Rd Congo : Quelques paysans du Gpbn et autres transforment petit à petit leurs produits agricoles dans l'ex-Bandundu

11-07-2019 reseauinternational.net 4 min #158999

«Depuis quelques années je prends le sésame et le transforme en produisant une bonne huile qui est utilisée comme une pommade de massage en cas de fracture. Les diabétiques consomment cette huile comme un élément thérapeutique», témoigne Clémence Kise, présidente du Groupement paysan du Bandundu-Nord (GPBN), une union de plus de dix Organisations paysannes (OP) dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC)

Le GPBN est membre de la Faitière des organisations paysannes du Kwilu, Kwango et Maï-Ndombe, une plate-forme regroupant plus de 100 unions ou coopératives paysannes dans l'ex-Bandundu.

Kise affirme qu'elle recourt à des technologies et formules qu'elle ne doit pas révéler à la presse. Pour elle c'est intéressant de se développer grâce à la technologie appropriée.

De son coté, Claudine Kintuntu, membre de l'Association des veuves catholiques de Bandundu, une OP du GPBN, située à Manzasay, à plus de 300 kilomètres de Kikwit, dans le territoire de Bagata, fait savoir qu'elle transforme la fougère, l'ananas, le maracuja et le safou en produisant des jus de bonne qualité.

«Il y a également le gingembre et l'oseille qui produisent, eux aussi des jus appréciés par plusieurs personnes», ajoutent-t-elle.

D'autres paysans contactés affirment qu'il y a des mayonnaises qu'ils fabriquent de temps en temps à base des jus des maracuja, de gingembre etc.

«Les produits transformés sont beaucoup sollicités par nos clients habituels. C'est le résultat d'un atelier de formation que nous avions suivi en 2017 au centre Ntombwa à Bandundu-ville, chef-lieu de l'actuelle province du Kwilu. La formation était organisée et financée par la FAO et l'UNICEF», indique Kise.

A Kikwit, ville économique de la province du Kwilu, dans le sud de l'ex-Bandundu, le Réseau des femmes engagées de Kikwit (REFEKI), une ONG à caractère socio-économique de ce coin du pays, fabriquent des cirages et parfums à base des produits agricoles.

«Cette transformation a permis à plusieurs femmes paysannes d'améliorer leurs autonomie financière et économique», déclare Céline Lembagusala, présidente du REFEKI.

Selon elle chaque femme paysanne se trouvant dans cette activité gagne en moyenne 100 dollars le mois.

Les produits concernées par ce processus de transformation, poursuit-elle, sont le soja, le maïs, l'arachide et des fruits comme l'orange, l'avocat, le sésame, les bananes, des légumineuses ainsi que plusieurs autres produits agricoles qui ne sont pas cités ici.

«Le lait d'arachide par exemple est très nutritif», indique-t-elle.

L'objectif poursuivi est l'amélioration de la sécurité alimentaire ainsi que l'accroissement des ressources financières.

Les nutritionnistes affirment que le jus des bananes, un des résultats des opérations transformationnelles, joue un grand rôle pour la santé humaine étant donné que ce jus contient des caroténoïdes. Cela favorise des vitamines et des minéraux.

Passer de l'autosuffisance à la transformation des produits agricoles est un pas crucial déjà engagé par un bon nombre de paysans du grand Bandundu malgré quelques difficultés de parcours.

«Le GPBN, mensuellement, encaisse environ 700 000 Francs congolais (424,2$) grâce à la vente de 700 kg de ces produits finis», révèle la présidente du GPBN.

«Des fonds reçus de la MONUSCO (mission des Nations Unies pour la stabilité du Congo) et de la CTB (Coopération technique belge) nous a permis, en 2017, d'acheter du ciment, des tôles, des planches, clous, pour la construction de notre maison de transformation dans le nord de l'ex-Bandundu» explique Kintuntu.

«Nos cultures vivrières, une fois transformées deviennent des produits commerciaux de qualité», conclut Jean Munkayala un des paysans de Kikwit.

Badylon Kawanda Bakiman

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