(1/2) Hong Kong : c'est à la guerre contre la Chine qu'on prépare

13-07-2019 2 articles legrandsoir.info 18 min #159096

Mourad - JRCF

Cette première partie est consacrée au traitement médiatique qui fut accordé par la presse occidentale aux récents événements hongkongais. Une seconde partie sera consacrée aux enjeux de ces manifestations.

Dans La Fabrique du consentement : de la propagande médiatique en démocratie, Herman et Chomsky nous offrent des clés essentielles afin de comprendre la manipulation de l'information à l'époque contemporaine. On y comprend que la presse libre et le laisser-faire participent d'une propagande qui ne dit pas son nom. Dans ce modèle, ce sont le pouvoir et l'argent qui sélectionnent l'information au bénéfice de la classe dominante. La propagande d'État, si souvent pointée du doigt lorsque sont évoqués les États autoritaires passés et présents, se révèle totalement impuissante face à un tel modèle de traitement de l'information et de manipulation de l'opinion. Cela est d'autant plus vrai à l'âge d'Internet, réseau qui se révèle loin d'être protégé de toute influence.

Les récents événements qui ont eu lieu à Hong Kong sont particulièrement révélateurs de ce processus de fabrication du consentement. L'ensemble des acteurs qui contribuent à façonner l'opinion dans nos sociétés ont tenu un discours à propos des manifestations dont nous n'aurons pas besoin de remettre la sincérité en question. Mais dans une société dominée par les puissances d'argent, le discours dominant ne peut être qu'un discours intéressé, et dans le cas de Hong Kong, un discours malhonnête.

Il est évident que l'on nous prépare à la guerre. Probablement pas (encore) une guerre faite de napalm ou de bombes nucléaires, mais une guerre comme on aime la mener en ce début du XXIe siècle : une « guerre non-conventionnelle ». Cette pratique guerrière insidieuse, qui recouvre différents champs d'action, est déjà mise à l'œuvre dans de nombreux conflits, et les événements de Hong Kong ainsi que leur traitement médiatique en possèdent les caractéristiques.

Il serait épuisant de critiquer l'ensemble des mensonges proférés par nos faiseurs d'opinion. Mais on peut considérer que cette vidéo du journal Le Monde, journal pourtant considéré comme « objectif » et plutôt situé à gauche, révèle parfaitement l'ambiance générale. Visionnée près de 200.000 fois sur YouTube (ce qui est considérable pour ce genre de contenu) et massivement soutenue par des « likes » et des commentaires positifs, cette vidéo ne peut qu'inspirer de la crainte aux communistes et aux anti-impérialistes de ce monde.

Que nous raconte donc Le Monde dans sa vidéo ?

Petit détail, anecdotique mais malsain : la forme de la vidéo en elle-même est orientée et malhonnête. Pourquoi les colonialistes britanniques bénéficieraient-ils d'un arrière-plan musical chaleureux, presque héroïque, tandis que les dirigeants chinois se voient réserver les mêmes tonalités musicales que le requin des Dents de la mer ou que le méchant dans James Bond ? De la même manière, les dirigeants britanniques sont visuellement présentés sous un jour favorable tandis que les Chinois semblent prêts à déclarer la guerre. Jamais Margaret Thatcher n'a eu l'air aussi sympathique que dans le contexte colonial !

S'agissant du script de la vidéo, nous remarquons que Le Monde ne consacre qu'une vingtaine de secondes (sur plus de sept minutes de vidéo) à expliquer ce en quoi consiste la loi qui fut à l'origine de ces manifestations. Le rôle premier de la presse n'est-il pas d'informer ? Apparemment, Le Monde préfère étaler son opinion contre Pékin plutôt que d'expliquer au visionneur quels sont les tenants et les aboutissants de la situation.

Et durant ces 20 secondes, rien n'est expliqué, ou presque. Le Monde présuppose que c'est Pékin qui pilote le projet dans le but de réprimer l'opposition politique, et ne juge pas nécessaire d'évoquer la présence grouillante de criminels ou encore d'espions sur le sol de Hong Kong. Le point de vue du gouvernement de Hong Kong n'est pas évoqué. Le sinologue interviewé par Le Monde suppose que ce projet de loi traduit la volonté de Pékin de réduire la liberté d'expression des Hongkongais, et c'est son bon droit de le penser. Mais Le Monde pourrait au moins préciser que d'un point de vue strictement juridique, la loi exclut tout crime politique et comprend de nombreux garde-fous. Mais non ! Le Monde nous dit que le projet de loi devrait permettre à Hong Kong d'extrader « plus facilement » des opposants politiques vers Pékin, et ce en « toute légalité », ce qui est factuellement faux. Une telle extradition demeurerait profondément illégale. Le Monde veut nous faire croire que Hong Kong, aujourd'hui incapable d'extrader légalement un fugitif, en viendrait subitement à s'en prendre à des réfugiés politiques, et ce en toute légalité ? Cela n'a rien d'évident, ni même rien de probable, contrairement à ce que suppose Le Monde. Même la presse hongkongaise n'évoque pas le projet de loi en ces termes !

Le Monde n'hésite pas avec les grands nombres : 1 million de Hongkongais auraient marché contre Carrie Lam. Il s'agit là d'estimations données par les organisateurs de la manifestation. La police de Hong Kong, quant à elle, estime que cette marche n'a mobilisé que 240.000 personnes. Pourquoi ce chiffre n'est-il pas mentionné ? Un décompte scientifique effectué par IA a pourtant récemment révélé un chiffre plus proche de ceux que donnent la police de Hong Kong. Le Monde n'hésitait cependant pas à reprendre systématiquement les chiffres donnés par le ministère de l'Intérieur sans en préciser l'origine quand il s'agissait de vidéos sur les Gilets jaunes ! Et pourquoi n'a t-on pas entendu parler des manifestations de soutien à la police ? Un soutien à la police et au gouvernement exprimé par ceux qui ont connu la colonisation, et qui fut plus prononcé que ce qu'on a pu voir avec nos maigres Foulards rouges français. Il est par ailleurs comique de voir que l'article de l'Express (ici) se consacre en bonne partie à critiquer le comportement de ces manifestants pro-police, tandis que le même Express n'hésitait pas à banaliser le saccage du Parlement et des symboles chinois ainsi que l'usage du drapeau colonial. Selon l'Express, ces saccages sont une preuve de "civisme".

Les manifestants hongkongais sont dépeints par notre presse comme profondément pacifiques, aucune mention n'est faite des violences graves commises contre les policiers, sans parler des dégradations. Pourquoi alors avoir tant insisté sur la violence des Gilets jaunes ? Et faute de violences policières suffisamment « choc » à Hong Kong, nos médias tentent de diaboliser l'usage de gaz lacrymogènes. Ridicule, quand on sait l'usage que l'on a fait de ces gaz en France durant les dernières années, notre police n'ayant pas hésité à en asperger des militants écologistes pacifiques et statiques en pleine canicule. De la même façon, on entendait bien peu parler des victimes mutilées par la police française.

Et lorsque fut révélé le visage sombre de ces manifestations et que le Parlement fut saccagé avant que le drapeau colonial britannique n'y remplace celui de Hong Kong, nos médias ont massivement relayé la thèse complotiste prétendant que derrière les casseurs de Hong Kong se cacheraient des agents de Pékin. Il aurait peut être été plus significatif d'évoquer les centaines de milliers de dollars fournis chaque année par Washington aux démocrates hongkongais (on parlera de tout ça dans un prochain article) ou encore des visites rendues par ces mêmes démocrates à Washington ?

Quand il s'agit d'un véritable mouvement spontané des travailleurs contre Macron et le capital, nos médias n'expriment pas la même sympathie que pour la petite bourgeoise de Hong Kong soutenue par l'administration Trump. Même la presse modérée hongkongaise condamne la presse occidentale pour avoir glorifié les émeutes et les saccages !

Pour compenser sa brièveté lorsqu'il s'agit d'expliquer les détails de la situation à Hong Kong, Le Monde procède à quelques petits rappels historiques afin que nous puissions véritablement comprendre la situation.

Les guerres de l'opium ? Le Monde ne semble pas connaître. Le Monde préfère parler de « deux guerres consécutives » entre « Britanniques et Chinois », à l'issue desquelles la Grande-Bretagne aurait pris possession de Hongkong. Que de détails et d'honnêteté ! Rien n'est dit sur la véritable nature de ces guerres menées PAR les Britanniques AUX Chinois afin de remplir les poches des impérialistes anglais. Comment ne pas évoquer la manière dont les Britanniques se sont approprié les territoires, c'est à dire par des traités inégaux obtenus par la force. De plus, les Anglais ont ils seulement pris Hong Kong ? Les puissances impérialistes n'ont pas cessé de dépecer le territoire chinois, qui ne retrouva son intégrité (encore incomplète) qu'après la victoire de l'Armée populaire de libération. Ces guerres ont saccagé et ruiné la Chine à un tel point que le « siècle de la honte » demeure au cœur du sentiment national chinois. Nous ne nous ferons pas les amis du peuple chinois en occultant les moments parmi les plus sombres de leur histoire.

Le Monde résume le règne britannique sur Hong Kong, long de plus de 150 ans, en ces seuls termes : « explosion de l'économie » et « démocratie libérale ». En plus d'être factuellement faux, cela est absolument immonde. Inconsciemment, Le Monde légitime la colonisation, l'idée que l'homme blanc (ou plutôt le capitaliste) a apporté la civilisation et la prospérité aux peuples indigènes. Rien n'est dit sur la réalité de la colonisation, sur le racisme, la ségrégation, l'exploitation féroce et la violence infligée aux populations locales. Il serait également bon de rappeler que Hong Kong est restée jusqu'en 1997 une autocratie dirigée par un gouverneur nommé par la Reine, que l'administration coloniale y fut toujours largement dominée par des expatriés Britanniques, que les progrès démocratiques y ont eu lieu après la déclaration conjointe (une fois la rétrocession inévitable) et que ceux-ci s'expliquent avant tout par des facteurs géopolitiques. Non, les Britanniques n'ont pas fait cadeau de la démocratie à Hong Kong, qui ne fut jamais aussi démocratique sous souveraineté britannique qu'elle ne le fut sous souveraineté chinoise. Hong Kong était une colonie dont le but était de servir les intérêts de la couronne.

Le Monde omet que ce n'est pas Hong Kong qui est cédé aux Britanniques pour 99 ans en 1898, mais les Nouveaux Territoires, soit une extension du territoire cédé aux Anglais. Les Britanniques espéraient bien pouvoir garder Hong Kong à perpétuité, comme cela est stipulé dans le traité inégal de Nankin signé en 1842. Mais Le Monde laisse supposer que les négociations pour la rétrocession qui ont eu lieu dans les années 1980 furent évidentes. Or, les Britanniques n'envisageaient pas de rendre Hong Kong, et ce même après le début des négociations. Ce n'est pas le respect du traité qui a poussé les Britanniques à rendre Hong Kong, mais la nouvelle situation géopolitique et l'inflexibilité de Deng Xiaoping. L'option militaire, quant à elle, ne fut exclue que parce que les Britanniques ne pouvaient pas faire face à l'Armée populaire de libération.

En faisant cette erreur vis-à-vis de la compréhension des traités, Le Monde nous offre la preuve de sa mauvaise foi. Si Hong Kong devait être rendu légalement en 1997, pourquoi les Chinois auraient-ils eu besoin d'obtenir un compromis auprès de la puissance coloniale ? Autrement dit, les colonialistes souillent la Chine, lui soutirent des territoires, et imposent illégalement la condition de leur rémission. Et Le Monde ne voit là aucune injustice. Aucune remarque n'est faite. La perpétuation de l'empreinte coloniale durant 50 années supplémentaires, menaçant immédiatement les intérêts de la Chine, semble être une décision des plus banales. Cela devrait au moins susciter un questionnement. Quoiqu'au final, ce fut peut être une bonne chose que les Britanniques aient imposé aux Chinois la préservation du merveilleux mode de vie qu'ils avaient introduit à Hong Kong...

Le Monde présente le principe « un pays, deux systèmes » comme étant une initiative britannique, alors que ce principe a été formulé par les Chinois. Les dirigeants du Parti communiste n'étaient pas des brutes dont les ambitions auraient été contenues par le talent diplomatique de Thatcher. Une intégration forcée de Hong Kong n'aurait abouti à rien pour la Chine. Au contraire, les Chinois ont fait la preuve de leur sens de la realpolitik et on su défendre leurs intérêts économiques et diplomatiques en énonçant le principe « un pays, deux systèmes », principe totalement étranger aux nations occidentales.

Mais la seule énonciation du principe n'a pas suffi à obtenir un compromis avec les Britanniques, qui, faute de pouvoir maintenir leur joug sur la colonie, auraient préféré l'indépendance de Hong Kong. Et les émouvants passages de la vidéo du Monde, durant lesquels Margaret Thatcher et le prince Charles nous font part de leur amour pour Hong Kong, ne masquent pas la réalité de la situation. Les Britanniques n'ont rendu Hong Kong que parce que la nouvelle situation internationale ne leur permettait plus de maintenir leur emprise coloniale. Après qu'aient été écartées les tentatives britanniques d'élaborer la quasi-indépendance de Hong Kong afin qu'ils puissent y préserver leur influence, un compromis fut obtenu.

Les Chinois concèdent aux Britanniques un délai de 50 années durant lesquelles le système hongkongais doit être préservé. Mais ce qui pourrait être un véritable délai de transition se transforme pour l'Occident en un moyen de pression diplomatique permettant de figer Hong Kong dans le temps. Si il ne s'agit ni d'une période de transition, ni de l'indépendance de Hong Kong, de quoi s'agit-il ? Quel est l'intérêt de cette préservation acharnée que les Occidentaux et leurs relais Hongkongais revendiquent ? Leurs intérêts économiques sont pourtant bien gardés à Hong Kong. L'année 2047 signifie t-elle l'absorption brutale de Hong Kong après 50 années de pourrissement ? Si oui, quel était l'intérêt de ces 50 années ? On comprend bien aujourd'hui qu'il ne s'agit là pas d'une période de transition, mais de la perpétuation de l'empreinte coloniale et du capitalisme qui servent très efficacement les intérêts de la lutte contre la Chine. En ce sens, les tentatives d'intégration de Hong Kong à la Chine continentale que l'on prête au Parti communiste de Chine paraissent des plus logiques.

Selon Le Monde, Pékin « n'hésiterait plus à trahir sa promesse » en s'immisçant dans les affaires de Hong Kong depuis une dizaine d'années. Qu'est ce qui permet d'affirmer cela ? Le développement des infrastructures ? L'immigration de Chinois du continent vers Hong Kong ? L'apprentissage du mandarin à Hong Kong ? L'interdiction des partis ouvertement anti-Pékin ? Comme stipulé par la déclaration, le territoire dispose d'une autonomie considérable. Le capitalisme est préservé à Hong Kong, comme le sont les élites, la monnaie, le système politique, la langue officielle (anglais et cantonnais), la conduite, les symboles coloniaux, la culture occidentalisée, la législation, etc.

Il faut reconnaître à nos faiseurs d'opinion qu'ils ne prennent pas la peine de masquer les revendications des démocrates hongkongais, revendications qu'ils n'hésitent d'ailleurs pas à cautionner. Velléités indépendantistes et volonté de faire chuter le gouvernement semblent être des revendications évidentes. Mais ce n'est pas le pseudo discours démocratique qui incitera la Chine à laisser des adversaires du PCC et les alliés de Trump se hisser à la tête du gouvernement de Hong Kong. Doit on rappeler que la promesse faite aux Britanniques n'est pas celle de l'indépendance de Hong Kong, mais celle de la préservation de son système économique et social ainsi que de son mode de vie ? Hong Kong dépend économiquement de la Chine et n'est même pas autosuffisante en eau. Son destin est intégré dans la Chine. Il va falloir s'y faire.

La population souffre de cet accord, qui freine le développement économique de Hong Kong. Le Monde le dit lui-même : Hong Kong n'incarne plus que 3 % du PIB chinois. Oui, Hong Kong continue de se développer et la réduction du poids de la ville dans l'économie chinoise s'explique également par l'immense écart de développement initial. Mais Hong Kong ne vit plus de la commande impériale. À l'heure où les échanges se font directement entre États, Hong Kong ne brille plus autant de sa situation privilégiée pour accéder au marché chinois. Les villes chinoises dépassent désormais Hong Kong et leur dynamique est prometteuse. Le laisser-faire qui sert trop souvent à expliquer le succès de Hong Kong n'est qu'un mythe. L'économie de Hong Kong fut toujours déterminée par des facteurs géopolitiques. Cela ne veut pas dire que le statut particulier de la ville ne fera pas son succès économique futur. Mais son avenir est désormais pleinement intégré à l'avenir de la Chine.

Bref, les images de nos démocrates hongkongais et les musiques sensationnelles accompagnent les propos graves qu'énoncent l'expert de la Chine interviewé par le journal. Le Monde masque à peine son ambition de faire passer les Britanniques pour les « gentils » et les Chinois pour les « méchants ». En 1997, la Chine redressée retrouve sa souveraineté sur un territoire colonisé, et cela mérite un traitement honnête. Mais nos faiseurs d'opinion veulent que nous soyons les ennemis du peuple chinois. Le manque de rigueur et d'honnêteté dont font preuve nos journalistes lorsqu'il s'agit de parler des rogue states n'est pas anodin. On nous prépare à accepter les manœuvres hostiles contre ces pays. C'est la même logique qui a touché le Venezuela, l'Ukraine, la Syrie, et tant d'autres pays qui ont été des victimes brutales de l'impérialisme. Le monde occidental serait trop heureux de voir la Chine faire une erreur à Hong Kong afin de pouvoir lui imposer des sanctions. Pourtant, ce n'est pas la Chine, leader mondial de la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique, qui est le danger de ce monde.

Pour finir, ce serait commettre une erreur que de ne pas faire le lien entre le scandale suscité par loi d'extradition et l'affaire Assange. Alors même que l'Occident s'oppose fermement à Hong Kong, un journaliste australien risque la torture et l'emprisonnement à vie aux États-Unis, où il pourrait être extradé par la justice anglaise. Le tout dans le silence complice des gouvernements européens. De quoi est-il coupable ? D'avoir révélé des crimes de guerre étasuniens. Quelques années plus tôt, Edward Snowden, réfugié à Hong Kong, risquait à tout moment d'être extradé par les autorités de Hong Kong, encore une fois sous pression américaine, et s'il n'y était pas tout simplement kidnappé par les États-Unis. Les pays européens ont alors fait entendre leur volonté de préserver la démocratie et la liberté en refusant d'accueillir le réfugié. Ce sera finalement la Russie qui acceptera d'accueillir Snowden... Son crime ? Avoir révélé les écoutes massives et illégales commises par les États-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni dans le monde entier. L'État de droit si cher aux Occidentaux n'empêche pas à nos gouvernements d'agir dans l'illégalité la plus totale lorsque les intérêts bourgeois sont menacés. Et ne pratique t-on pas la torture à Guantanamo ?

Nos médias se sont démarqués par leur attentisme ou par leurs calomnies à l'encontre de nos lanceurs d'alertes et réfugiés politiques. Le thème de l'extradition ne semble révolter l'establishment que lorsque c'est un adversaire de l'OTAN qui est désigné... En attendant, ceux qui ont saccagé Hong Kong vont désormais être soumis à la Rule of Law qu'ils aiment tant. La presse va-t-elle nous oser nous parler d'arrestations arbitraires ?

Si l'on pouvait s'attendre à ce que les manœuvres occidentales contre la Chine soient dénoncées par le camp se réclamant du progressisme, de l'anti-impérialisme et de l'internationalisme, nous sommes attristés de constater que nos chers sociaux-démocrates, trotskistes et anarchistes font (encore une fois) le jeu des puissances impérialistes. Ils sont tellement obsédés par leur haine de la République populaire de Chine qu'ils ne se rendent même pas compte de leur social-chauvinisme. Les mêmes qui ont appelé à l'intervention en Syrie, qui n'ont jamais été capables de prononcer le moindre soutien au Venezuela bolivarien, mais qui n'ont pas hésité à qualifier le mouvement des Gilets jaunes de « réactionnaire », appellent aujourd'hui de tout leur cœur à soutenir les forces « pro-démocrates » opposées à Pékin, le plus souvent sans aucun recul critique. Et oui, car ce qui compte c'est la « spontanéité »...

MOURAD
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Dans un précédent article, nous avons traité du rapport intéressé qu'entretiennent les médias mainstream avec les manifestations de Hong Kong. Il faudrait être borgne pour ne pas comprendre que la bourgeoisie occidentale voit dans les événements hongkongais un moyen de faire valoir ses intérêts. En conséquence, le discours et les analyses offerts par ceux qui possèdent la presse occidentale se révèlent profondément biaisés.

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