par Servan Le Janne | 28/08/2018

Une énergie considérable est déployée pour le répéter : « L'ère de l'énergie bon marché est terminée », alertent des biophysiciens finlandais dans un rapport remis aux Nations unies le 14 août 2018. Mais plutôt que de seulement reprendre ce constat à d'autres scientifiques, ils en tirent une conclusion sans appel : le modèle économique issu de l'ère industrielle arrive lui aussi à son terme. « Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité », nous nous tournons vers « des sources d'énergie moins efficientes », ce qui signifie que sa production nécessitera à l'avenir « plus d'efforts ».
Les symptômes de la crise sont nombreux et se cumulent : « En plus du changement climatique rapide, de la perte de biodiversité et d'autres risques courus par l'environnement, les sociétés sont confrontées à une augmentation des inégalités et du chômage, une croissance ralentie, des niveaux de dettes en hausse ainsi qu'à l'impuissance des politiques. » Or, précisément, les paradigmes économiques ont été conçus en fonction d'un contexte désormais obsolète.
L'abandon des énergies fossiles préconisé ne se fera pas sans mal. Mais mieux vaut initier le changement plutôt que de subir de plein fouet la mort du modèle en vigueur. C'est pourquoi, précisent les chercheurs, une gouvernance forte est nécessaire, la libre concurrence se révélant déficiente à nombre d'égards. « Il ne suffira pas à l'État de corriger les défaillances du marché », enfoncent les Finlandais. Seul acteur ayant la légitimité et la capacité d'engager une transition, il va donc devoir se dégager de grandes marges de manœuvre.
Source : Global Sustainable Development Report 2019