordre fondé sur des règles. La bonne nouvelle, c'est qu'un mythe ne meurt pas. Seule notre conception du monde, telle que ce mythe l'a créée, peut disparaître. Ce monde, nous le voyons aujourd'hui, n'était rien d'autre qu'une fiction présentable, une parodie d'ordre conçue pour enrober la conscience occidentale d'un baume rassurant. Une façade conçue pour dissimuler la véritable nature des réalités politiques. Rien de réel n'existait, donc rien ne peut être pleuré. Nous devrions cependant dénoncer ceux qui ont conçu cette façade d'humanitarisme libéral, un véritable système cynique pour enrayer toute avancée réelle et toute justice. Et nous devrions mépriser ceux qui continuent à refuser de comprendre ces conneries et ces mensonges, ou qui s'obstinent à croire que ces développements sont inédits et qu'un petit coup de pouce suffira à nous remettre sur les rails.

La vérité est plus flagrante que jamais.

Trump n'est pas une aberration. Le génocide de Gaza n'est pas une aberration. L'attaque contre l'Iran n'est pas une aberration. Les morts massives au service de l'empire ne sont pas une aberration.

Ce carnage découle, comme c'est le cas depuis les débuts du colonialisme, des esprits, des valeurs et des idéologies des "élites" occidentales. La barrière des convenances libérales qui empêchait que de telles valeur barbares et inhumaines soient exprimées à la tribune de l'ONU vient de tomber. Jamais les institutions tant vantées du libéralisme, et la démocratie libérale, n'ont été à ce point démasquées.

Et jamais le besoin de pensée, politique et formations révolutionnaires pour contribuer à refondre et remplacer ces systèmes et institutions n'a été aussi urgent.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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