A l'époque où on se posait la question d'une licence globale, je m'étais déjà figuré ce que je vais décrire ici.
La licence globale était une solution portée par feu Francis Muguet en réponse à la loi Hadopi, qui est aberrante. Il s'agissait de financer les créateurs de contenu de façon globale, grâce aux subventions et aux dons, ce qui permettait immédiatement et par conséquence de garantir leur gratuité complète et définitive.
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Je réagis aux déboires du Réseau Voltaire qui est persécuté par la coupure systématique de ses comptes en banque (et qui doit 48 000 euros à son webmaster).
Ma première réaction est de dire en premier lieu qu'un serveur ne coûte pas ce prix, et que sa gestion il faut savoir la faire soi-même, car c'est un moindre effort que de payer quelqu'un pour le faire. D'autres sites souffrent de cela, et paient des sommes indécentes.
J'ai développé mes propres outils pour garantir l'autonomie des webmasters. Et d'autre part un serveur coûte maxi 4-7 euros par mois, on peut même en avoir plusieurs de secours (auto-maintenus en mode miroir).
Ceci, l'infrastructure logicielle et matérielle, devrait allègrement et depuis longtemps être l'objet d'un service public.
Mais ce qui m'intéresse est la question du financement de ces activités humaines, par des personnes qui ont décidé de consacrer leur vie à la justice ; ou au moins une part de leur temps-libre.
En l'absence de licence globale rien n'empêche de créer une association (Loi de 1901) à but non lucratif, servant à récolter puis redistribuer les dons. J'avais parlé à l'époque de cette idée à plusieurs interlocuteurs, sans susciter le moindre éveil de compréhension. Je trouvais stupide que les sites alternatifs soient en concurrence de donations. De plus ces donations peuvent très bien être de la corruption.
Et ce qui m'intéresse dans une telle structure est la partie logicielle, c'est à dire la logique de son fonctionnement. Il s'agit, littéralement, et c'est ce qu'on cherche depuis longtemps, à procéder à une "redistribution équitable des richesses".
Il se trouve que dans ce cas, avec cet exemple, les choses deviennent beaucoup plus concrètes et faisables. L'espoir dont ce projet doit être porteur, est de servir d'exemple pour inspirer un modèle social.
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La mécanique du truc (on passe en mode geek) consiste basiquement à faire la division entre la somme à redistribuer et les membres adhérents. Point.
On pourrait s'arrêter là, et d'ailleurs ceci sera considéré comme le fonctionnement par défaut du site, en l'absence de toute stimulation.
C'est une très bonne illustration du système des transactions sociales dont je parle depuis des années ; c'est en fait exactement la même chose, en plus simple.
Dans le système social dont nous parlons, il y a une partie automatique, et des manettes. Ces manettes avec l'usage s'automatisent également, et deviennent "des manettes automatiques". Évidemment, ces paramétrages rendus sensibles à des conditions variables sont d'autres algorithmes du type du premier (qui était revenu=dons/nb_users) mais un peu plus complexes, et eux aussi avec des paramètres.
Par exemple, simplement, on va pondérer le don de base pour chaque membre en fonction d'un score. Ce score pourra être le produit de plusieurs facteurs, tels que la popularité mesurée en nombre de visites (d'où l'intérêt de centraliser les sites sur un serveur global), puis en popularité qualitative, prodiguée par les visiteurs qui attribuent une note (puis en relativisant cette valeur par le nombre de votes), et enfin, ultime raffinement, un débat public pourra avoir lieu de façon à affecter un coefficient de pondération global à la note, en raison de questions idéologiques, de respect et du comportement de ses membres.
Son directoire serait composé de membres éminents élus (et révocables à la demande), et sa fonction consisterait à avaliser les adhésions, et éventuellement en résilier d'autres. Leurs décisions (comme on le voit avec le Réseau Voltaire) devraient être conformes à la volonté du public.
(Là on peut s'arrêter une minute pour contempler la beauté d'un système non-inique).
Comme on ne sait pas au moment d'écrire le code quelle importance et quelle signification peuvent avoir chacun de ces paramétrages, il est difficile d'automatiser arbitrairement le calcul de la pondération automatique sur la base du nombre de visiteurs, ni de savoir comment ce calcul doit se juguler avec les scores obtenus de la part des humains. Donc on pose des valeurs moyennes, et ensuite on devra confier à un superadmin, le président de l'association, le soin de répondre à ces questions en faisant des études.
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Côté utilisateur (là je prends la casquette de promo) deux types de publics peuvent intervenir sur le site pour contribuer au paramétrage de la redistribution.
D'une part les membres eux-mêmes ont un droit de vote amplifié sur les autres membres. Ce ratio d'amplification peut lui aussi être conféré par le public ou des calculs. Si des alliances se font contre des membres, ces activités doivent être parfaitement publiques. De cette manière le pouvoir d'influence de ces alliances peut être jugulé par la scorification publique.
D'autre part les membres visiteurs contribuent à la popularité d'un membre / d'une personne / d'une activité / d'un projet, ce qui n'est rien d'autre que constitutif de valeur. Cette "valeur" (morale) a ensuite une incidence mécanique sur les droits de ce membre.
Les visiteurs qui font des dons pourraient, au moyen d'une barre de niveaux, décider dans quelle mesure leur dont doit aller au système dans son ensemble (chargé de la redistribution) ou directement à des membres "favoris".
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Les droits que les membres obtiennent du système se formalisent par, simplement, le niveau de revenu qui leur est accordé, mais aussi peuvent être des avantages, en terme de matériel (pour la bande-passante), des bureaux, des frais exceptionnels.
On peut aussi imaginer, dans le cas où les membres sont tous des sites web alternatifs, un site web global dans lequel seraient répertoriés les contenus probants, qui pourrait prendre forme d'un magazine papier.
Mais dans le cas où les membres auraient des natures distinctes (entre les sites de publication, les agences de journalisme d'investigation, les organismes d'études statistiques, etc...) leurs besoins seraient différents les uns des autres.
La solution qui consiste à les classer en catégories de membres est trop peu satisfaisante. Ce qui distingue chaque utilisateur (outre son identité) est la somme de ses besoins.
Ainsi donc cette somme de besoins doit pouvoir agir sur la quote-part initiale à laquelle s'applique la donation. (Au départ cette quote-part, par défaut, est de 1, soit le ratio de l'inverse du nombre d'adhérents).
Elle peut également être utilisée comme un plafond qui serait volontairement établit à partir duquel les donations continueraient pour les autres membres.
Ce dispositif est bien connu des sites de financement participatif où le membre-utilisateur signale un objectif que les dons doivent atteindre.
Dans tous les cas, au sein d'une fédération de dons, les versements se limiteraient à ces objectifs (et seraient ensuite reversés au pot commun), et évidemment, ces objectifs conditionneraient contractuellement la qualité de membre.
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Outre la gestion informatisée des dons, l'association n'aurait aucun mal à décrocher des deniers publics, puisque dans le fond toute cette activité devrait déjà elle-mêmes être complètement publique. Pour ne pas que cette idée ne soit utilisée comme une privatisation des impôts (ce qui est un comble) elle doit nécessairement être accouplée à l'état via ses subventions.
On peut imaginer qu'au début, pour chaque don public, corresponde un denier de subventions.
Enfin, dans le cas de l'usage de "plafonds libres", les sommes non versées (dont aucun membre n'a besoin puisque son plafond est atteint) peuvent être, au choix, réinvesties dans le pot du mois suivant, soit investies dans le matériel.
Le succès d'une telle entreprise ne peut être que de devenir intégralement un service public. A ce moment-là elle ne relèvera plus des dons, cependant il pourra subsister le système de scorification d'attribution de sa quote-part des impôts.
Et là déjà, on touche à un autre monde.
C'est légitime que la mise en route d'une telle initiative précède son intégration au service public, puisqu'il lui faudra le temps de se perfectionner et de découvrir et résoudre les écueils qui seraient immanquablement rencontrés.
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Le financement du fonctionnement de la fédération constitue un coût fixe, qui doit être public. La fédération peut choisir, selon sa politique :
- de n'être qu'un parmi les autres membres éligibles à des dons,
- de simplement déduire son coût fixe sur la masse globale des donations mensuellement redistribuées,
- de ponctionner les arrondis de centimes sur l'ensemble des calculs.
En tout état de cause, le coût de fonctionnement du système et son financement doit rester intégralement traçable et public.
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Il va sans dire que ce projet est conçu et pensé pour être le plus efficace possible. Il doit servir de modèle pour d'autres fédérations professionnelles, qui souhaitent mettre en commun leurs ressources et leurs besoins, de façon à profiter d'un système économique qui, d'une part, leur prodigue des revenus sans contre-partie, ce qui les laisse complètement libres (et permet leur liberté de s'exercer), et d'autre part les soulage du temps passé à chercher des financements et à s'inquiéter de leur survie.
C'est au final ce que je veux pour le système global.