Paris : des centaines de personnes manifestent pour «le respect des droits humains en Algérie»

07-10-2019 francais.rt.com 12 min #162637

Ce 6 octobre, des centaines de personnes ont défilé dans la capitale en écho au mouvement de protestation qui secoue l'Algérie. L'événement a été placé sous le souvenir des événements du 5 octobre 1988, épisode sanglant de l'histoire du pays.

A l'appel de plusieurs collectifs et mouvements associatifs, des centaines d'Algériens et de Français d'origine algérienne ont participé ce 6 octobre à «une marche citoyenne pour la démocratie et le respect des droits humains en Algérie». Le cortège s'est élancé vers 15h au niveau place de la République pour rejoindre la place de la bataille de Stalingrad.

"Bye bye Gaïd Salah, cette année il n' y aura pas de vote" chantent des manifestants #Paris #placedelaRepublique #Hirak #Algérie

Au-delà de leur refus de participer à un scrutin présidentiel avant le départ des représentants du «système» qu'incarnent entre autres, selon eux, Abdelkader Bensalah et Gaïd Salah - respectivement président par intérim et chef de l'armée - les manifestants ont également exigé «la libération immédiate et sans conditions des détenus d'opinion» ainsi que «le respect des libertés et des droits humains».

Dans le même temps, cinq militants de l'association Rassemblement action jeunesse (RAJ) ont été placés en détention provisoire à la prison d'El Harrach, selon le  Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Ces derniers avaient été interpellés à Alger lors de la dernière manifestation hebdomadaire du vendredi.

La marche pour la démocratie et le respect des droits humains en #Algérie débute à #Paris #Hirak #hirak33
"#Yetna7aw_Ga3" "Qu'ils dégagent tous" lancent les manifestants #Paris

Ces derniers mois, plusieurs manifestants - dont des représentants politiques issus de l'opposition - ont été arrêtés et incarcérés au motif qu'ils porteraient «atteinte à l'intégrité du territoire». Ces interpellations ont immédiatement suscité l'indignation de nombreux Algériens qui fustigent ce qu'ils estiment être une répression.

Des manifestants réclament la libération des personnes arrêtées lors des différents rassemblements organisés en #Algérie #PlacedelaRepublique #Paris #Hirak

Ce 33e dimanche de contestation était par ailleurs placé sous le souvenir des événements du 5 octobre 1988. Au cours de cette journée, plusieurs milliers de jeunes Algériens avaient battu le pavé à Alger et dans d'autres villes du pays pour exiger l'ouverture du pays au multipartisme et la libéralisation de la société civile. Marqué par de violentes émeutes, cet épisode de contestation avait été sévèrement réprimé par l'armée algérienne. Entre le 4 et 10 octobre 1988, période pendant laquelle se sont déroulées les manifestations, plus de 500 Algériens ont perdu la vie.

Pour Redouane Cherki, membre du collectif Action citoyenne pour l'Algérie (ACA), les revendications exprimées par les manifestants depuis le début de la mobilisation sont les mêmes que celles portées lors des événements d'octobre 1988.

"Les revendications d'hier sont celles d'aujourd'hui".
Redouane Cherki, membre du collectif Action citoyenne pour l' #Algerie, établit un lien entre le mouvement actuel de contestation et les évènements d'octobre 88
Pour Akila Lazri, médecin et membre du collectif Action citoyenne pour l'#Algérie, le mouvement de contestation en Algérie vise entre autres à instaurer le "principe de citoyenneté"

Malgré la poursuite de la contestation, les autorités algériennes assurent que le scrutin présidentiel constitue l'unique solution pour sortir de la crise actuelle. De son côté, la rue entend ne pas lâcher prise en poursuivant un bras de fer qui dure désormais depuis sept mois.

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