Paulo Pena
C'est une embauche qui pose encore question. José Manuel Barroso, au centre d'une polémique sur son entrée chez Goldman Sachs, a entretenu des contacts étroits pendant son mandat à la tête de la Commission européenne (2004 à 2014) avec la banque américaine, selon des documents révélés samedi 24 septembre par le journal portugais Publico.
Les dirigeants de Goldman Sachs "faisaient parvenir au cabinet de Barroso de manière confidentielle

Une missive du 30 septembre 2013 signée par le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, fait ainsi état d'une visite discrète de José Manuel Barroso au siège de la banque à New York qui, selon le journal, ne figurait ni à son agenda officiel, ni dans les archives de la Commission.
"J'ai beaucoup apprécié notre discussion productive sur les perspectives économiques mondiales", écrit Lloyd Blankfein qui a fini par embaucher José Manuel Barroso comme président non-exécutif de Goldman Sachs International.
Des contacts "transparents" selon Barroso
Sollicité par le journal, José Manuel Barroso a "démenti catégoriquement" avoir eu une "relation spéciale avec une entité financière" durant l'exercice de ses deux mandats à Bruxelles.
"J'ai naturellement maintenu des contacts institutionnels - transparents et dûment enregistrés dans les archives de la Commission - avec de nombreuses entités politiques, patronales, syndicales et financières", a-t-il fait valoir. Parmi elles figuraient "les principales banques qui opèrent sur le marché européen", dans un contexte de "crise financière", a-t-il poursuivi.
Le journal cite entre autres une lettre d'une lobbyiste de Goldman Sachs faisant des propositions sur la législation des marchés financiers et une réponse d'un membre du cabinet de José Manuel Barroso qui a promis de les lire "avec grand intérêt".