
La police est intervenue à coups de gaz lacrymogènes pour disperser la foule tandis que des ambulances arrivaient sur les lieux. "C'est comme à Bagdad", a confié un témoin joint par téléphone.
Une mosquée voisine a été endommagée et huit musulmans sont au nombre des blessés.
"Les premiers éléments de l'enquête indiquent qu'une voiture est à l'origine de l'explosion. Elle était garée devant l'église et on pense qu'elle appartenait à une personne fréquentant souvent cette église", précise le ministère de l'Intérieur dans un communiqué..
La voiture piégée était, en effet, garée devant l'église alors qu'il est formellement interdit d'y laisser des véhicules depuis novembre, quand al-Qaïda avait menacé les églises d'Egypte pour la première fois. Des coptes réclament le limogeage immédiat du ministre de l'Intérieur « tout juste bon à falsifier les élections » peut-on lire sur des sites chrétiens. Des sites qui demandent au Pape Chénouda III l'annulation des festivités du Noël orthodoxe, le 7 janvier, en signe de protestation.
Même les proches du pouvoir comme le député nommé par le président Moubarak, Gamal Assaad n'arrivent pas à contenir leur colère. Ils demandent l'instauration de tribunaux militaires pour condamner rapidement et sévèrement les auteurs des attentats. « Il n'est plus question d'avoir des procès qui s'éternisent », a-t-il déclaré à la télévision étatique. Une allusion au procès des prévenus accusés d'avoir tué 7 personnes à l'arme automatique à la sortie d'une église de Haute-Egypte en janvier dernier. « Les belles paroles ne suffisent plus », a conclu le député.
Le président égyptien Hosni Moubarak a appelé chrétiens et musulmans d'Egypte à serrer les rangs "pour faire face aux forces du terrorisme", après l'attentat devant une église d'Alexandrie.
"Le président Hosni Moubarak a suivi l'acte terroriste criminel (...) dès qu'il a eu lieu et tout au long de la nuit jusqu'à l'aube d'aujourd'hui", affirme l'agence officielle égyptienne Mena.
Le chef de l'Etat "appelle les enfants d'Egypte --Coptes et musulmans-- à faire bloc face aux forces du terrorisme et à ceux qui veulent porter atteinte à la sécurité de la patrie, sa stabilité et l'unité de ses enfants", poursuit l'agence.
L'attentat est "une opération terroriste qui nous est étrangère" et qui porte la marque "de l'implication de mains étrangères", a-t-il affirmé dans un discours retransmis par la télévision d'Etat. Moubarak a également ordonné d'accélérer l'enquête pour découvrir qui est derrière l'explosion.
La France a condamné samedi "avec la plus grande vigueur" l'attentat à la voiture piégée qui a frappé l'Egypte.
"La France rappelle son attachement au respect des libertés fondamentales dont la liberté religieuse et son soutien aux autorités égyptiennes dans leur lutte contre le terrorisme", a déclaré la porte-parole adjointe du ministère des Affaires étrangères, Christine Fages, dans un communiqué.