Le discours de Trump lors de la 81e Assemblée générale montre que la politique belliciste des États-Unis pourrait s'accélérer dans les faits. Quant à savoir si les autres nations réagiront de manière appropriée, c'est une autre histoire.
La menace militaire de Trump à l'Assemblée générale des Nations unies
Alors que la Charte des Nations unies, le document qui a fondé l'Organisation des Nations unies (ONU), accordait la priorité à l'instauration et au maintien de la paix entre les nations, le président américain Donald Trump a profité de son discours à la 81e Assemblée générale des Nations unies pour bafouer ce document fondateur en proférant une menace militaire à l'encontre de l'Iran. Il convient de rappeler que Trump a lancé une guerre illégale contre l'Iran fin février 2026, s'ajoutant ainsi aux autres guerres menées par son pays, telles que celles au Vietnam et en Irak. Les guerres menées par Washington à l'échelle mondiale, qui présentent le pays comme un État belliqueux à l'échelle mondiale, ainsi que le discours de Trump du 22 septembre 2026, tel que présenté dans l'extrait ci-dessous, constituent une parodie de la gouvernance multilatérale : Un accord sera-t-il conclu avec l'Iran... ? Ou bien dois-je anéantir la République islamique et le faire rapidement, sans jamais leur donner la possibilité de tuer et de détruire à nouveau des populations et des pays ? Dois-je les précipiter en enfer, sans aucune chance de survie ni aucun espoir de grandeur future ou de générations à venir ?
La déclaration ci-dessus constitue une menace directe de recours à la violence contre un membre de l'ONU, en violation directe de l'article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies. Les États-Unis ont enfreint cet article plus que tout autre pays depuis la Seconde Guerre mondiale, en menant le plus grand nombre de guerres, d'interventions et d'opérations secrètes, et en imposant des sanctions unilatérales ayant entraîné un nombre de morts comparable à celui causé par le Japon ou l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale (nous y reviendrons plus tard). Les accusations de Trump à l'encontre de l'Iran, selon lesquelles ce pays aurait semé la mort et la destruction dans toute la région, relevaient de la projection, car l'Iran n'a pas déclenché de guerre depuis les années 1850. En revanche, une recherche sur Internet concernant le nombre de conflits militaires que les États-Unis ont déclenchés ou dans lesquels ils se sont engagés depuis 1945 donne près d'une centaine de résultats. Au cours des 80 dernières années, les États-Unis ont mis en œuvre un système militariste, dépassant le Japon de la Seconde Guerre mondiale ou l'Allemagne nazie en termes de pertes humaines.
Au cours des 81 dernières années, les États-Unis ont bombardé des dizaines de pays, tuant des millions de personnes sans même déclarer la guerre ; Washington s'est transformé en un zombie meurtrier sans cervelle. La seule autre nation qui s'en rapproche en termes d'état de guerre permanent est Israël, avant-poste militaire de Washington.
Une machine à tuer au service des profits de l'Occident - depuis 1945
Un examen minutieux du nombre de personnes que les États-Unis ont tuées au cours de guerres et par le biais de sanctions économiques, le plus souvent sans mandat de l'ONU ni du Congrès, révèle un bilan supérieur à celui de l'Allemagne nazie ( 40 millions) ou du Japon militariste ( environ 10 millions), ce qui soulève des questions quant aux raisons pour lesquelles les instances internationales n'ont pas enquêté sur ces agissements. On peut également se demander s'il existe un organisme international capable de garantir la justice pour tous.
Des sources ayant enquêté sur le nombre de personnes tuées par la machine militaire américaine après la Seconde Guerre mondiale dans des pays tels que la Corée, le Vietnam, le Laos, l'Irak et l'Afghanistan, entre autres, ont estimé le nombre de morts entre 20 et 30 millions. James A. Lucas a estimé ce chiffre à 30 millions, tandis que David Swanson est parvenu à un total de plus de 20 millions. D'autres sources ont fait état de bilans de victimes considérables, le Vietnam et l'Irak totalisant à eux seuls respectivement environ 1 et 3 millions de morts, ce qui corrobore les chiffres avancés par Lucas et Swanson.
Outre les victimes des actions militaires, les États-Unis ont imposé de nombreuses sanctions économiques ; une étude de 2025 publiée dans *The Lancet Global Health* a révélé que les sanctions unilatérales américaines entraînaient environ 564 000 décès supplémentaires chaque année. Ce chiffre annuel, extrapolé sur les cinq décennies durant lesquelles les États-Unis ont largement recouru aux sanctions économiques contre divers pays, représente un total de 28 millions de décès.
On peut donc affirmer que les États-Unis ont causé la mort, par le biais de guerres irresponsables, d'interventions militaires et de sanctions économiques, de près de 60 millions de personnes, soit plus que le nombre de morts enregistrés en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. La seule raison pour laquelle les institutions occidentales ne sont pas troublées par ces pertes est probablement que ces décès ont eu lieu dans des pays riches en ressources, qui ont enrichi leurs entreprises.
Malgré l'indifférence de l'Occident face aux guerres qui remplissent les caisses de ses grandes entreprises et satisfont ses populations, le moment est venu où les victimes jugent cette injustice intolérable. Le fait que les Yéménites aient été plongés dans la pauvreté et le choléra par les bombardements, que l'Iran soit enlisée dans la stagnation économique depuis un demi-siècle à cause des sanctions, ou encore que la Russie ait été contrainte, par les sanctions, de vendre son pétrole à prix cassés, montre qu'un système atteint son point de rupture. Personne ne devrait s'attendre à ce que ces victimes, et d'autres encore, restent les bras croisés. La menace de Trump d'anéantir les Iraniens et de les envoyer en enfer, bien qu'elle soit une musique douce aux oreilles des racistes à travers l'Occident, marque l'un des moments les plus dangereux de ces dernières décennies. Voici pourquoi.
Premièrement, cela révèle qu'il n'existe aucun mécanisme interne aux États-Unis pour empêcher une administration aux allures de seigneur de guerre de lancer une arme nucléaire non seulement sur l'Iran, mais aussi sur le Yémen, la Russie ou tout autre endroit où le colonialisme américain est rejeté.
Deuxièmement, elle révèle que l'ONU et les autres mécanismes internationaux ne sont pas en mesure de demander des comptes aux États-Unis, d'abord pour les dizaines de millions de personnes qu'ils ont déjà tuées, mais aussi pour une éventuelle escalade, y compris des attaques nucléaires.
Chacun pour soi : les mécanismes de sécurité internationaux sont morts depuis longtemps
Contrairement au passé, où l'Occident avait soigneusement mis en place une façade selon laquelle les systèmes internationaux pouvaient protéger les nations, il est désormais clair qu'aucune nation n'est à l'abri de la barbarie américaine. En effet, aucun pays ne portera devant le Conseil de sécurité de l'ONU les menaces de Trump visant à déstabiliser la paix mondiale, d'autant plus que les États-Unis opposeraient leur veto à une telle procédure.
L'ONU a été qualifiée d'instrument du colonialisme multilatéral, notamment par le professeur Peter Kagwanja qui, dans une interview diffusée sur la chaîne kenyane Citizen TV, a souligné que cette institution n'avait pas pris de mesures contre les meurtres commis par l'Occident en Afrique, comme l'assassinat de Patrice Lumumba. Elle n'a jamais non plus pris de mesures contre l'assassinat de Mouammar Kadhafi, ni contre les guerres menées par Washington au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Asie de l'Est.
L'ONU a permis aux nations occidentales d'agir à leur guise. Il convient notamment de noter que les dirigeants du Canada et d'Europe n'ont pas condamné la menace de Trump, mais ont continué à manifester leur sympathie envers Israël, qui n'a pas été menacé mais mène un génocide à Gaza avec l'aide de l'Occident. Si les Iraniens savaient qu'ils n'ont que deux options - l'une étant la capitulation, et donc de se laisser dévaster par la machine de guerre américaine comme l'Irak auparavant, ou un combat jusqu'au bout qui pourrait conduire les États-Unis à recourir à l'arme nucléaire -, alors rien ne justifierait que le pays ne développe pas ses propres armes nucléaires pour se défendre. Il en va de même pour tous les autres pays riches en ressources. Si les États-Unis, le Canada et l'Union européenne veulent faire valoir qu'il est acceptable de détruire un pays en raison du danger potentiel qu'il pourrait représenter pour Israël à l'avenir, tout en permettant à Israël de bombarder tous les pays de la région ou aux États-Unis de tuer des dizaines de millions de personnes, il est alors légitime que tous les pays développent leurs propres armes nucléaires. On ne peut en tirer aucune autre conclusion, si ce n'est que les États-Unis sont un État guerrier mondial soutenu par l'Occident pour détruire et piller le reste du monde, tout en utilisant l'ONU comme un mécanisme permettant de se décharger de leur culpabilité.
Simon Chege Ndiritu est un observateur politique et analyste de recherche originaire d'Afrique
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